chien

chien

adjectif, /ʃjɛ̃/

Grammaire et formes (4)
  • chiennes — pluriel féminin — /ʃjɛnə/
  • chiens — pluriel masculin — /ʃjɛ̃/
  • chienne — singulier féminin — /ʃjɛnə/
  • chien — singulier masculin — /ʃjɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chien#14888.

chien

nom, masculin, /ʃjɛ̃/

Définitions

  1. Mammifère carnivore domestique, proche du loup, élevé notamment pour la garde, la chasse ou la compagnie.

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  2. Pièce d'une arme à feu qui percute l'amorce et déclenche le tir.

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  3. Attrait séduisant et légèrement provocant d'une personne, souvent associé à un charme espiègle ou malicieux.

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Voir aussi : forme féminine chienne

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (46 sens)

Littré (1873)

s. m. (le mâle), s. f. (la femelle)

  1. Quadrupède domestique, le plus attaché à l'homme, gardant sa maison et ses troupeaux, et l'aidant à la chasse. Chien de garde. Chien de berger. Chien de Malte. Chien de Terre-Neuve, grand chien à long poil, aimant à aller à l'eau. Chien danois, grande espèce de dogue. Chien de St-Bernard, grande espèce de chien des Alpes. Chien de trait, chien habitué à traîner de petites voitures. Chien de manchon, chien de petite espèce que les dames portent dans leur manchon. Chien d'Artois, sorte de chien camus ; d'où la locution camus en chien d'Artois, pour signifier confus, désappointé. Chien-lion, sorte de chien qui paraît provenir du croisement entre l'épagneul et le petit danois. Chien traître, chien qui mord sans aboyer. Chien fou, nom que l'on donne quelquefois au chien atteint de la rage ; et fig. Maigre comme un chien fou. Chien savant, chien dressé à certains exercices. En termes de l'Écriture, il retourne comme le chien à son vomissement, se dit de celui qui retombe dans ses vices.

    Ce chien, voyant sa proie en l'eau représentée, La quitta pour l'image et pensa se noyer — La Fontaine (1621-1695)

    Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame — La Fontaine (1621-1695)

  2. Chien de chasse, chien dont l'homme se sert pour prendre le gibier. Chien courant, chien qui chasse les bêtes à la course. Chien couchant ou chien d'arrêt, chien qui arrête le gibier. Chien d'aiguail, chien qui n'est bon que le matin. Chien allongé, chien qui a les doigts étendus par quelque blessure. Chien à belle gorge, chien qui crie bien. Chien buté, chien qui a la jointure de la jambe fort grosse. Chien sage, chien qui ne s'emporte pas après le gibier. Fig. Faire le chien couchant, flatter bassement quelqu'un pour gagner ses bonnes grâces. On dit de même : c'est un bon chien couchant. Rompre les chiens, les arrêter, les détourner de la voie ; et, figurément, rompre brusquement une conversation embarrassante.

    Mais le mari rompait les chiens — La Fontaine (1621-1695)

    Le duc de Tresmes voulut rompre les chiens plus d'une fois ; à toutes Caumartin l'arrêtait, haussait le ton et continuait — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Locutions diverses. Être comme un chien d'attache ou à l'attache, être assujetti à un travail continuel. N'être pas bon à jeter aux chiens, en parlant des personnes, ne valoir rien du tout. Jeter sa langue aux chiens, renoncer à deviner quelque chose. Jeter ou donner sa part aux chiens, faire fi de quelque chose ; et avec un sens contraire, ne pas jeter sa part aux chiens. Jeter ses louanges aux chiens, les prodiguer mal à propos. Droit comme la jambe d'un chien, se dit d'une chose tortue. Battre quelqu'un comme un chien, étriller quelqu'un en chien courtaud, le battre très fort. Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors, il fait un temps affreux. Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, c'est-à-dire cela ne vaut absolument rien, puisqu'un chien n'est pas ferré. C'est saint Roch et son chien, c'est-à-dire ces deux personnes vont toujours ensemble. Venir là comme un chien dans un jeu de quilles, arriver très mal à propos dans une société, y être très mal reçu. On dit dans le même sens : recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles. Fig. Fréquenter le chien et le chat, fréquenter toute sorte de personnes. Fig. Battre le chien devant le lion, ou devant le loup, réprimander une personne inférieure devant une personne supérieure, à qui cela doit servir de leçon. Entre chien et loup, à petit jour, le soir ou le matin, c'est-à-dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. Substantivement. Fig. Leurs chiens ne chassent pas ensemble, c'est-à-dire ces personnes ne sont pas en bonne intelligence. Vivre comme un chien, vivre dans la débauche et le libertinage. Mourir comme un chien, mourir dans le mépris et l'abandon, et aussi sans avoir reçu les sacrements. Mener une vie de chien, mener une vie pénible et misérable. Il est fou comme un jeune chien, se dit d'un jeune garçon étourdi et folâtre. Il est fait à cela comme un chien à aller à pied, à aller nu-tête, c'est-à-dire il est tout à fait accoutumé, endurci à une chose. Entrez, nos chiens sont liés, se dit à quelqu'un pour le prévenir qu'il peut aller de l'avant, n'y ayant aucun risque. C'est une charrue à chiens, ce sont des associés qui n'avancent pas, ne font rien de bon ni d'utile. Ils s'accordent, ils vivent comme chiens et chats, c'est-à-dire ils sont toujours en querelle.

    On ne me trouve pas bonne à jeter aux chiens — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Ne sauriez-vous le deviner ? jetez-vous votre langue aux chiens ? — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Fig. et familièrement, un individu qu'on maltraite, qu'on méprise. C'est un chien. Pour cet homme orgueilleux les domestiques sont des chiens. Populairement, une personne rude et sévère. Quel chien ! Il n'est pas trop chien avec (ou pour) ses ouvriers. C'est un mauvais chien. Populairement et bassement. Cela n'est pas tant chien, cela n'est pas trop mauvais.

    Que je suis un grand chien ! Parbleu je te saurai, Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai — Regnard (1655-1709)

    M. le duc de Villars ne s'y connaît-il point ? ma nièce est-elle sans goût ? suis-je un chien ? que coûte-t-il d'essayer ce qui fait chez nous le plus grand effet ? — Voltaire (1694-1778)

  5. Chien de, avec les noms masculins, chienne de, avec les noms féminins, locution qui se dit, par une sorte de dépréciation, des personnes et des choses. Un chien d'homme. Une chienne de femme. Chien de chrétien, dénomination injurieuse que les musulmans donnent aux chrétiens. De chien, même sens. Un temps de chien. Une pluie de chien. Querelle de chien, bruit de chien, train de chien, grande querelle, grand bruit.

    Quelle chienne de mine vous a-t-il faite ? — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Moi j'aurais de l'amour pour ta chienne de face — Molière (1622-1673)

  6. Terme de zoologie. Genre de mammifères auquel le chien appartient. Le loup, le chacal sont des chiens.

  7. Nom de différents animaux qui n'appartiennent pas au genre chien. Chien crabier, un des noms donnés au chien cancrivore (digitigrades), appelé chien des bois par Buffon, dit aussi raton. Chien-rat, mangouste du Cap. Chien d'eau, cabiai. Chien de mer, chien marin, nom vulgaire de la grande roussette (scyllium canicula).

  8. Terme d'astronomie. Le Grand et le Petit Chien, constellations de l'hémisphère austral. Chiens de Chasse, petite constellation boréale entre la Grande Ourse et le Bouvier.

  9. Chien de faïence, petite figure de chien qui se mettait souvent sur les cheminées, une d'un côté, l'autre de l'autre. De là la locution, se regarder en chiens de faïence, c'est-à-dire se regarder fixement et d'un air surpris ou hébété.

  10. Chien de fusil, pièce qui tient la pierre d'une arme à feu, et dans les armes à percussion, pièce qui vient frapper la capsule et en produit l'inflammation. Sorte de sergent de tonnelier. Fer plat du métier à tisser. Sorte de chariot ou de brouette dans les mines. Brosse des blanchisseuses, faite ordinairement de chiendent. En termes de marine, sorte de grappin.

Étymologie : Picard, kien, et, dans le Santerre, tchèn ; rouchi, tien ; wallon, chen ; Berry, chen, chin ; chian, chine, chienne ; Saintonge, chein, et cheune, chienne ; bourguig. chen ; provenç. can ; ital. cane ; du latin canis ; au même radical appartiennent le gaélique cu, le bas-breton kî, le gothique hunts (allemand Hund, anglais hound), le lithuanien szu, le zend çpa, le sanscrit svan.

Historique : XIe s. Vous lui durrez [donnerez] ours et lions et chens XIIe s. Mult par fu fel, orrible et chien ; Suz [sous] ciel n'out si mal crestien Muetes de chiens lui donez pour chasser Dunc veïssiez entr'els les beaubelez [bijoux] duner, E les chiens enveier, e les oisaus porter XIIIe s. Il fait trop bon le chien chuer, Tant qu'on ait la voie passée Cum chien honteus en un coignet Si l'en envoie sanz targier As chiens de mer et as balaines Conter les noveles certaines En un carrefour [il] fist un feu Lez un cerne entre chien et leu [loup] Ki volentiers fiert vostre chien, Ja mar crerés qu'il vus ain…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Quadrupède domestique digitigrade, de l’ordre des Carnassiers. Chien de berger. Chien de Terre-Neuve. Le museau, la gueule, les pattes d’un chien. Les aboiements d’un chien. Chien de basse-cour. Chien de garde. Tenir un chien à l’attache, en laisse. Jeter un os à un chien. Chien de chasse. Chien couchant. Chien d’arrêt. Chien courant. Dresser un chien. Chien de luxe. Coupler, découpler les chiens. Chien hargneux. Chien enragé.

  2. Chien savant, Chien dressé à certains exercices qui semblent exiger plus que de l’instinct.

  3. Rompre les chiens. Voyez

  4. ROMPRE.

  5. Fig., Il est fou comme un jeune chien, se dit d’un Jeune garçon étourdi et folâtre.

  6. Fig., Il est là comme un chien à l’attache, comme un chien d’attache. Voyez

  7. ATTACHE.

  8. Fig., Il fait cela comme un chien qu’on fouette, Il fait cela de fort mauvaise grâce.

  9. Fig. et fam., Battre quelqu’un, traiter quelqu’un comme un chien, Le traiter fort mal.

  10. Prov. et fig., C’est le chien de Jean de Nivelle, il s’enfuit quand on l’appelle, se dit de Quelqu’un qui s’éloigne, qui s’en va quand on veut le retenir.

  11. Fig., Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors, Il pleut à verse, il fait un temps affreux.

  12. Fig. et fam., Mourir comme un chien, Mourir dans un coin, sans l’assistance de qui que ce soit. Il signifie aussi Mourir sans vouloir témoigner le moindre repentir de ses fautes. être enterré comme un chien, être inhumé sans aucun appareil, sans aucune cérémonie religieuse.

  13. Mener une vie de chien, Mener une vie misérable. Se donner un mal de chien, Se donner beaucoup de peine au travail. C’est un métier de chien, Profession laborieuse qui donne beaucoup de peine. On dit aussi, en faisant du Chien une sorte d’adjectif uni à un nom par la préposition de, Une chienne de vie. Un chien de métier. Un chien de temps. Une chienne de mine.

  14. Fig. et fam., Cela ne vaut pas les quatre fers d’un chien. Voyez

  15. FER.

  16. Fig. et fam., C’est saint Roch et son chien, se dit de Deux personnes qu’on voit toujours ensemble.

  17. Prov. et fig., Qui m’aime, aime mon chien. Voyez

  18. AIMER.

  19. Fig. et fam., Ils s’accordent, ils vivent comme chien et chat. Voyez

  20. CHAT.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • chiens — pluriel — /ʃjɛ̃/
  • chien — singulier — /ʃjɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chien#14887.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.