colonie

colonie

nom, féminin, /kɔlɔni/ ou /koloni/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Établissement fondé par une nation dans un pays étranger. Envoyer une colonie.

    Leurs terres où ils fondent une colonie — Bossuet (1627-1704)

    Les Grecs qui font sur cette côte des colonies — Fénelon (1651-1715)

  2. Possession d'une nation européenne dans une autre partie du monde. Absolument, les colonies, se dit pour les Antilles françaises. Il est mort aux colonies.

  3. Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en peupler un autre. Le lieu où ils se sont transportés. Les gens d'un même pays habitant une localité étrangère. Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines localités les résidents qui ne sont pas originaires de cette localité.

  4. Colonies agricoles, établissements agricoles institués à l'effet d'offrir du travail aux indigents et aux jeunes détenus, et d'augmenter les produits du sol en l'améliorant. Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.

Étymologie : Le latin colonia, de colonus (voy. COLON 1). On remarquera, dans Bercheure, l'hésitation entre colonie et colongne ; colonie est la forme moderne, calquée sur la lettre latine ; colongne, cologne est la forme antique calquée sur l'accentuation latine, colónia.

Historique : XIVe s. Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est gaigniée et aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit esté fondée et peuplée de Romains

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Réunion d’hommes sortis d’un pays pour aller en habiter un autre : et, par extension, Population qui s’est formée et qui se perpétue dans le lieu de leur établissement. Envoyer une colonie. établir, fonder une colonie. Les Romains envoyaient des colonies de vétérans dans les villes qu’ils avaient conquises. Les colonies se détachèrent de leur métropole.

  2. Il se dit aussi d’un Lieu, d’un établissement fondé dans un pays plus ou moins éloigné de la métropole et placé sous sa dépendance. Marseille était une colonie des Phocéens. Les colonies espagnoles. La Martinique est une colonie française. Le gouverneur d’une colonie. Colonie de peuplement. Colonie d’exploitation.

  3. Colonie agricole, établissement fondé à l’effet de défricher des terrains incultes et de donner du travail aux indigents valides. Il se dit aussi d’établissements agricoles qui ont pour but de moraliser les jeunes détenus en les occupant aux travaux de la terre. La colonie de Mettray.

  4. Colonie pénitentiaire, Lieu où sont transférés les condamnés aux travaux forcés.

  5. Il se dit, par extension, de l’Ensemble des étrangers d’un même pays qui séjournent à demeure dans une région, dans une ville. Ce quartier de Paris renferme une colonie d’Américains. Une colonie de Polonais exploite presque seule cette mine.

  6. Il se dit même de Nationaux venus s’installer en groupe de telle ou telle région. Une colonie de Bretons, d’Auvergnats.

  7. Colonies scolaires et de vacances, Sortes de groupements d’enfants des villes auxquels on procure une cure d’air à la montagne ou à la mer.

  8. Il se dit, par analogie, d’une Réunion d’animaux vivant en commun. Colonie de castors.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • colonies — pluriel — /kɔlɔni/ ou /koloni/
  • colos — pluriel
  • colo — singulier
  • colonie — singulier — /kɔlɔni/ ou /koloni/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée colonie#16427.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.