cœur · coeur

cœur

nom, masculin, /kœʁ/

Définitions

  1. Organe musculaire qui propulse le sang dans le corps.

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  2. Siège symbolique des sentiments : avoir bon cœur.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme d'anatomie. Organe conoïde, creux et musculaire qui, renfermé dans la poitrine, est le principal agent de la circulation du sang. Les battements du cœur. Tant que le cœur me battra, me battra au ventre, dans le ventre, c'est-à-dire tant que je vivrai. Fig. Le cœur me bat, je suis très inquiet. Faire la bouche en cœur, donner aux lèvres la forme d'un cœur, les resserrer d'une façon mignarde ; et fig. S'efforcer de paraître gracieux. Fig. Il voudrait lui manger le cœur, lui arracher le cœur, il le hait mortellement. Se ronger le cœur, se consumer d'un chagrin secret. Le cœur me saigne, je suis pénétré d'une vive douleur. Le cœur saigne en lisant le récit de ces cruautés. Avoir le cœur gros, éprouver le besoin de pleurer, de soupirer, de sangloter, ressentir un chagrin profond. Le cœur gros de soupirs. Je veux en avoir le cœur net, je veux savoir ce qui en est. Sacré-Cœur, dévotion au cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s'est développée au commencement du XVIIIe siècle Congrégation de religieuses consacrées à l'adoration du cœur de Jésus-Christ et qui se dévouent aussi à l'éducation des jeunes filles.

    Grande reine, je satisfais à vos plus tendres désirs, quand je célèbre ce monarque ; et ce cœur, qui n'a jamais vécu que pour lui, se réveille, tout poudre qu'il est, et devient sensible, même sous ce drap mortuaire, au nom d'un époux si cher — Bossuet (1627-1704)

    Il ne se forma plus de nouveau sang au cœur ; Chaque membre en souffrit ; les forces se perdirent — La Fontaine (1621-1695)

  2. Par extension, la poitrine. Il le pressa tendrement contre son cœur.

    Jamais sans défiance avez-vous pu d'un frère Presser le sein sur votre cœur ? — Nicolas Gilbert (1750-1780)

    Riant et m'asseyant sur lui, près de son cœur — André Chénier (1762-1794)

  3. L'ensemble des facultés affectives et des sentiments moraux, par opposition à esprit, qui est l'ensemble des facultés intellectuelles ; cet emploi du mot cœur provient d'une opinion ancienne et erronée qui plaçait le siége des passions dans le cœur, parce que cet organe en ressentait immédiatement des effets manifestes. Attendrir, toucher le cœur de quelqu'un. Avoir le cœur navré, oppressé. Parler, aller au cœur, toucher vivement, intéresser. Le cœur me le disait bien, j'en avais le pressentiment. De cœur, par la disposition intérieure. De cœur, avec un sentiment sincère. Attaché de cœur à la famille de ses rois. Ami de cœur, ami dévoué, sincère. De gaieté de cœur, de propos délibéré, et sans sujet.

    L'homme croit souvent se conduire lorsqu'il est conduit ; et, pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur l'entraîne insensiblement à un autre — La Rochefoucauld (1613-1680)

    L'esprit est toujours la dupe du cœur — La Rochefoucauld (1613-1680)

  4. Le cœur considéré comme mémoire des sentiments. Vos bienfaits sont gravés dans mon cœur. Avoir quelque chose sur le cœur, garder, entretenir un ressentiment. Décharger son cœur, dire sans réticence ce qui préoccupe. Par cœur, de mémoire. Locution qui vient d'une extension de la mémoire du cœur à la mémoire de l'esprit. Fig. Savoir un homme par cœur, connaître parfaitement son caractère et sa vie. Familièrement. Dîner par cœur, se passer involontairement de dîner. Cette locution paraît s'être dite d'abord de celui qui, au lieu de dîner, parlait, racontait, récitait, et de la sorte se passait de manger.

    Il faut ne rien garder sur votre cœur — Mme de Sévigné (1626-1696)

    J'aurai toujours ce coup-là sur le cœur — Molière (1622-1673)

  5. Sens moral, conscience. Sans cœur, sans sentiment moral. Par extension. Familièrement. Un sans cœur, un homme dépourvu de sentiment moral et d'énergie. C'est un grand sans cœur.

    Et renverser soudain la paix de votre cœur, Comme un enfant renverse un verre — Victor Hugo (1802-1885)

    Pour juge il a son cœur, pour amis ses égaux — ST-LAMBERT

  6. Tempérament moral. Avoir bon cœur. Avoir un mauvais cœur. Cœur égoïste. Il a le cœur gâté, corrompu. Cœur de vipère, caractère plein de méchanceté et de perfidie. Cœur d'airain, caractère impitoyable. On dit dans un sens analogue, cœur de marbre, de pierre, de diamant, cœur de tigre. Avoir, porter un cœur d'homme, être sensible, avoir des sentiments humains. C'est un cœur d'or, c'est un excellent cœur. Il a le cœur haut et la fortune basse, se dit d'un homme qui est glorieux et pauvre. Prendre son cœur par autrui, se mettre en la place d'un autre. Le bon cœur, l'ensemble des sentiments qui constituent la bienveillance pour autrui. Mauvaise tête et bon cœur, personne vive et emportée, mais dont, au fond, les sentiments sont pleins de bienveillance. Un bon cœur, un mauvais cœur, une personne qui a un bon, un mauvais cœur. De bon cœur, loc. adv. Volontiers, sincèrement. De grand cœur, très volontiers. Être tout cœur, être vif à obliger. Il est tout cœur pour ses amis, il est pour eux plein d'attachement et de désir de les servir. De tout son cœur, avec une pleine affection. De tout cœur, avec la meilleure volonté du monde. Absolument, cœur dans le sens de bon cœur, de cœur bien doué.

    Plus on vieillit, dit-on, plus on a le cœur dur — Voltaire (1694-1778)

    C'est l'affaire dont vous avez parlé à Mme la duchesse de la Rochefoucauld, qui occupe actuellement ma vieille tête et mon jeune cœur — Voltaire (1694-1778)

  7. La pensée intime, les dispositions secrètes. Selon le cœur de Dieu, pieux, aimé de Dieu. Dans le langage général, selon le cœur de, agréable à. Dans le langage de l'Écriture, les cœurs des rois sont dans la main de Dieu. À cœur ouvert, avec franchise, sincérité, effusion. Parler à cœur ouvert. Avoir le cœur sur les lèvres, avoir le cœur sur la main, ne pas déguiser sa pensée, ses sentiments. Parler d'abondance de cœur, parler du cœur, parler avec épanchement. Se parler cœur à cœur, se parler avec franchise.

    Montrant que dans le cœur ce voyage le fâche — Malherbe (1555-1628)

    On s'est plus appliqué aux vices de l'esprit, aux replis du cœur et à tout l'intérieur de l'homme — La Bruyère (1645-1696)

  8. L'affection, la tendresse, l'amour. Se concilier tous les cœurs. Régner sur les cœurs. Ces deux personnes ne font qu'un cœur et une âme, elles sont liées par la plus étroite affection. Son cœur commence à parler, son cœur a parlé, se dit d'une jeune personne qui éprouve les premiers sentiments de l'amour. Affaire de cœur, commerce de galanterie.

    L'extrême joie qu'on m'a donnée en me mandant que j'étais tout entier dans le cœur de cet homme que vous savez qui est si fort selon le mien — Voiture (1597-1648)

    Hyménée et l'Amour, par des désirs constants, Avaient uni leurs cœurs dès leur plus doux printemps — La Fontaine (1621-1695)

  9. La personne elle-même qui éprouve ces divers sentiments. Familièrement. Un joli cœur, un jeune homme qui prend un soin particulier de sa toilette. Faire le joli cœur, se donner des grâces.

    Je me tiens très heureux d'avoir une si grande place dans le meilleur cœur de France — Voiture (1597-1648)

    Deux démons à leur gré partagent notre vie ; Je ne vois point de cœur qui ne leur sacrifie — La Fontaine (1621-1695)

  10. Ardeur, vif intérêt. Il a le cœur à l'étude. Avoir à cœur quelque chose, y prendre un vif intérêt. Tenir au cœur, être l'objet d'un attachement, d'un désir, d'un intérêt. Tenir au cœur, être l'objet d'une inquiétude, d'un tourment.

    Amour enfin qui prit à cœur l'affaire — La Fontaine (1621-1695)

    Il s'agit d'une affaire que j'ai fort à cœur — Bossuet (1627-1704)

  11. Courage, fermeté. Homme de cœur, homme plein de courage. Familièrement. Prendre son cœur à deux mains, faire tous ses efforts, ou prendre son grand courage. Familièrement. Avoir le cœur de, pousser la dureté, l'indifférence jusqu'à. Un cœur de lion, un homme d'un extrême courage. Un cœur de poule, un poltron. Mettre, remettre le cœur au ventre à quelqu'un, lui rendre le courage. Cette locution vient du langage du moyen âge, où le cœur est joint souvent à ventre, pris en un sens très général de tronc du corps ; locution qui provient elle-même de ce qu'on se sent plus de force et de courage après avoir bien mangé. Faire contre mauvaise fortune, ou, absolument, contre fortune bon cœur, ne pas se laisser abattre et aussi ne pas laisser paraître sur son visage le désappointement, la peine qu'on éprouve.

    La rigueur de ses lois, après tant de licence, Redonnera le cœur à la faible innocence — Malherbe (1555-1628)

    ... Vous vous troublez beaucoup ; Mon cœur n'est point du tout ébranlé de ce coup — Molière (1622-1673)

  12. Générosité. Être plein de cœur. Grand cœur, magnanimité. Un grand cœur, une personne magnanime. Homme de cœur, homme qui a de la générosité, de la sensibilité. N'avoir point de cœur, être dépourvu de toute sensibilité, de toute noblesse d'âme.

    Seigneur, vous devez tout au grand cœur d'Exupère — Pierre Corneille (1606-1684)

    Henriette d'un si grand cœur est contrainte de demander du secours ; Anne d'un si grand cœur ne peut en donner assez — Bossuet (1627-1704)

  13. Le principal agent, le principal intérêt.

    Le parti du duc et de mon frère Dont l'un est votre cœur, si l'autre est votre bras — Rotrou (1609-1650)

    Quand à ton père usé je rendis la vigueur, J'avais encor tes vœux, j'étais encor ton cœur — Pierre Corneille (1606-1684)

  14. Par extension, l'estomac : dénomination qui vient de ce que, dans l'ancienne anatomie grecque, on donnait le nom de cœur à l'orifice cardiaque ou supérieur de l'estomac, et le nom de douleur de cœur aux douleurs de l'estomac. Des soulèvements de cœur. J'ai encore mon dîner sur le cœur. Avoir le cœur noyé, noyé d'eau, être incommodé pour avoir bu trop d'eau. Fig. Cela lui pèse sur le cœur, c'est quelque chose qui lui cause du chagrin, de la rancune. Ce vin va au cœur, il fait plaisir. Avoir mal au cœur, être pris de nausées. Sur mer j'ai mal au cœur. Mal de cœur, envie de vomir. Fig. Cela fait mal au cœur, fait soulever le cœur se dit d'une chose qui excite le dégoût, l'aversion, le chagrin. Si le cœur vous en dit, si vous avez envie d'en manger ; et fig. Si vous êtes disposé à cela. Avoir le cœur bon, avoir l'appétit bon, se dit d'un malade qui conserve de l'appétit. Cet homme a bon cœur, il ne rend rien, se dit d'un homme dont l'estomac ne rejette pas ce qu'il mange ; et, figurément, de celui qui ne rend pas ce qu'on lui prête. Avoir le cœur sur le bord des lèvres, et, simplement, sur les lèvres, être prêt à vomir. Avoir le cœur mort, se sentir très faible. Populairement. N'être pas malade de cœur, conserver un bon appétit. S'en donner au cœur joie, à cœur joie, jouir pleinement, se rassasier d'une chose. À cœur jeun, sans avoir mangé de la journée. Locution qui vieillit.

    Celles qui ont dîné ont mal au cœur — Mme de Sévigné (1626-1696)

    À moitié chemin, j'eus un grand mal de cœur — Mme de Sévigné (1626-1696)

  15. Par analogie, la partie centrale de quelque chose. Il est logé au cœur de la ville. Le cœur d'un fruit, d'un chou. Fig. Au cœur de l'été, de l'hiver, pendant les plus grandes chaleurs, les plus grands froids. Cœur de cheminée, le milieu de la cheminée, où est ordinairement une plaque. Il est noir comme le cœur de la cheminée. À cœur de journée, sans relâche. Locution qui paraît venir de ce que le cœur de la journée est pris pour le fort du travail.

    Je veux qu'elle me voie au cœur de ses États Soutenir ma fureur d'un million de bras — Pierre Corneille (1606-1684)

    Dans le cœur de son empire — Bossuet (1627-1704)

  16. Ce qui a la forme d'un cœur. Une croix d'or surmontée d'un cœur. Le cœur, une des couleurs du jeu de cartes. Le cœur est atout. J'ai tous les cœurs. Nom vulgaire d'un grand nombre de coquilles bivalves.

  17. Terme de manége et de fauconnerie. Être en cœur, se dit d'un cheval, d'un oiseau qui se montrent pleins d'ardeur. Un cheval de deux cœurs, est celui qui répond mal aux aides et qui ne manie pas volontiers.

  18. Terme de blason. Le milieu de l'écu, dit aussi abîme.

  19. Terme d'astronomie. Cœur du Lion, étoile de première grandeur qui fait partie de la constellation du Lion, dite aussi Régulus. Cœur de Charles, petite constellation entre la Grande Ourse et le Lion. Cœur de l'Hydre, étoile de la constellation de l'Hydre. Cœur du Scorpion ou Antarès.

  20. Terme d'horticulture. Cœur de pigeon, espèce de prune et espèce de pomme. Cœur de bœuf, espèce de prune. Cœur de Saint-Thomas, nom vulgaire d'un fruit d'Amérique ou mieux d'une graine, dite aussi châtaigne de mer (entade gigalobion). Nom d'une espèce de bigarreau.

Étymologie : Bourguig. coeu ; picard (environs d'Amiens), tcheur ; provenç. cor ; ital. cuore ; du latin cor, cordis ; allem. Herz ; angl. heart ; goth. hairtô ; gaél. chridhe ; sanscrit, hrid. Cœur a pris le sens de mémoire, parce qu'il s'est étendu à l'âme tout entière ; et l'on voit nettement comment il l'a pris, dans cette phrase provençale : En vostre cor devetz saber que tuit li adjectiu.... [en votre cœur devez savoir que tous les adjectifs....], Gramm. provençales, publiées par GUESSARD, p. 78. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li cuers, au régime le cuer ; au nominatif pluriel li cuer

Historique : XIe s. Se [il] son queur li purportast e soun conseil li donast Charles respont : trop avez tendre coer Mal seit du coer qui au piz [poitrine] se couarde Franc ont feru de coer et de vigur Si esclargiez vos talenz [satisfaites vos désirs] et vos coers XIIe s. Dit à son oncle son cuer et sa pensée Li emperere ot mout le cuer iré L'aigue [eau] du cuer lui est es els [yeux] montée [à] Vos compaignons [ils] feront les cuers partir Mout [il] ot le cuer dolent et irascu Du sanc qu'il laisse lui va li cuer faillant [Il] Fit sa priere de cuer, fort en pleurant Plus [j'] en auroie le cuer du ventre cla…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • cœurs — pluriel — /kœʁ/
  • cœur — singulier — /kœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cœur#16160.

coeur

nom, masculin

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (63 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. T. d’Anatomie — Viscère musculaire qui est le principal organe de la circulation du sang et qui est situé dans la poitrine. Sa forme est à peu près celle d’un cône renversé, légèrement aplati de deux côtés, arrondi vers la pointe et ovoïde au sommet. Le mouvement du coeur. Le battement, les battements du coeur. Les pulsations du coeur. La contraction, la dilatation du coeur. Avoir des palpitations de coeur. Les maladies du coeur. Une maladie de coeur. Il fut blessé, frappé au coeur. Son coeur ne battait plus que faiblement. Son coeur avait cessé de battre. Le coeur d’un animal. Un coeur de boeuf.

  2. Tant que le coeur me battra, Tant que je vivrai.

  3. Il se dit, dans un sens particulier, du Coeur considéré comme susceptible de mouvements causés par les passions. Le coeur lui bat, lui bat violemment. Son coeur palpite. Son coeur tressaillait d’aise, de joie. La joie dilate le coeur, le chagrin le resserre. épanouissement de coeur. Serrement de coeur.

  4. Il désigne quelquefois par extension la Partie de la poitrine où les battements du coeur se font sentir. Il le pressa, il le serra tendrement contre son coeur. Mettre la main sur son coeur.

  5. Il se dit souvent au figuré du Coeur regardé comme l’organe de la sensibilité morale, le siège des sentiments et des passions. Avoir le coeur navré, oppressé, serré de douleur, de tristesse. Son coeur était enflammé de colère. Avoir la rage, le désespoir dans le coeur. Avoir gros coeur. Le coeur plein d’amertume, d’indignation. Il a le coeur gros. Cela le touche au coeur. Amollir, attendrir, toucher le coeur de quelqu’un. Le coeur lui saigne. Cela me fait saigner le coeur, me fait crever le coeur. Cela me perce, me déchire, me fait fendre le coeur, me fend le coeur. Le calme rentra dans mon coeur. Mon coeur s’ouvrit à l’espérance. Il gardait cela dans son coeur. Cela est gravé dans mon coeur. Les plaisirs du coeur. Les peines du coeur. Les plaies du coeur. Avoir un poids sur le coeur.

  6. Cela va au coeur, Cela touche, émeut. Ses paroles m’allaient au coeur.

  7. Fam., De gaieté de coeur. Voyez

  8. GAIETÉ.

  9. Se ronger le coeur, et, par abréviation, S’affliger, se chagriner, se tourmenter.

  10. Avoir quelque chose sur le coeur, En avoir du ressentiment.

  11. Cela lui pèse sur le coeur, Cela lui cause du chagrin, du ressentiment.

  12. Décharger son coeur, Découvrir, déclarer avec franchise les sujets de douleur, d’inquiétude, de plainte ou de ressentiment que l’on a. Ma patience est à bout, il faut que je décharge mon coeur.

  13. Prov., Je veux en avoir le coeur net, Je veux savoir ce qu’il en est, je veux me délivrer de mes doutes sur ce fait. Je lui demanderai la cause de son refroidissement, pour en avoir le coeur net.

  14. Il désigne plus particulièrement cette Faculté de l’âme qui nous rend capables d’affection, d’amitié, d’amour, de zèle, etc. Régner sur les coeurs. Se concilier tous les coeurs. Il sut gagner tous les coeurs. Il a le coeur des peuples, des soldats. Tous les coeurs volent au- devant de lui. élever son coeur à Dieu, lui offrir son coeur. Attaché de coeur à la cause des anciens rois. J’ai fait cela de coeur et d’âme, du meilleur de mon coeur. Acceptez cela; c’est de bon coeur que je vous l’offre. Il a mis là tout son coeur. Il s’y est mis de tout coeur. Je l’aime de tout mon coeur. Le coeur d’un ami, d’un père, d’un époux, d’une mère, etc. Un coeur de père. Nos coeurs ne tardèrent pas à s’entendre. Un ami qui nous parle du coeur. Obtenir, posséder le coeur d’une personne. Donner son coeur. Disposer de son coeur. Donner son coeur et sa main. Faire don de son coeur. La paix du coeur. Un coeur fidèle. Un coeur embrasé d’amour, brûlant d’amour. Un coeur prompt à s’enflammer. Avoir le coeur tendre. Il sut trouver le chemin de mon coeur. L’union des coeurs.

  15. Fig. et fam., Son coeur commence à parler, son coeur a parlé, se dit d’une Jeune personne qui éprouve les premiers sentiments de tendresse, de préférence pour quelqu’un.

  16. Prov., Loin des yeux, loin du coeur, Ordinairement l’absence détruit ou refroidit les affections.

  17. L’ami de coeur. Ils sont amis de coeur. L’ami, l’amie du coeur, Celui, celle que l’on aime le plus tendrement.

  18. Fam., Affaire de coeur, Commerce de galanterie.

  19. Fig., Ces deux personnes ne sont qu’un coeur et qu’une âme, Elles s’entraiment beaucoup.

  20. Mon coeur, mon petit coeur, mon cher coeur, Expressions de tendresse dont on se sert en parlant à une personne que l’on aime; ou, par badinage, en parlant à une personne avec qui l’on vit familièrement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • coeurs — pluriel
  • coeur — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coeur#100836.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.