clerc

clerc

nom, féminin, /klɛʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Par opposition à laïque, toute personne qui étudie pour entrer dans l'état ecclésiastique. Dans les anciens parlements, conseiller-clerc, conseiller qui était pourvu d'une charge affectée aux ecclésiastiques. Clerc de la chapelle, ecclésiastique qui était un des officiers de la chapelle du roi. À Rome, clerc de la chambre, prélat officier de la chambre apostolique. Fig. Parler latin devant les clercs, parler de choses devant des personnes qui les connaissent mieux que vous ne les connaissez. Adjectivement.

    Il naît un autre clerc pour remplir la place — La Bruyère (1645-1696)

    Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, est déclamateur — La Bruyère (1645-1696)

  2. Autrefois, par extension, tout homme lettré ou savant. Clerc du secret, ancien nom de ceux qu'on a appelés plus tard secrétaires d'État. Adjectivement.

    Salomon qui grand clerc était — La Fontaine (1621-1695)

    M. de Châlons, qui en affaires du monde n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Celui qui travaille dans l'étude d'un notaire, d'un avoué, etc. Clerc d'huissier. Clerc de procureur. Maître clerc, principal clerc, premier clerc, le clerc qui dirige une étude. Petit clerc, jeune homme qui, dans une étude, fait les commissions et rend les petits services. Vice de clerc, faute qui, se trouvant dans un acte par l'étourderie d'un clerc, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte, et peut se corriger par ce qui suit ou précède. Cette locution vieillit. Familièrement. Pas de clerc, faute commise par ignorance ou par étourderie dans une affaire ; démarche inutile, maladroite. Compter de clerc à maître, rendre seulement compte de ce qu'on a reçu et déboursé, sans autre responsabilité.

    Aborder sans argent un clerc de rapporteur — Boileau (1636-1711)

    George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis — Boileau (1636-1711)

  4. Dans les paroisses, clerc de l'œuvre, celui qui a soin de certaines choses concernant l'œuvre de la paroisse. Autrefois, chez le roi ou chez les grands princes, clerc d'office, officier suivant les plats servis devant le roi et ayant soin des choses qui se faisaient dans l'office. Autrefois, celui qui servait quelque corps de métier et qui en faisait partie. Le clerc des orfévres. Autrefois, clerc du guet, officier du guet dans les ports de mer et sur les côtes.

  5. Autrefois, clerc d'armes, jeune gentilhomme qui apprenait les exercices militaires et qui était un novice de chevalerie. Les bons livres font les bons clercs, c'est-à-dire c'est dans les bons livres qu'on prend la science.

Étymologie : Bourguig. clor, clar ; provenç. clerc, clergue, clerge ; espagn. clerigo ; ital. chierico ; de clericus, de ϰληριϰὸς, de ϰλῆρος, clergé, proprement lot, bon lot, terme appliqué dans les premiers temps aux chrétiens par opposition aux païens, et finalement à ceux qui avaient charge de prêtrise. Régnier s'est encore servi de clergesse dans le sens de femme habile : Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li clers, et régime le clerc ; au pluriel, nominatif li cler, régime les clers.

Historique : XIe s. Ensemble od lui si clerc et si chanoine XIIe s. Li clers i vint sur un mulet amblant Faites faire erramant Vos chartres et vos briés [brefs] à clerz bien escrivanz Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon Arcevesques, evesques, e clerc de grant clergie As leis [lois] ecclesiaus deit laie leis servir ; Nulz ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir XIIIe s. Si vot li quens Gautiers que Jehans ses fius fust clers ; mais il ne le vot iestre Homs qui aime ne puet bien faire, N'à nul preu de ce mont [monde] entendre ; S'il est clers, il pert son aprendre Sel [si vo…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui est entré dans l’état ecclésiastique en recevant la tonsure. En ce sens il est opposé à Laïque ou Lai. Autrefois les clercs étaient soumis à une juridiction spéciale. Clerc tonsuré de tel diocèse.

  2. à Rome, Clerc de la Chambre, Prélat officier de la Chambre apostolique. Il y a plusieurs clercs de la Chambre.

  3. Il se disait anciennement de Tout homme gradué ou du moins lettré; d’où sont venues ces façons de parler proverbiales : Il est habile homme et grand clerc. Les plus grands clercs ne sont pas les plus fins. Il n’est pas grand clerc en cette matière.

  4. Il signifie ordinairement Celui qui travaille dans l’étude d’un notaire, d’un avoué, ou d’un huissier. Clerc d’avoué. Clerc de notaire. Clerc d’huissier. Il y a tant de clercs dans cette étude. Il m’a envoyé son clerc, un de ses clercs.

  5. Maître clerc, Le premier des clercs qui travaillent dans une étude. On dit aussi Principal clerc et Premier clerc.

  6. Petit clerc, Jeune clerc ordinairement chargé de faire les courses de l’étude. On dit aussi, par plaisanterie, Un saute-ruisseau.

  7. Prov. et fig., Pas de clerc, Faute commise par ignorance ou par imprudence dans une affaire. C’est un pas de clerc. Il fait souvent des pas de clerc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • clercs — pluriel — /klɛʁ/
  • clerc — singulier — /klɛʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée clerc#15810.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.