clameur

clameur

nom, féminin, /klamœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ensemble de cris tumultueux, souvent de mécontentement, de réprobation. Une bruyante clameur. Il s'éleva une clameur universelle.

    Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que Paris — La Fontaine (1621-1695)

    Les bons papes trouveront l'Église en clameurs — Pascal (1623-1662)

  2. Réclamation à haute voix. La clameur publique, l'indignation publique. Clameur de haro, terme de pratique, qui se disait autrefois, en Normandie, de la sommation de comparaître sur-le-champ devant le juge. Voy. HARO.

    Les dieux plus pitoyables à nos justes clameurs se rendent exorables — Pierre Corneille (1606-1684)

    La forte clameur que vous poussez pour eux vers le trône de votre fils — Massillon (1663-1742)

  3. Criaillerie. Braver les clameurs des sots. Il a trop craint les clameurs de la cabale.

    Osant braver les clameurs de leur sexe — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    À ces vaines clameurs on ne répondait pas — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. et espagn. clamor ; ital. clamore ; du latin clamorem, cri. Ajoutez : Le lat. clamare, d'où clamor, représente un ancien thème clama ou clamo, venant de calare, appeler, par syncope de l'a ; comparez nomenclator (voy. CALENDES) : cla-mor, de cla-re, comme fa-ma de fa-ri.

Historique : XIe s. Cent solz al clamur por la teste XIIe s. Les meies paroles o tes oreilles receis, sire ; entent la meie clamur Un en doit faire clamour Ne jà certes [je] n'en feïsse clamor, Se j'eüsse de moi venger puissance XIIIe s. Grains [attristé] et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour Li mestre marischaus a la joustice de tous les forfais apartenans à leur mestiers, et de toutes les clameurs qu'il i font li uns seur l'autre Je vous ains [aime], dit-il, par amors ; Si en ai fait maintes clamors Comment, par le conseil d'Amou…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Grand cri. Il se dit ordinairement des Cris confus de plusieurs personnes réunies. Clameur tumultueuse. Il s’éleva une clameur universelle. Les clameurs d’une populace mutinée. Cela excita les clameurs de l’assemblée. Les clameurs des femmes et des enfants.

  2. Il signifie quelquefois figurément Injure, outrage. Braver les clameurs des sots. De vaines clameurs. Les clameurs de ses adversaires ne l’intimident point.

  3. La clameur publique, L’indignation publique, manifestée de quelque manière que ce soit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • clameurs — pluriel — /klamœʁ/
  • clameur — singulier — /klamœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée clameur#15679.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.