circulation

circulation

nom, féminin, /siʁkylasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Mouvement de ce qui chemine par un mouvement circulaire. La circulation des planètes dans l'espace.

    Les eaux font une circulation dans la terre, comme le sang circule dans le corps humain — Fénelon (1651-1715)

    Dieu fait tous les mouvements et toutes les circulations dont le temps peut être la mesure — Bossuet (1627-1704)

  2. Terme de physiologie. Circulation du sang, mouvement du sang qui, dû essentiellement à la contraction du cœur, le porte du ventricule gauche par les artères aux capillaires, des capillaires au ventricule droit par les veines, du ventricule droit par l'artère pulmonaire aux capillaires du poumon, et enfin des capillaires du poumon par les veines pulmonaires au ventricule gauche, point de départ. La circulation du sang a été découverte par Harvey, médecin anglais. Absolument, la circulation, la circulation du sang. À un point de vue général, circulation, fonction caractérisée par le transport, dans l'appareil vasculaire, du sang et de la lymphe, quelle qu'en soit la direction, et se chargeant d'une part des principes absorbés durant la digestion et l'inspiration, lesquels doivent servir à l'entretien des organes, et d'autre part des principes qui, devenus impropres à la nutrition, doivent être rejetés pendant l'expiration et dans l'urination.

    Étant sur les bancs, il fit une action d'une audace signalée, qui ne pouvait guère en ce temps-là être entreprise que par un jeune homme ni justifiée que par un grand succès, il soutint dans une thèse la circulation du sang ; les vieux docteurs trouvèrent qu'il avait défendu avec esprit cet étrange paradoxe — Fontenelle (1657-1757)

    Depuis que j'ai eu trouvé une fois la circulation du sang, c'est à qui trouvera un nouveau conduit — Fontenelle (1657-1757)

  3. Fig.

    Qu'est-ce que notre vie qu'une circulation fastidieuse de devoirs, de bienséances, d'amusements, d'inutilité ? — Massillon (1663-1742)

  4. La faculté d'aller et de venir dans les rues ou dans un pays. Gêner, entraver la circulation des personnes, des voitures. Des barricades empêchaient la circulation dans les rues.

  5. Le fait de se mouvoir ; le transport. Circulation des voyageurs et des marchandises. La circulation s'accroît sur cette route. Droit de circulation, impôt qui se perçoit à l'occasion du transport des boissons. Billet de circulation, billet qui, acheté ou accordé, permet d'aller et venir sur un chemin de fer.

  6. Terme de commerce. Mouvement, transmission des produits ou valeurs qui vont de main en main, qui passent d'un possesseur à un autre. La circulation des monnaies, des capitaux, des effets de commerce, des valeurs. La monnaie est un agent de circulation. On retira les assignats de la circulation. Entraver la circulation des immeubles. Une chose est en circulation, quoiqu'elle ne change pas de place, lorsque le possesseur est disposé à la vendre. Banque de circulation (voy. BANQUE)

    Les richesses, répandues par le faste, rentraient dans la circulation — Voltaire (1694-1778)

    Ils ont pensé que cela multipliait les richesses en augmentant la circulation — Montesquieu (1689-1755)

  7. Le mouvement par lequel des écrits, des livres, des nouvelles se répandent dans le public. Arrêter la circulation d'un écrit dangereux. Mettre en circulation de fausses nouvelles. La circulation des idées, la propagation des idées. Mettre une idée nouvelle en circulation.

  8. En termes de chimie, circulation, l'élévation ou la chute des vapeurs d'une liqueur agitée par le feu.

  9. Circulation de l'air, mouvement qui fait que l'air se renouvelle dans les lieux clos. La circulation de l'air dans un hôpital.

Étymologie : Circulatio, de circulari (voy. CIRCULER).

Historique : XIVe s. Contraire à la circulation qui commence de A et procede l'autre voie par G et puis par B et revient à A XVIe s. Et consequemment toutes les circulations et rotonditez estoyent faites en appetissant Les dits ruisseaux feront en eux certaines circulations, qui causeront des petites isles fort plaisantes

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de circuler. La circulation du sang. Ce malade souffre d’une mauvaise circulation. La circulation de la sève dans les plantes.

  2. Il signifie par extension le Fait d’aller et de venir. Dans ce sens, il ne se dit guère qu’en parlant de la Voie publique. La circulation du public. Gêner, empêcher la circulation des piétons, des voitures. Les accidents de la circulation. La circulation s’accroît sur cette ligne de chemin de fer. On dit quelquefois dans un sens analogue La circulation de l’air.

  3. Droit de circulation, Impôt qui se perçoit à l’occasion du transport des boissons.

  4. La circulation de l’argent, des effets de commerce, des capitaux, etc., Le mouvement de l’argent, des effets de commerce, des capitaux, etc., qui passent d’une main à l’autre. On dit en ce sens Mettre des espèces, des billets en circulation. Favoriser la circulation.

  5. Par extension, Mettre un écrit en circulation, Le répandre, le livrer au public. On dit aussi Arrêter la circulation d’un écrit dangereux, etc.

  6. Fig., Mettre en circulation des idées nouvelles, Les répandre dans le public.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • circulations — pluriel — /siʁkylasjɔ̃/
  • circulation — singulier — /siʁkylasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée circulation#15528.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.