chausses

chausses

nom, féminin, /ʃosə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. f. plur.

  1. Ancienne espèce de vêtement. Les chausses étaient un caleçon ; on les appelait haut-de-chausses quand elles n'atteignaient que le genou ; la partie qui continuait s'appelait bas de chausses ; le pied se nommait chausson.

  2. Culotte, caleçon. Prendre, mettre ses chausses. Chausses de velours. Chausses de page, chausses courtes et plissées que portaient les pages et qu'on appelait aussi trousses. Prendre les chausses, quitter les chausses, se disait pour entrer dans les pages, cesser d'être page. Familièrement. N'avoir pas de chausses, être fort pauvre. Fig. Tirer ses chausses, détaler, s'en aller au plus vite. Familièrement. Elle porte les chausses, se dit d'une femme qui est maîtresse dans la maison. On dit plus souvent aujourd'hui porter la culotte ou les culottes. Très familièrement. Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, le serrer de si près qu'il ne peut s'échapper, et aussi examiner de près sa conduite, en dire tout le mal qu'elle mérite. Être après les chausses de quelqu'un, le poursuivre vivement. Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. Faire dans ses chausses, avoir une grande peur. Il a la clef de ses chausses, se disait d'un jeune homme qui était hors d'âge de recevoir le fouet.

    Je ne trouvai pas à propos de lui faire mettre chausses bas — Mme de Sévigné (1626-1696)

    C'est la première chose qu'ils font de délier leurs chausses — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Wallon, chase ; namur. chause ; rouchi, cauche ; picard, cauches, keuches, chausses, bas ; norm. cauches, bas ; provenç. calsa, caussa ; catal. calsas ; espagn. calza ; portug. calças ; ital. calzo, calza ; du latin calceus, qui est devenu féminin dans les langues romanes ; cependant l'italien a calzo, et le vieux français dit quelquefois chaux, s. m. Il y avait, comme on voit à l'historique, des chausses de fer, sorte d'armure.

Historique : XIIe s. Chauces de fer blanches come auqueton Chauces de paile qui mult font à proisier XIIIe s. Quiconques est chauciers à Paris, il puet fere chauces de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et chauçons XIVe s. À Jehan de Saumur, cordouanier, pour avoir semelé des paires de chausses, au pris de six sous la paire XVe s. Souliers, chausses à housser, bottines, esperons Ceux de Mortaigne n'avoient ni chausses, ni souliers au pied Il avoit prins son pere prisonnier à ung soir comme il se vouloit aller coucher, et mené cinq lieues d'Allemaigne à pied sans chausses par un temps très froit

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. pl. Partie du vêtement des hommes qui couvrait depuis la ceinture jusqu’aux genoux ou plus bas. On l’appelait dans le premier cas Haut-de-chausses, dans le second Bas-de-chausses.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • chausses — pluriel

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chausses#70120.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.