comédie

comédie

nom, féminin, /kɔmedi/ ou /komɛdi/

Définitions

  1. Œuvre dramatique ou cinématographique destinée à divertir et à faire rire.

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  2. Simulation de sentiments que l'on n'éprouve pas, attitude feinte.

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  3. Attitude ou comportement affecté et théâtral visant à capter l'attention d'autrui.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (21 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Pièce de théâtre qui est la représentation, en action, des caractères et des mœurs des hommes, et d'incidents ridicules, plaisants ou intéressants. Personnage de comédie, personnage qui n'a que l'apparence de l'autorité, du crédit.

    Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, qui a été longtemps persécutée ; et les gens qu'elle joue ont bien fait voir qu'ils étaient plus puissants en France que tous ceux que j'ai joués jusqu'ici — Molière (1622-1673)

    Je dis que le grand art est de plaire et que, cette comédie ayant plu à ceux pour qui elle est faite, je trouve que c'est assez pour elle, et qu'elle doit peu se soucier du reste — Molière (1622-1673)

  2. Chez les Grecs, la comédie ancienne, celle où l'on mettait sur la scène les citoyens mêmes d'Athènes avec leurs noms ; la comédie moyenne, celle où on les y mettait sans les nommer ; la comédie nouvelle, celle où l'on ne mit plus que des personnages d'imagination. Comédie latine, celle que les Romains imitèrent de la comédie grecque, et surtout de la comédie nouvelle. Ils distinguaient la comédie palliata, où les personnages étaient grecs, ou revêtus du pallium ; la comédie togata, où ils étaient revêtus de la toge, c'est-à-dire romains ; la comédie praetextata, où les personnages étaient romains, mais des hautes familles ; et la comédie tabernaria, où l'on faisait agir et parler les habitués des tavernes. Comédie française, la comédie illustrée par Molière, Regnard et leurs successeurs, produit d'un art beaucoup plus développé. Comédie historique, celle où un trait d'histoire, un événement historique est représenté. Comédie héroïque, celle où les personnages appartiennent à un ordre supérieur, rois, princes, etc. Tel est le Don Sanche d'Aragon de Corneille. Comédie pastorale, celle dont l'action se passe entre des bergers. Comédie de ballet, comédie mêlée de ballets. Comédie de genre, comédie comparée aux tableaux de genre et où l'on représente quelque scène d'intérieur. Comédie féerie, celle où l'on fait intervenir des fées, des génies, des enchanteurs et autres personnages de ce genre, et qui permet, au moyen de machines, d'exécuter des changements à vue de décors ou de costumes. On l'appelait autrefois comédie à machines. Comédie à couplets ou à ariettes, ou mêlée de couplets, c'est ce qu'on appelle plus souvent comédie-vaudeville, ou, par abréviation, vaudeville ; c'est une comédie dans laquelle on intercale des couplets, uniquement à cause de l'agrément du chant. Comédie italienne ; c'est au fond la même chose que nos anciennes soties : c'est la représentation d'une action qui se passe entre des personnages de convention qui représentent par une sorte d'assimilation comprise de tout le monde les membres de la société réelle. Ces personnages sont surtout le père Cassandre, vieux bourgeois ou maître de maison ridicule et trompé ; Colombine ou Isabelle, sa fille ; Arlequin, l'amoureux de Colombine ; Paillasse, le valet fainéant et gourmand ; Gilles, le beau Léandre, le fat ou le petit-maître ridicule, etc. Comédie de caractère, celle qui a pour objet le développement d'un caractère. Comédie de mœurs, celle qui offre la peinture des mœurs. Comédie d'intrigue, celle qui, par la multiplicité des incidents, a pour but d'intéresser et d'amuser. Comédie anecdotique, celle dont le fond est une anecdote. Comédie épisodique, plus souvent nommée comédie à tiroirs, celle dont les scènes ont peu de liaison entre elles. Comédie larmoyante, celle où, pour intéresser le spectateur, on cherche les situations touchantes et tristes, comme dans Mélanide de La Chaussée. La comédie larmoyante était fort estimée dans le siècle dernier. La haute comédie, celle qui se propose particulièrement la peinture des mœurs et des caractères et qui n'emploie que des personnages de la meilleure compagnie, comme le Misanthrope. Figurément. Ceci est de la haute comédie, se dit de quelque tromperie, de quelque dissimulation bien menée ou très effrontée.

    Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la comédie antique — Boileau (1636-1711)

    Le théâtre perdit son antique fureur ; La comédie apprit à rire sans aigreur — Boileau (1636-1711)

  3. Représentation d'une pièce. Il joue très bien la comédie.

    Et j'ai maudit cent fois cette innocente envie, Qui m'a pris, à dîner, de voir la comédie — Molière (1622-1673)

    Ainsi, quand Richelieu revenait de Mahon, Partout sur son passage il eut la comédie — Voltaire (1694-1778)

  4. Théâtre, lieu où jouent les comédiens. Il est allé à la comédie voir le Cinna de Corneille, le Tartuffe de Molière. Comédie-Française, le Théâtre-Français à Paris. Portier de comédie, s'est dit autrefois de celui qui se tenait à la porte du théâtre pour recevoir l'argent. Fig. Celui qui n'ouvre pas la porte sans se faire payer.

    La duchesse était à la comédie avec sa sœur — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Je ne connais pas Mlle Dubois ; je ne savais pas même quelle sorte d'emploi elle avait à la Comédie — Voltaire (1694-1778)

  5. La troupe des comédiens d'un même théâtre. Toute la comédie paraît dans la cérémonie du Malade imaginaire.

  6. L'art de composer des comédies. La comédie a été portée par Molière à une très grande perfection.

    Que la comédie était, comme beaucoup d'autres choses, fort en décadence — Voltaire (1694-1778)

    Aussi, madame, n'ai-je rien dit qui aille à vous ; et mes paroles, comme les satires de la comédie, demeurent dans la thèse générale — Molière (1622-1673)

  7. Fait qui excite le rire. C'était une vraie comédie de voir la dispute de ces deux hommes. Donner la comédie, faire ou dire des choses qui sont comme une comédie pour ceux qui les voient ou les entendent. Donner la comédie au public, tenir une conduite scandaleuse qui attire l'attention.

    Je vous dirai tout franc que cette maladie, Partout où vous allez, donne la comédie — Molière (1622-1673)

    Il disait au parterre : ris donc, parterre ; ce fut une seconde comédie que le chagrin de notre ami, il la donna en galant homme à toute l'assemblée — Molière (1622-1673)

  8. Feinte. Jouer la comédie, affecter des sentiments qu'on n'a pas.

    Se donner dans l'église la comédie de son propre enterrement — Voltaire (1694-1778)

    Le cœur se donne la comédie en lui-même — Bossuet (1627-1704)

  9. La Divine-Comédie, titre du poëme dans lequel Dante a décrit l'enfer, le purgatoire et le paradis.

Étymologie : Provenç et espagn. comedia ; ital. commedia ; du latin comœdia ; de ϰομῳδία, de ϰῶμος (voy. COMIQUE), et ᾠδὴ, chant (voy. ODE). Ajoutez : D'après l'étymologie par ϰῶμος, la comédie aurait été proprement le chant, dans les fêtes de Bacchus ; d'autres y voient ϰώμη, village : chant des villageois durant la vendange.

Historique : XIVe s. Et ce peut assez apparoir par les comedies des anciens et par celles que l'en fait à present XVIe s. En ces comedies, il y a plusieurs paroles dites de luy, les unes à bon escient, les autres en jeu et avec risée

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. OEuvre dramatique, soit en prose, soit en vers, dont l’action a pour objet de divertir, soit par la peinture des moeurs et des ridicules, soit par des situations plaisantes. Le noeud, le dénouement d’une comédie. Les acteurs, les personnages d’une comédie. Comédie française. Cet acteur est mieux à sa place dans la comédie que dans la tragédie. Les comédies d’Aristophane, de Plaute, de Térence, de Molière. La comédie de " L’Avare ", du " Misanthrope ", du " Joueur ", etc., La comédie qui a pour titre L’Avare, Le Misanthrope, Le Joueur, etc.

  2. La haute comédie se dit d’une Comédie d’un genre élevé dans laquelle l’auteur se propose plus particulièrement de donner l’étude approfondie des moeurs et des caractères et qui ne met en scène que des personnages de la meilleure compagnie. " Le Misanthrope " est une haute comédie.

  3. Comédie de moeurs, Celle qui a pour objet principal la peinture des moeurs.

  4. Comédie de caractère, Celle qui a pour objet le développement d’un caractère. " L’Avare ", " Le Tartufe " sont des comédies de caractère.

  5. Comédie d’intrigue, Celle où l’auteur s’occupe surtout d’intéresser et d’amuser par une action fortement intriguée et par la multiplicité et la variété des incidents. " Les Fourberies de Scapin ", " Le Barbier de Séville " sont des comédies d’intrigue.

  6. Comédie de cape et d’épée. Voyez

  7. CAPE.

  8. Comédie-ballet se disait autrefois de Certaines comédies entremêlées de danses.

  9. Comédie héroïque, Celle qui représente une action romanesque et exprime de grands sentiments entre des personnages de haut rang.

  10. Comédie pastorale, Celle dont l’action se passe entre des bergers.

  11. Comédie historique, Celle dont le sujet est puisé dans l’histoire.

  12. Comédie épisodique, Comédie dont les scènes n’ont entre elles aucune liaison nécessaire. " Les Fâcheux " sont une comédie épisodique. On dit plus ordinairement dans ce sens Pièce à tiroirs.

  13. Fig., C’est le secret de la comédie, se dit d’une Chose qui est sue de tout le monde et dont quelqu’un veut faire un secret.

  14. Fig., C’est un personnage de comédie, un vrai personnage de comédie, se dit d’une Personne qu’on ne prend pas au sérieux.

  15. Il se prend aussi pour l’Art de composer des comédies. La comédie a été portée par Molière à la plus grande perfection connue.

  16. Il se dit figurément des Actions qui ont quelque chose de plaisant. Je crois que ces messieurs jouent la comédie, nous donnent la comédie.

  17. C’est une comédie, une vraie comédie, se dit d’une Manière de parler ou d’agir qui manque de sérieux.

  18. Fig., Donner la comédie, Se faire remarquer par des manières extravagantes et ridicules. Partout où il va, il donne la comédie.

  19. Il signifie aussi figurément Feinte. Toute la vie de cet homme n’a été qu’une longue comédie. Tout cela est pure comédie.

  20. Fig., Jouer la comédie, Feindre des sentiments qu’on n’a pas, chercher à paraître ce qu’on n’est pas réellement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • comédies — pluriel — /kɔmedi/ ou /komɛdi/
  • comédie — singulier — /kɔmedi/ ou /komɛdi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée comédie#16918.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.