cheval
nom, masculin, /ʃəval/
Définitions
Grand mammifère domestique à crinière, utilisé comme monture ou comme animal de trait.
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Activité sportive ou de loisir consistant à monter cet animal.
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Unité servant à évaluer la puissance d'un moteur.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (34 sens)
Littré (1873)
s. m.
Animal domestique de la famille des solipèdes, qu'on emploie à tirer ou à porter. Cheval de charrette, de carrosse, de main, de bataille. La bouche d'un cheval. Panser, étriller, ferrer, seller, brider un cheval. Un cheval fin, ardent, plein de feu, souple, léger à la main, obéissant. Cheval qui porte bien sa tête. Un cheval vicieux, ombrageux, pesant à la main. Cheval de relais, cheval tout préparé dans les postes pour prendre la place de celui qui vient de faire une traite. Cheval de service, dans le langage de la féodalité, cheval dû par le vassal au seigneur. Tirer un criminel à quatre chevaux, écarteler un criminel, en attachant un cheval à chacun de ses membres. Fig. N'avoir ni cheval ni mule, être fort gueux. Chercher quelqu'un à pied et à cheval, faire toutes les diligences pour le trouver. C'est un cheval échappé, c'est un jeune homme qui n'écoute ni autorité ni conseil. C'est un vrai cheval à la besogne, c'est un homme dur à la peine, grand travailleur. Fig. et familièrement. Cheval de carrosse, cheval de bât, gros cheval, ou, simplement, cheval, homme rude, grossier, intraitable. C'est un vrai cheval. Fig. C'est le cheval de bât, se dit d'un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne. Dans le pas d'un cheval, c'est-à-dire facilement, sans peine, sous les pieds. Aux enseignes des hôtelleries, un tel loge à pied et à cheval, c'est-à-dire un tel donne le logement aux hommes et aux chevaux. Fig. C'est son cheval, son grand cheval de bataille, c'est l'argument dont il s'appuie, l'idée à laquelle il est attaché. Monter sur ses grands chevaux, prendre les choses avec résolution, avec hauteur, se gendarmer ; locution venue de ce que les chevaliers allant en guerre et chevauchant sur de petits chevaux montaient, pour combattre, sur de grands chevaux. Brider son cheval par la queue, s'y prendre à contre-sens dans une affaire. Fièvre de cheval, fièvre violente. Médecine de cheval, médicament très fort. Familièrement. Écrire à quelqu'un une lettre à cheval, écrire une lettre où on le gourmande vertement.
De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant — Jean Racine (1639-1699)
J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils Traîné par les chevaux que sa main a nourris — Jean Racine (1639-1699)
Homme de cheval, un cavalier. Une troupe de gens de cheval. Monter à cheval signifie quelquefois apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Mettre quelqu'un à cheval, lui enseigner l'équitation. C'est un tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. En termes de manége, cheval de deux cœurs, celui qui ne se manie que par contrainte. Cheval dans la main, celui dont l'encolure, la tête et le corps sont dans un parfait équilibre. Cheval entier à une main, celui qui refuse de tourner d'un côté. Cheval de pas, celui qui va un grand pas fort à l'aise.
Soit de gens de cheval ou soit de gens de pied — RÉGN.
Il n'y avait point de meilleurs hommes de cheval que les Égyptiens — Bossuet (1627-1704)
À cheval, loc. adv. Sur un cheval. Se promener à cheval. Elliptiquement, à cheval, messieurs ! c'est-à-dire montez à cheval. Par analogie, à califourchon, jambe deçà, jambe delà. Il était à cheval sur le haut du mur. Terme de guerre. Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, sur une route, avoir des troupes placées sur l'une et l'autre rive, sur l'un et l'autre côté de la route. Fig. Être à cheval sur quelque chose, n'en pas démordre, s'en prévaloir, y revenir sans cesse. être à cheval signifie aussi être solidement établi. Fig. Être mal à cheval, être mal dans ses affaires. Il se tient mieux à table qu'à cheval, se dit d'un écornifleur.
Montrez-lui comme il faut.... Passer les jours entiers et les nuits à cheval — Pierre Corneille (1606-1684)
Pour les faire monter à cheval — Bossuet (1627-1704)
S. m. plur. Terme de guerre. Cavaliers. Il avait dix mille hommes de pied, avec deux mille chevaux. Les grands chevaux, nom qui était donné aux quatre principales familles de la noblesse de Lorraine. Les petits chevaux, la noblesse inférieure de Lorraine.
C'était vous, intrépide Nemours, qui meniez ces fameux chevaux aux combats — Chateaubriand (1768-1848)
Cheval fondu, jeu d'enfants dans lequel l'un saute par-dessus l'autre qui a le corps plus ou moins fléchi.
Cheval de bois, figure de bois sur laquelle on apprend à voltiger. Anciennement. Cheval de bois, pièce de bois qui, taillée en arête et mise sur des tréteaux, servait à une punition de soldat. Ce soldat, ayant fait un faute, fut mis pendant deux heures sur le cheval de bois. Cheval de Troie, cheval de bois renfermant des guerriers dans ses flancs, au moyen duquel les Grecs prirent la ville de Troie. Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit jadis à Paris des filous et personnes de mauvaise vie qui se tenaient sur le pont Neuf auprès de la statue d'Henri IV, pour y attraper quelqu'un.
[Il] fait crever les courtauds en chassant aux forêts, Court le faquin, la bague, escrime des fleurets, Monte un cheval de bois.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Cheval de frise, en termes de guerre, grosse poutre carrée, traversée par trois rangs de pieux de bois, dont les bouts sont armés de pointes de fer, ainsi dite parce que cet engin a d'abord été employé dans la Frise. Cheval de frise ou patte de coq, espèce de support dans une fabrique de poteries.
Terme d'astronomie. Un des noms vulgaires de la constellation de Pégase. Petit Cheval, constellation de l'hémisphère septentrional.
Cheval-vapeur ou simplement cheval, unité conventionnelle dont on se sert pour évaluer la force motrice des machines à vapeur, et qui équivaut à une force capable d'élever un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d'un mètre dans l'unité de temps ou seconde.
Dans les carrières de marbre, on appelle cheval de terre, un espace où le marbre manque et qui se trouve rempli d'une masse de terre. Trou rempli de terre qu'on trouve quelquefois dans un bloc.
Terme de zoologie. Cheval cerf, nom d'un mammifère observé en Chine et qui paraît être l'antilope gnus (ruminants) dite vulgairement gnou. Cheval du Cap, nom donné par quelques voyageurs au cheval quaccha, qui est le couagga de Buffon. Cheval marin, cheval de rivière, hippopotame, et plusieurs poissons. Cheval du bon Dieu, grillon. Cheval marin, animal fabuleux, qu'on représente avec le devant d'un cheval et le derrière d'un poisson.
Terme de métier. Siége sur lequel l'ouvrier s'assoit pour façonner l'ardoise.
Étymologie : Picard, kevau, guevau, gval, keval ; wallon, chivâ ; bourguig. chevau ; Berry, gevau, un chevau, des chevals ; Saintonge, chevau ; provenç. cavalh ; catal. caball ; espagn. caballo ; ital. cavallo ; du latin caballus, cheval de fatigue ; grec, ϰαϐάλλης, qui paraît être un mot de la Grande-Grèce, et, par conséquent, de l'Italie et qu'on rapproche du sanscrit tchapala, rapide. Dans l'ancien français, nominatif singulier chevals, chevax, chevaus, régime cheval ; nominatif pluriel cheval, régime chevals, chevax, chevaus. On voit que notre distinction de cheval, chevaux, est un reste de la déclinai
Historique : XIe s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs Puisque il sont as chevals et as armes Sur Veillantif, son bon cheval courant Sire, à pied estes, et je sui à cheval XIIe s. Chevaus de pris Ses chevaus [son cheval] fu en vingt lieus assenez Je le defen à cheval et à pié Sur les chevax [ils] monterent qu'on leur tint au perron Les chevals Saint Thomas tuz ensemble [ils] enmenerent XIIIe s. Et chascuns chevaus donra quatre mars, et chascuns homs dui [deux] Lors furent li cheval trais des huissiers [vaisseaux] Chevaus, or et argent leur fist on presenter Il doit deus deniers de tonli…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Quadrupède domestique de la famille des Solipèdes qui, comme l’âne et le mulet, sert de bête de trait et de somme mais qui plus qu’eux sert de monture. Cheval entier. Cheval hongre. Cheval de charrette, de charrue, de harnais. Cheval de fiacre. Cheval de selle, d’attelage, de trait. Cheval de manège. Cheval de course. Cheval de pur sang, de demi- sang. Cheval de race. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend. La bouche, les jambes, le garrot, la croupe, l’encolure, la robe d’un cheval. Recevoir un coup de pied de chenal. Le hennissement d’un cheval. Ce cheval a la bouche dure, sensible, gâtée. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d’un cheval. Seller, brider, harnacher un cheval. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de cheval. Les allures du cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Faire une partie de cheval. Promenade à cheval. Tomber de cheval, faire une chute de cheval. Pousser un cheval à toute bride, le lancer à fond de train. Ce cheval s’emporte, prend le mors aux dents. Monter, exercer, dresser un cheval. éperonner un cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Mettre les chevaux à la voiture. Course de chevaux. Viande de cheval. Manger du cheval.
Homme de cheval, Homme qui s’intéresse à ce qui concerne le cheval, et qui s’y connaît.
à cheval! se dit elliptiquement pour Montez à cheval. à cheval, messieurs, à cheval.
Monter à cheval signifie Se promener à cheval. Il signifie aussi Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel.
Mettre quelqu’un à cheval, Lui enseigner l’équitation. C’est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval.
Aux enseignes des hôtelleries, on mettait ordinairement Un tel loge à pied et à cheval, pour indiquer qu’on y recevait les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval.
Défier quelqu’un à pied et à cheval, Le défier dans n’importe quelle lutte, sous n’importe quelles conditions.
Prov., L’oeil du maître engraisse le cheval, Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie aussi figurément Quand on surveille soi-même ses affaires, elles en vont mieux.
Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Remède de cheval, comme pour un cheval, Médecine très forte.
Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne bronche. Voyez
BRONCHER.
Prov. et fig., à cheval donné, on ne regarde pas la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier pour quelques détails qui y sont défectueux.
Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle. Voyez
AVEUGLE.
Fig. et fam., C’est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille. Voyez
BATAILLE.
Prov. et fam., Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne pas du bruit, se dit de Quelqu’un qui ne s’effraie pas des menaces, qui ne s’émeut pas de ce qu’on lui dit, soit pour l’intimider, soit pour l’embarrasser.
Fig. et fam., C’est un cheval pour le travail, C’est un homme qui travaille beaucoup.
Fig. et fam., C’est un cheval échappé, se dit d’un Jeune homme qui est emporté et qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline.
Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S’y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- chevaux — pluriel — /ʃəvo/
- cheval — singulier — /ʃəval/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cheval#14779.