ciel
interjection
Grammaire et formes (1)
- ciel — forme de base
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ciel#127794.
interjection
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ciel#127794.
nom, masculin, /sjɛl/
Espace visible au-dessus de nos têtes, où se meuvent les astres et les nuages.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (22 sens)
s. m.
Espace que nous apercevons étendu au-dessus de nos têtes en forme de voûte et circonscrit par l'horizon. Le ciel est pur. Le ciel est chargé. Ciel changeant. Ciel menaçant. Un ciel gris, sombre. Le ciel bleu. La voûte du ciel ou des cieux. On ne voit ni ciel ni terre, se dit de ténèbres fort épaisses. On dit de choses fort différentes, qu'elles sont éloignées comme le ciel et la terre. Entre terre et ciel, dans l'air. Couleur bleu de ciel. Sous le ciel, sur la terre. Élever quelqu'un jusqu'au ciel, le louer avec excès. Le Fils du ciel, l'empereur de Chine. Le ciel inférieur, la Chine.
La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voile — Lamartine (1790-1869)
Un monde est assoupi sous la voûte des cieux — Lamartine (1790-1869)
Terme d'astronomie ancienne. Les diverses sphères cristallines et concentriques à la terre que les anciens avaient supposées pour expliquer les mouvements apparents des astres. Le ciel de la lune. Le ciel de Jupiter. Les anciens ne s'accordaient pas sur le nombre de ces ciels. Ils en avaient d'abord sept pour les sept planètes, la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Après ceux-là venait le ciel des étoiles fixes, qu'on appelait aussi empyrée, ou premier mobile, comme donnant le mouvement à tout ; ou firmament, comme enveloppant ou affermissant tout l'univers. Plus tard on imagina sous le nom de premier ou second cristallin des ciels intermédiaires entre le firmament et le ciel de Saturne pour expliquer divers mouvements nouvellement observés. Plus tard enfin, au XVIe siècle et au commencement du XVIIe, avant que le système de Copernic triomphât définitivement, on réduisit toutes ces sphères à trois, une pour les planètes (qui en contenait réellement sept), une pour les étoiles fixes, et une autre fort mal déterminée à laquelle on laissa le nom d'empyrée. Familièrement. Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit pour se moquer d'une supposition absurde. Tomber du ciel, se dit d'une chose ou d'une personne qui arrivent tout à fait à l'improviste et qui d'ordinaire apportent quelque chose de très avantageux. Ce secours tombait bien véritablement du ciel. On l'avait regardé comme tombé du ciel pour cela. Être ravi au troisième ciel, au septième ciel, éprouver une vive joie.
Comme le ciel mobile, éternel en son cours, Fait les siècles, les ans et les mois et les jours — Mathurin Régnier (1573-1613)
Tous ces ciels étaient supposés solides, et de là ces expressions-ci : Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Dans l'astronomie moderne, l'espace immense dans lequel les astres accomplissent leurs révolutions : à ce point de vue, la terre, étant une planète, est dans le ciel.
Par delà tous ces cieux le dieu des cieux réside — Voltaire (1694-1778)
L'ensemble des constellations qui parent le ciel. Les influences du ciel, les prétendues influences qu'on attribuait aux astres sur la destinée humaine.
Les Égyptiens ont trouvé cette grande année qui ramène tout le ciel à son premier point — Bossuet (1627-1704)
Et qui guide les cieux et leur course rapide ? — La Fontaine (1621-1695)
Air, atmosphère, climat. Essuyer l'inclémence du ciel et des saisons. Vous y trouverez un ciel toujours pur et serein. Fig. Terme de marine. Ciel fin, ciel clair et sans nuage. Ciel gros, ciel couvert de gros nuages. Le ciel se hausse, il s'éclaircit. Le feu du ciel, la foudre. Un ciel d'airain, des cieux d'airain, un temps sec et sans pluie, et qui dure depuis assez longtemps pour que les biens de la terre en souffrent Fig. Un ciel d'airain, les rigueurs inexorables du destin. Familièrement. Remuer ciel et terre, faire tous ses efforts pour arriver à un but.
Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, Sous un ciel étranger comme moi transplantées — Jean Racine (1639-1699)
Cherchant avidement sous un ciel étranger.... — Jean Racine (1639-1699)
Terme de théologie. Le séjour des bienheureux. Ne désirer que le ciel. Les joies du ciel. Voir les cieux ouverts, ressentir une indicible joie. Fig. Les choses, les puissances célestes, divines, Dieu, la Providence. Les dons, les bénédictions du ciel. Grâce ou grâces au ciel, exclamation par laquelle on se félicite de quelque chose d'heureux. Ciel ! ô ciel ! juste ciel ! justes cieux ! exclamations qui expriment l'admiration, la joie, la douleur, la crainte, etc.
Je prétendais autant qu'aucun autre à gagner le ciel — Descartes (1596-1650)
L'honneur leur appartient d'avoir ouvert la porte à quiconque osera, d'une âme belle et forte, Pour vivre dans le ciel, en la terre mourir — Malherbe (1555-1628)
La piété, la vertu pieuse.
La tendre hypocrisie, aux yeux pleins de douceur, Le ciel est dans ses yeux, l'enfer est dans son cœur — Voltaire (1694-1778)
Venez, enfants du ciel, orphelins sur la terre ; Il est encor pour vous un asile ici-bas — Lamartine (1790-1869)
Terme de peinture. Partie d'un tableau qui représente le ciel. Ce peintre fait bien les ciels. Aspect particulier du ciel de tel ou tel pays. Ce peintre reproduit bien les ciels de l'Italie.
Le couronnement, le haut d'un lit. Des ciels de lit. Le dais qu'on porte au-dessus du St-Sacrement. Le haut, le plafond d'une carrière. Des infiltrations percent les ciels de carrière. Carrière à ciel ouvert, carrière qu'on exploite en enlevant à fur et à mesure la terre qui recouvre le gisement. Dans les machines à vapeur, le dessus d'un fourneau. Le pluriel est aussi ciels.
Elle n'eut.... Autre ciel pour objet que le ciel de son lit — Mathurin Régnier (1573-1613)
Dieu les amincissant [les contours des blocs de rocher] en immenses spirales Les sculpte comme un lustre au ciel des cathédrales — Lamartine (1790-1869)
Étymologie : Picard, ciu ; bourguig. cier ; bressan, ciar ; franc-comtois, cié ; wallon, sîr ; provenç. cel ; espagn. et ital. cielo ; du latin cœlum, qui se rattache au grec ϰοῖλος, creux (car l'orthographe cælum paraît devoir être rejetée). Notre pluriel cieux est le cas régime, dans l'ancien français le nominatif pluriel étant li ciel.
Historique : Xe s. Qu'elle Deo raneiet [renie], chi maent [demeure] sus en ciel XIe s. N'a tel vassal sous la cape du ciel Souz cel n'i a plus encrismé felon Mors est Rolans ; Deus en a l'ame es cels XIIe s. Qui fit le ciel et la terre et la mer Charles regarde amont vers les hauz ciez [Je] N'en donroie le desir Pour tout l'avoir dessouz ciel XIIIe s. Dame, merci, pour Dieu qui fit ciel et rosée Comment diable ! estes vos tiex [tel] ? Quidiez-vos monter as sainz ciex, Avec Dame Dieu là amont ? Il sembloit que ce fust uns anges, Qui fust tantost venu du ciau Des roses i ot grans monciaus ; Si beles ne vit h…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
n. m.
(Au pluriel CIEUX et quelquefois CIELS.) Espace indéfini dans lequel se meuvent tous les astres. Il désigne spécialement dans le langage courant la Partie de cet espace que nous voyons au-dessus de nos têtes. Les étoiles du ciel. Le ciel est bien étoilé. Tout ce qui est sous le ciel. Lever les yeux au ciel. Lever les mains au ciel. L’immensité des cieux. On ne voit ni ciel ni terre.
Fig., La voûte du ciel, des cieux, Le ciel, le firmament.
Ces choses sont éloignées comme le ciel et la terre, se dit de Deux choses entre lesquelles il y a une très grande différence.
Tomber du ciel, se dit d’une Personne ou d’une Chose qui arrive tout à fait à l’improviste. Cet homme est tombé du ciel pour nous venir en aide. Ce secours nous est tombé du ciel.
Fig. et fam., Remuer ciel et terre, Faire tous ses efforts, employer toutes sortes de moyens pour parvenir à quelque chose.
Il se dit aussi de Chacun des cercles concentriques à la terre où, suivant les anciens, se mouvaient les planètes et les étoiles. Les cieux des planètes. Le ciel empyrée. Le ciel de la lune. Le ciel de Mars, etc. C’est par allusion à cette idée qu’on dit : Saint Paul fut enlevé au troisième ciel.
Fig. et fam., être ravi au troisième ciel, au septième ciel, éprouver une satisfaction très vive, une grande joie.
Fig. et fam, élever quelqu’un jusqu’au ciel, jusqu’au troisième ciel, Le louer extraordinairement.
Il se prend quelquefois pour les Astres, et dans ce sens on dit Les influences du ciel, Les prétendues influences des astres.
Il se prend aussi pour l’Air, l’atmosphère. Ciel serein. Ciel clair, pur. Ciel gris, sombre. Ciel doux. Ciel changeant. Un ciel chargé de nuages. Le ciel s’éclaircit. Un ciel sans nuages. La rosée du ciel. Les oiseaux du ciel. L’état du ciel. Le feu du ciel, La foudre. L’azur du ciel. L’inclémence du ciel.
Couleur bleu de ciel, Couleur d’un bleu tendre.
Fig., en termes d’écriture sainte, Un ciel, des cieux d’airain. Voyez
AIRAIN.
Fig., Un ciel de plomb, Un temps lourd et orageux.
Il désigne aussi, tant au singulier qu’au pluriel, le Séjour des bienheureux, le Paradis. Gagner le ciel. Le royaume des cieux. Notre- Seigneur monta aux cieux. Lucifer fut précipité du ciel. La pratique de l’évangile est le chemin du ciel.
Fig., Voir les cieux ouverts, Avoir une grande joie, se trouver dans un grand bonheur.
Il se dit par extension pour la Divinité, la Providence. Grâces ou grâce au ciel. Offenser le ciel. Invoquer le ciel. Le ciel irrité. Le ciel l’a voulu. C’est un arrêt du ciel. C’est un coup du ciel. Le ciel vous soit propice! Le ciel m’est témoin. Aide-toi, le ciel t’aidera. Fasse le ciel qu’il en soit ainsi! Ciel! ô ciel! ô juste ciel! Dans ce sens, il n’est guère d’usage au pluriel qu’en poésie.
Les mariages sont faits au ciel, Ils sont résolus par la Providence. Cela était écrit au ciel, La Providence avait résolu que cela serait. On dit de même La destinée des hommes est écrite au ciel.
Il se dit encore par extension pour Climat, pays. Un ciel tempéré. Un beau ciel. Le ciel de l’Italie. Changer de ciel. Vivre sous un ciel étranger, sous un ciel inconnu.
Par analogie, il se dit d’un Châssis qu’on fixe au dessus d’un lit pour y suspendre les rideaux. Un ciel de lit. Dans cette acception et dans les deux suivantes, on dit CIELS, et non pas CIEUX, au pluriel.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ciel#15382.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.