comble
nom, masculin · /kɔ̃blə/
Usage : fréquent (18 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Vieilli. Ce qui excède le niveau plein d'une mesure ou d'un récipient.
Le boisseau était rempli avec un comble de grains.
Degré extrême, le plus haut point atteint par un état ou un sentiment.
C'est le comble de la bêtise de laisser sa voiture ouverte.
Synonyme : summum.
« Le mérite en repos s'endort dans la paresse ; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté »Boileau (1636-1711)
« Encore une parole, j'étais au comble du bonheur »Fénelon (1651-1715)
Construction. Charpente ou partie supérieure d'un bâtiment qui porte la toiture.
« L'homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement »Bossuet (1627-1704)
« L'aigle déjà perché sur le comble des tours semblait dire : Ici je bâtirai mon aire »Chateaubriand (1768-1848)
Dans l'expression de fond en comble, depuis la base jusqu'au sommet, donc entièrement : nettoyer une maison de fond en comble.
Ils ont nettoyé la cave de fond en comble.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : au comble de · c'est un comble · de fond en comble · pour comble de malheur
Grammaire et formes (2)
- combles : pluriel · /kɔ̃blə/
- comble : singulier · /kɔ̃blə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 3 · 3 sens
s. m.
Construction couronnant le sommet d'un édifice. Terme d'architecture. Comble brisé, celui qui est disposé sur deux pentes, l'une inférieure fort roide, l'autre plus douce. Terme de vannier. Intervalle entre les têtes d'un ouvrage. Terme de blason. Le chef de l'écu lorsqu'il est diminué.
Du temple tout à coup les combles s'entr'ouvrirentVoltaire (1694-1778)
Il n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée que le couvreur d'avoir monté sur de hauts comblesLa Bruyère (1645-1696)
De fond en comble, loc. adv. Entièrement. Ruiner quelqu'un de fond en comble. Ruiner un système, une doctrine, de fond en comble.
La ville fut renversée de fond en combleBossuet (1627-1704)
Cette conduite de Gervaise n'allait pas à moins qu'à la chute d'un si merveilleux édifice [la Trappe] ; M. de la Trappe le sentait, lui qui l'avait construit et soutenu de fond en combleSaint-Simon (1675-1755)
Fig. Monter au comble, s'élever au plus haut point.
Le mérite en repos s'endort dans la paresse ; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois montéBoileau (1636-1711)
Qu'ils n'arrivent jamais au comble frivole de notre gloire, plutôt que de l'acheter au prix des vices et des malheurs où elle nous a précipitésMassillon (1663-1742)
Étymologie : Espagn. cumbre ; portug. cume ; ital. colmo ; pays de Coire, culm, montagne ; du latin culmen, faîte.
Historique : XIIIe s. Et avoit un trau el comble deseure, par quoi il reprendoit s'alaine XIVe s. Une litiere fist tantost aporter là, Et dessus la litiere, sus le comble, rouva à metre sa baniere, si que on la verra XVe s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneaux à grand foison, qui enfondroient et abattoient les combles des tours, des chambres, des salles Messire Guillaume de Douglas, qui s'arme d'azur à comble d'argent, et dedans le comble trois estoiles de gueules Si tost que la nef fut approchée des deux basteaulx, ung chevalier se mist au comble [tillac] de la nef Carleir frappa premie…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 1 · 2 sens
s. m.
Ce qui tient au-dessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau.
Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour comble de, pour dernier surcroît. Absolument.
Cette ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie ; Vous m'avez envié le bonheur de ma viePierre Corneille (1606-1684)
S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui !Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Provenç. comol ; espagn. et ital. colmo ; portug. cumulo, et cómoro, combro, tas de terre ; du latin cumulus.
Historique : XVe s. Quiconque amenera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble On ne trouveroit nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de graces comme il te appreste : il te donna beaulté à comble ; il te donna sens et discretion à congnoistre le bien du mal XVIe s. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure Sa libéralité vient jusques à ce comble, de ne rejetter pas nostre obeissance imparfaite Ce que dessus suffira pour faire conoistre que l'injustice aproche de son comble Droit de…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 12 sens
n. m.
Ce qui peut tenir au-dessus des bords d’une mesure, d’un récipient déjà plein. Le comble d’une mesure.
Il signifie aussi Toute construction de bois, de fer ou de maçonnerie, placée au-dessus d’un édifice, pour soutenir la couverture d’ardoises, de tuiles, de plomb, etc. Un comble de charpente, de fer. Les ouvriers sont sur le comble de la maison pour réparer la couverture.
On l’emploie également au pluriel dans ce sens, et surtout en parlant des Logements situés dans la partie la plus élevée d’une maison, d’un édifice. Il loge dans les combles, sous les combles.
DE FOND EN COMBLE
loc. adv.
Voyez
FOND.
COMBLE désigne figurément le Dernier surcroît, le plus haut degré de quelque chose, particulièrement de la gloire, de la joie, des désirs, de l’affliction, des maux, des vices, etc. Parvenir, arriver au comble des honneurs, au comble de la fortune, au comble de ses désirs. Il est au comble de ses voeux. Il a mis le comble à ma félicité. Ce fut le comble de nos maux. Le comble de son affliction, de sa douleur. C’est le comble de l’effronterie. L’irritation des esprits était au comble.
POUR COMBLE DE
loc. prép.
; POUR COMBLE, loc. adv.
Pour dernier surcroît. Il tomba malade, et pour comble de malheur, pour comble de disgrâce, ou simplement pour comble, il perdit, peu de temps après, tout son bien. Il gagna la bataille et, pour comble de gloire, il fit le général ennemi prisonnier.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée comble#16525.