s. m.
Citoyen du deuxième des trois ordres dans la république romaine. Romulus partagea le peuple en patriciens, chevaliers et plébéiens. Ce nom leur fut donné parce que les chevaliers avaient un cheval entretenu aux frais de l'État. À la fin de la république les chevaliers avaient la ferme des revenus publics. Cicéron appartenait à l'ordre des chevaliers.
Au moyen âge, celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie. Le chevalier se disait miles dans le latin du moyen âge. Armer quelqu'un chevalier, le recevoir chevalier, cérémonie dans laquelle on remettait au nouveau chevalier ses armes, ce qui se disait dans l'ancienne langue l'adouber. Chevalier errant, chevalier qui allait par le monde se présenter aux tournois, jouter contre tout venant, et ainsi acquérir los et renom. Fig. Se faire le chevalier de quelqu'un, prendre sa défense avec chaleur. Le chevalier d'une dame, celui qui lui rend des soins assidus.
Des chevaliers français tel est le caractère — Voltaire (1694-1778)
Ferons-nous d'Émile un chevalier errant, un paladin ? — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Membre d'un ordre religieux et militaire. Les chevaliers du Temple, de Malte.
Celui qui a obtenu la décoration d'un des ordres institués par un souverain ; et, spécialement, celui qui a le dernier grade dans les ordres qui en comptent plusieurs. Chevalier de la Légion d'honneur. Chevalier des ordres du roi, chevalier de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Chevalier de l'ordre du roi, chevalier de Saint-Michel. Chevalier de l'ordre, chevalier du Saint-Esprit. Chevalier est un titre de noblesse au-dessous de baron en France, et de baronnet en Angleterre. Votre fils le chevalier.
Chevalier d'honneur, le principal officier de la maison de la reine ou d'une princesse, chargé de lui donner la main quand elle sort ; et même quelquefois celui qui accompagne une dame, qui lui donne le bras.
Si j'avais l'honneur insigne d'être le chevalier d'une aussi charmante femme que madame Gastoul — Charles de Bernard (1804-1850)
Anciennement, chevaliers ès lois, ceux qui avaient obtenu le titre de chevalier à cause de leur capacité dans la jurisprudence. Les chevaliers ès lois prenaient le titre de maîtres. Chevalier d'honneur, conseiller d'épée, qui avait séance et voix délibérative dans les cours souveraines.
Chevalier du guet, commandant d'une compagnie de gardes qui faisaient le guet.
Fig. Chevalier d'industrie, homme qui vit d'expédients, escroc.
Grand auteur de la confrérie Des chevaliers de l'industrie, Adorable roi de Tunis.... En moi, ton pauvre Lazarille.... Influe un trait de ta clarté
Vous vous faites nommer monsieur le chevalier, Et vous êtes de ceux dont la chevalerie N'eut jamais à Paris d'ordre que l'industrie — MONTFLEURY
Chevaliers de l'arc ou de l'arquebuse, bourgeois formés en compagnie et s'exerçant au tir de l'arc ou de l'arquebuse.
Je l'ai vu cette nuit, ce charmant petit dieu [l'Amour] ; il planait dans les airs ; il était à la tête de toutes les brigades des chevaliers de l'arquebuse — Dancourt (1661-1725)
Chevalier s'est dit autrefois au jeu des échecs pour cavalier.
Terme de chasse. Petit chevalier, bécasseau.
Ombre-chevalier, ou, simplement, chevalier, poisson du genre salmone.
Au féminin, chevalière, femme qui a le rang de chevalier, ou épouse d'un chevalier. Ce terme n'est guère employé que dans le style badin. Fig.
Voilà notre famille fort anoblie ; mon capitaine fera aussi ma sœur chevalière ; il lui donnera tantôt l'accolade — Dancourt (1661-1725)
Je suis son chevalier, elle est ma chevalière — Dancourt (1661-1725)
Bague à la chevalière, ou, simplement, chevalière, anneau large et plat.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).