commandement

commandement

nom, masculin, /komɑ̃dəmɑ̃/ ou /kɔmɑ̃dəmɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de commander. Ordre. Jussion. Le roi a envoyé un commandement exprès au parlement de vérifier tel édit. Secrétaire des commandements, le principal secrétaire d'un prince. Dans l'ancienne monarchie, secrétaires d'État et des commandements, les quatre secrétaires d'État. Lettres signées en commandement, lettres signées par un secrétaire d'État. Terme militaire. Ordre bref pour faire exécuter certains mouvements. Attention au commandement ! Terme de marine. Bâtiment commandé. Cet officier va rejoindre son commandement. Terme de civilité. Je n'ai pas voulu partir pour Lyon, sans recevoir vos commandements. Je suis venu à votre commandement dès que vous m'avez averti de venir. Avoir quelque chose à son commandement, pouvoir s'en servir à volonté. Avoir une chose à commandement, l'avoir à souhait.

    Par vos commandements Chimène vient vous voir — Pierre Corneille (1606-1684)

    Cet amour qui m'expose à vos ressentiments N'est point le prompt effet de vos commandements — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Manière de commander. Il a le commandement doux, rude, bref. Avoir le commandement beau, se dit d'un officier qui commande de bonne grâce ; et, ironiquement, d'un homme hautain et despotique qui commande une chose sans en avoir le droit, ou de celui qui commande des choses difficiles ou impossibles à exécuter.

  3. Terme de jurisprudence. Acte d'huissier à la requête d'un créancier, par lequel on commande au débiteur de satisfaire à son obligation, en vertu d'un titre authentique ou exécutoire.

  4. Loi, précepte. Les commandements de Dieu. Les commandements de l'Église.

    Cette pratique est de commandement — Bossuet (1627-1704)

    L'état monacal n'est pas de commandement — Bossuet (1627-1704)

  5. Pouvoir de commander, autorité. Aspirer au commandement. Prendre le commandement. Bâton de commandement, bâton qui est pour certains officiers le signe du commandement.

    Il ajouta qu'il était d'avis qu'on lui donnât, comme on avait fait à Pompée, le commandement général sur toutes les flottes de la république — Vertot (1655-1735)

    Vous comptez maintenant le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements — Massillon (1663-1742)

  6. On dit qu'une place a plusieurs commandements, c'est-à-dire qu'elle peut être battue du canon par des hauteurs qui la dominent. Commandement de front, celui d'une hauteur qui est opposée à un poste, qui le bat par devant. Commandement de revers, celui qui bat le poste par derrière. Commandement d'enfilade, celui qui bat d'un seul coup toute une ligne droite.

Étymologie : Commander ; Berry, c'mandement ; provenç. comandamen ; anc. catal. comandament ; anc. espagn. comandamiento ; ital. comandamento.

Historique : XIe s. Ademplir [je] vuil vostre comandement XIIe s. Pour ce est ele [Eve] en son commandement [de l'homme] Or faites, belle, vostre comandement Mais ma dame servir et honorer, Et faire adès à son commandement As reis d'antiquité devriez reguarder, Qui les comandemens Deu ne voldrent guarder XIIIe s. Et il firent tantost son commandement Il ne savoient quant Dieu feroit son commandement d'aus [d'eux] La royne s'en va au Dieu commandement [à la recommandation de Dieu] Et comment tu accompliras Nuit et jour les commandemens Que ge commande as fins amans Sire, tel vient devant vos come devant son…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ordre que donne celui qui a pouvoir de commander. Commandement verbal. Commandement par écrit. Il a fait cela par votre commandement. J’obéis à vos commandements.

  2. Il se dit, dans un sens particulier, en termes de Guerre et de Marine, de Tout ordre bref qu’on donne à haute voix pour faire exécuter certains mouvements, certaines manoeuvres. Au commandement de... vous ferez telle chose. Il n’entendit pas le commandement.

  3. En termes de Procédure, il se dit de l’Exploit fait par un huissier, en vertu d’un jugement ou d’un titre exécutoire par lequel il commande, au nom de la loi et de la justice, de payer, de vider les lieux, etc. Toute saisie-exécution doit être précédée d’un commandement.

  4. Il signifie encore, surtout en termes de Théologie, Loi, précepte. Les dix commandements de Dieu. Les commandements de l’église. Pécher contre le premier commandement. Observer les commandements.

  5. Il signifie aussi Autorité, pouvoir de commander. Avoir commandement sur quelqu’un. Il a le commandement des troupes, d’une compagnie, d’une escadre, d’un bâtiment. Cela est sous son commandement. Prendre le commandement. Avoir le commandement d’une place, d’un territoire militaire.

  6. Il se dit quelquefois, en général, de l’Action de commander, de la Manière de commander. Avoir le commandement doux. Avoir le commandement rude, dur. Cet officier a l’habitude du commandement. Tempérer la sévérité du commandement. Prendre le ton du commandement.

  7. Avoir quelque chose à son commandement, Pouvoir s’en servir à sa volonté. Il n’a point d’automobile, mais il a celles de ses amis à son commandement. Il a tout à commandement, l’argent, etc.

  8. Bâton de commandement. Voyez

  9. BÂTON.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • commandements — pluriel — /kɔmɑ̃dəmɑ̃/ ou /komɑ̃dəmɑ̃/
  • commandement — singulier — /kɔmɑ̃dəmɑ̃/ ou /komɑ̃dəmɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commandement#16561.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.