coiffé · coiffe

coiffé

adjectif, /kwafe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Qui porte une coiffe. Une femme coiffée à la mode de son pays. Qui porte un vêtement de tête quelconque. Coiffé d'un chapeau, d'une perruque. Qui a une coiffure quelconque. Une femme coiffée en cheveux, c'est-à-dire qui n'a d'autre coiffure que ses cheveux. Spécialement, qui a les cheveux arrangés d'une certaine manière. Coiffé à la Titus. Coiffée à la chinoise. Être bien coiffé, avoir une coiffure qui va bien, et aussi avoir les cheveux bien plantés. Cheval bien coiffé, celui qui a les oreilles petites et bien placées ; mal coiffé, celui dont les oreilles sont longues et pendantes. Un chien courant ou épagneul est bien coiffé, lorsqu'il a les oreilles larges, longues et bien pendantes. Fig.

    Un escadron coiffé d'abord court à son aide ; L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède — Boileau (1636-1711)

    Madame Aubert paraît avec un air modeste, Bien coiffée en cheveux, un déshabillé leste — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme d'échecs. Pion coiffé, pion auquel on attache un signe, et qui a un emploi déterminé.

  3. Terme de vénerie. Mordu par le chien. Fig.

    Je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté pour lui [Chamillart] de Mme de Maintenon et de Mme la duchesse de Bourgogne, et il était sans cesse coiffé par de rudes lévriers — Saint-Simon (1675-1755)

  4. Fig. Infatué. Avoir le cerveau coiffé, être pris de vin.

    Un prélat, riche et fortuné, En est, s'il le faut ainsi dire, Coiffé [de Boisrobert] — MALLEVILLE

    Que de son Tartuffe elle paraît coiffée ! — Molière (1622-1673)

  5. Né coiffé, né avec la coiffe sur la tête, circonstance fortuite à laquelle la superstition attribua de singulières vertus. Fig. Être très heureux.

    Pauline est née coiffée — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Terme de vétérinaire. Crottins coiffés, crottins qui sont recouverts d'une couche de mucosités provenant de la muqueuse intestinale. Il aimerait une chèvre coiffée, se dit d'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient. On dit aussi d'une personne laide : il, elle ressemble à un chat coiffé.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • coiffées — pluriel féminin — /kwafe/
  • coiffés — pluriel masculin — /kwafe/
  • coiffée — singulier féminin — /kwafe/
  • coiffé — singulier masculin — /kwafe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coiffé#16228.

coiffe

nom, féminin, /kwafə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ajustement de tête en toile ou en tissu léger, autrefois à l'usage de toutes les femmes, aujourd'hui à l'usage seulement des femmes de la campagne ou des femmes des villes qui se mettent comme à la campagne. Brider sa coiffe, se cacher avec les brides de sa coiffe. Autrefois, au pluriel, les coiffes, la coiffe avec le voile et ce qui en dépend. Coiffe de nuit, coiffe de toile qu'on mettait dans le bonnet de nuit. Fig. Être triste comme un bonnet de nuit sans coiffe, être chagrin et mélancolique. Aujourd'hui on dit seulement, être triste comme un bonnet de nuit. Coiffe à perruque, tissu portant les cheveux de la perruque.

    Vos coiffes sont faites — Molière (1622-1673)

    Une coiffe, un bout de ruban sont pour les filles autant d'affaires importantes — Fénelon (1651-1715)

  2. Coiffe de chapeau, sorte de coiffe qui garnit l'intérieur d'un chapeau.

  3. Terme d'anatomie. Portion des membranes foetales que l'enfant pousse quelquefois devant lui, et qui se trouve alors sur sa tête dans l'accouchement ordinaire. Cet enfant avait la coiffe en naissant. Terme de botanique. Enveloppe membraneuse ou sorte de bourse qui recouvre l'urne ou cupule des mousses, et qui se rompt circulairement par son milieu.

    Nous devenons chrysalides dans l'utérus, lorsque nous sommes dans cette enveloppe qu'on nomme coiffe — Voltaire (1694-1778)

  4. Terme de marine. Morceau de toile en croix de Malte pour recouvrir le bout des haubans.

  5. Terme de pêche. Filet à grandes mailles et évasé, qui se place à l'embouchure d'un filet à manche.

  6. Terme de boucherie. Membrane séreuse dans laquelle on fait cuire le foie de porc. On dit aussi toilette.

  7. Terme de mécanique. La coiffe d'une chèvre, la partie supérieure de cette machine.

Étymologie : Wallon, coif, s. m. ; provenç. cofa ; espagn. cofia et escofia ; portug. coifa ; ital. cuffia et scuffia ; bas-lat. cofea dans Fortunatus Venantius, cuphia dans Alcuin. On l'a tiré de l'ancien haut-allemand scufi, chevelure ; mais scufi n'aurait donné ni dans le provençal ni dans le français un mot sans s ; d'un mot hébreu kova, que Diez rejette et qui est en effet très peu probable ; de l'allemand Haube, bonnet ; holland. huif ; suédois, hufva, à quoi Diez objecte que l'h de l'allemand ne se change pas en c roman dans les noms appellatifs ; enfin Diez propose le haut-allemand kuppa, kuppha, m

Historique : XIe s. [Il] tranche la coife entresques à la char XIIe s. Ne fust la coife du blanc haubert safré.... Ainsi [ils] fierent de haches com vilain de flael ; N'i avoient garant ne coife ne chapel Desor la coife de l'auberc doublentin XIIIe s. Bauduins de Soriel ne les va de riens espargnant, ains le fiert de l'espée parmi la coiffe de fier [fer] Ouvrieres de coiffes à dames, et taies à orilliers, et de paveillons que on met par desus les autez [autels] Les chevaliers qui se combatent por murtre ou por homecide se deivent combatre à pié et sans coifes, les testes roigniées à la reonde Il m'ala main…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ajustement destiné à couvrir la tête, et spécialement la tête des femmes et variant suivant les provinces. C’est grand dommage que les femmes de la campagne renoncent aux coiffes si pittoresques de leurs aïeules.

  2. Coiffe de chapeau, Coiffe de soie dont on garnit le dedans des chapeaux.

  3. En termes d’Anatomie, il se dit, par analogie, d’une Membrane que quelques enfants ont sur la tête en venant au monde.

  4. En termes de Botanique, il se dit d’une Enveloppe membraneuse qui recouvre l’urne des mousses.

  5. Il se dit également, en termes d’Arts, de Toute sorte d’enveloppe qu’on applique à l’extrémité d’un objet. La coiffe d’une bouteille, d’un mât.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • coiffes — pluriel — /kwafə/
  • coiffe — singulier — /kwafə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coiffe#16220.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.