clameur
nom, féminin · /klamœʁ/
Usage : d'usage courant (5.32 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Ensemble de cris confus poussés par une foule, exprimant une émotion collective intense.
Une clameur s'éleva de la foule à l'entrée des joueurs.
« Justice qui fait semblant d'être vigoureuse, à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres et peut-être aux clameurs d'un peuple irrité »Bossuet (1627-1704)
« Les clameurs des soldats par la crainte étouffées »Casimir Delavigne (1793-1843)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- clameurs : pluriel · /klamœʁ/
- clameur : singulier · /klamœʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Ensemble de cris tumultueux, souvent de mécontentement, de réprobation. Une bruyante clameur. Il s'éleva une clameur universelle.
Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que ParisLa Fontaine (1621-1695)
Les bons papes trouveront l'Église en clameursPascal (1623-1662)
Réclamation à haute voix. La clameur publique, l'indignation publique. Clameur de haro, terme de pratique, qui se disait autrefois, en Normandie, de la sommation de comparaître sur-le-champ devant le juge. Voy. HARO.
Les dieux plus pitoyables à nos justes clameurs se rendent exorablesPierre Corneille (1606-1684)
La forte clameur que vous poussez pour eux vers le trône de votre filsMassillon (1663-1742)
Criaillerie. Braver les clameurs des sots. Il a trop craint les clameurs de la cabale.
Osant braver les clameurs de leur sexeJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
À ces vaines clameurs on ne répondait pasVoltaire (1694-1778)
Étymologie : Provenç. et espagn. clamor ; ital. clamore ; du latin clamorem, cri. Ajoutez : Le lat. clamare, d'où clamor, représente un ancien thème clama ou clamo, venant de calare, appeler, par syncope de l'a ; comparez nomenclator (voy. CALENDES) : cla-mor, de cla-re, comme fa-ma de fa-ri.
Historique : XIe s. Cent solz al clamur por la teste XIIe s. Les meies paroles o tes oreilles receis, sire ; entent la meie clamur Un en doit faire clamour Ne jà certes [je] n'en feïsse clamor, Se j'eüsse de moi venger puissance XIIIe s. Grains [attristé] et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour Li mestre marischaus a la joustice de tous les forfais apartenans à leur mestiers, et de toutes les clameurs qu'il i font li uns seur l'autre Je vous ains [aime], dit-il, par amors ; Si en ai fait maintes clamors Comment, par le conseil d'Amou…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Grand cri. Il se dit ordinairement des Cris confus de plusieurs personnes réunies. Clameur tumultueuse. Il s’éleva une clameur universelle. Les clameurs d’une populace mutinée. Cela excita les clameurs de l’assemblée. Les clameurs des femmes et des enfants.
Il signifie quelquefois figurément Injure, outrage. Braver les clameurs des sots. De vaines clameurs. Les clameurs de ses adversaires ne l’intimident point.
La clameur publique, L’indignation publique, manifestée de quelque manière que ce soit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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