cheveu
nom, masculin, /ʃəvø/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. m.
Poil particulier à la partie de la peau qui recouvre le crâne dans l'espèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bouclés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux. Cheveux d'ébène. Fin comme un cheveu. Les cheveux comme les ongles n'acquièrent de l'accroissement que du côté de la racine. Familièrement. Il ne lui a pas touché un cheveu, se dit pour exprimer qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre. C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux, se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage, réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vulgaire attribue aux excès une calvitie prématurée. Être coiffé en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux arrangés de telle ou telle façon. Dans le même sens, être en cheveux. On dit aussi, sans le verbe être : Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en cheveux. Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la tête, mais qui y sont appliqués en tresses, tours ou perruques. Tour de cheveux, bandeaux de faux cheveux que les femmes portaient par devant en place des leurs. Se prendre aux cheveux, se dit de gens qui, dans une rixe, se saisissent par les cheveux. Ils se prennent, ils se tiennent aux cheveux. Fig. Se prendre aux cheveux, discuter avec une grande animosité. Prendre une occasion aux cheveux, ne pas la manquer. Locution qui vient de ce que les anciens représentaient l'occasion chevelue par devant et chauve derrière ; lorsqu'on l'avait laissée passer, on ne pouvait plus la saisir par les cheveux. S'arracher les cheveux, arracher ses cheveux ; et fig. Être en proie à un violent désespoir. Faire dresser les cheveux à la tête, ou, simplement, faire dresser les cheveux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la tête, je suis saisi d'horreur. Familièrement. Il ne s'en faut pas de l'épaisseur d'un cheveu, il s'en faut très peu. Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser. Raisonnement tiré par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement déduit. Populairement, avoir de beaux cheveux se dit ironiquement pour être dans une position ou un état misérable, même en parlant des choses.
Les Gaulois portaient de grands cheveux ; mais quand la monarchie française fut bien établie, les Français les portaient courts, et il n'y avait que les rois et les princes du sang qui les portassent longs — Adolphe Thiers (1797-1877)
Les ridicules aventures D'un amoureux en cheveux gris — Malherbe (1555-1628)
S. m. plur. Terme de botanique. Cheveux d'évêque, la raiponce. Cheveux de Vénus, l'adiante de Montpellier. Cheveux de la Vierge, plusieurs espèces de byssus et aussi la fleur de la viorne. Cheveux de la Vierge, se dit quelquefois improprement pour fils de la Vierge. Cheveux de paysan, chicorée sauvage nommée à Paris barbe de capucin.
Cheveux d'ange, espèce de confiture d écorce de citron ou de cédrat.
Terme de marine. Lever une ancre par les cheveux, la lever à l'aide de son orin.
Étymologie : Wallon, chevè ; namur. chefia ; picard, cavieu ; provenç. cabelh ; catal. cabell ; espagn. cabello ; ital. capello ; du latin capillus, cheveu. Dans le vieux français, nominatif singulier chevels, cheveus, régime chevel.
Historique : XIe s. Jusqu'à la terre li chevoel lui balient [balayent] [Elle] trait ses chevels, si se clame chetive XIIe s. Et la roïne qui ot les chevols blons Tres qu'es chevols li est li brans couru Elle comence ses cheveuz à tirer [Dame] Bele et gente et avenant, Cheveus blons, sourcis plaisans Rogiers del Punt l'Evesque n'i pout sun quer [cœur] celer : Thomas, Thomas, fait-il, mar m'i faites passer ; à vostre chief ferai mal chevex atorner Cil comença à pensier à son aage, à ses cheveus qui estoient chanu XIIIe s. Et les cheveus plus blons que onques n'eut Helaine Mainte paume batue, et mains cheveus…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Poil de la tête. Il ne se dit qu’on parlant de l’homme. Cheveux plats, frisés. Cheveux blonds, bruns, noirs, châtains, roux, cendrés, gris, blancs. Ses cheveux commencent à grisonner, ont blanchi. Cheveux crépus. Porter les cheveux longs, courts. Faire couper, faire rafraîchir ses cheveux. Se faire couper les cheveux. S’arracher les cheveux de douleur, de désespoir. Une touffe de cheveux. Une poignée de cheveux. Une tresse, une boucle de cheveux.
être en cheveux se dit d’une Femme qui est coiffée sans avoir de chapeau.
Fig., Fendre un cheveu en quatre, Faire des distinctions, des divisions subtiles. On dit abusivement Couper les cheveux en quatre.
Fig., Cela fait dresser les cheveux sur la tête, fait dresser les cheveux, Cela fait horreur. On dit aussi Les cheveux me dressent sur la tête.
Fam., Ils étaient près de se prendre aux cheveux, Ils étaient fort animés l’un contre l’autre, ils étaient près de se battre.
Fig., Prendre l’occasion aux cheveux, Saisir l’occasion, en profiter.
Fig. et fam., Cette comparaison, cette interprétation, ce raisonnement, cette pensée est tirée par les cheveux, Elle est amenée, elle est présentée d’une manière peu naturelle et forcée.
Fig., Ne tenir qu’à un cheveu, se dit d’une Chose qui est tout à fait sur le point d’arriver. Le succès de cette affaire n’a tenu qu’à un cheveu. On dit dans le même sens Il ne s’en est fallu que de l’épaisseur d’un cheveu.
Fig. et fam., Cela vient comme des cheveux sur la soupe, se dit d’une réflexion, d’une interruption dans un entretien, où elle est sans aucun rapport avec ce dont on parle.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cheveux — pluriel — /ʃəvø/
- cheveu — singulier — /ʃəvø/
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