commencement

commencement

nom, masculin, /kɔmɑ̃səmɑ̃/ ou /komɑ̃səmɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. La première partie d'une chose qui a étendue ou durée. Bon, mauvais commencement. Le commencement d'un livre, de l'année. Prendre son commencement, prendre commencement, en parlant des choses, commencer. La guerre prit commencement, ou prit son commencement au printemps. Au commencement, dans le commencement, dans les premiers temps. Au commencement tout allait bien. Au commencement que.... Dans le style de l'Écriture, au commencement, c'est-à-dire au commencement du monde. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

    Les vieillards qui lui conseillaient d'affermir les commencements de son règne — Massillon (1663-1742)

    Pour reprendre un fait dès ses commencements — La Bruyère (1645-1696)

  2. Terme de théologie. Premier principe. Dieu est le commencement et la fin de toutes choses.

  3. Terme de jurisprudence. Commencement de preuve, indice qui commence une preuve, qui met sur la voie de la preuve, qui autorise à fournir la preuve.

  4. Ébauche.

    Ronsard, qui de son temps a passé pour le prince des poëtes français, quoique au jugement de M. de Balzac il ne soit tout au plus que la matière et le commencement d'un grand poëte... — MÉNAGE

  5. Au plur. Les premiers développements d'un État, d'un homme. Les grandes fortunes viennent souvent de petits commencements. Les premières leçons ou notions d'un art, d'une science. Les commencements sont toujours difficiles. Avoir de bons commencements. Donner de bons commencements. Il y a commencement à tout, c'est-à-dire il faut faire son apprentissage en toutes choses, on ne peut bien faire tout d'abord.

    Il ne faut pas prendre, de la ville de Rome dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui — Montesquieu (1689-1755)

    Tout le reste de sa conduite répondit à de si beaux commencements — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Commencer ; Berry, c'mincement, c'mencement ; provenç. comensamens ; catal. comensament ; anc. espagn. comenzamiento ; ital. cominciamento. L'ancien français avait aussi commencence et comensaille.

Historique : XIIe s. Commencement de douce saison bele, Que je voi revenir XIIIe s. Comme ele l'arrea [la trahison] dès le commencement Ele [la dame] commence avenanment [son récit] ; Or oyés le commencement Quant li avocat pledent por autre, il doit dire à celi qui tient le [la] cort el commenchement se [sa] parole XIVe s. Pour ce que riens ne vault li bons commencemens Ne li moiens [le milieu], se bons n'est li deffinemens Et semble que le commencement ou principe soit plus de la moitié de toute la besoigne Selon Aristote, le monde est perdurable, mès en verité il eut commencement XVe s. [Les archers] se…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ce par quoi une chose commence ; la première partie d’une chose qui a ou qui doit avoir une durée, une suite, un progrès, une étendue. Heureux commencement. Au commencement du monde. Dès le commencement. Dans le commencement. Le commencement de l’année. être au commencement du printemps. Donner commencement à quelque chose. Souvent, de petits commencements on vient à de grandes choses. Cette action fut le commencement de sa fortune. Le commencement d’un discours, d’un poème, d’une histoire.

  2. Il se prend aussi pour Principe, cause première ; et, dans ce sens, on dit Dieu est le commencement et la fin de toutes choses.

  3. Fam., Il y a commencement à tout, On ne peut bien faire tout de suite les choses qu’on n’a point encore essayé de faire, auxquelles on ne s’est point encore exercé.

  4. Absolument, Au commencement, Au commencement du monde, avant toute chose. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Il n’est guère usité qu’en termes d’écriture sainte.

  5. En termes de Jurisprudence, Commencement de preuve se dit de Ce qui fait présumer la vérité d’un fait ou d’une promesse, sans néanmoins fournir une preuve complète. Commencement de preuve par écrit.

  6. COMMENCEMENTS, au pluriel, se dit des Premières leçons, des premières instructions dans un art ou dans une science. Il a de bons commencements dans les mathématiques, dans la peinture, etc. Les commencements sont toujours difficiles.

  7. Il se dit aussi¸des Premiers développements d’un état ou des Débuts d’un homme dans une carrière, un emploi, etc. Les commencements de la puissance romaine. Il a eu des commencements pénibles.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • commencements — pluriel — /kɔmɑ̃səmɑ̃/ ou /komɑ̃səmɑ̃/
  • commencement — singulier — /kɔmɑ̃səmɑ̃/ ou /komɑ̃səmɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commencement#16574.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.