charnier

charnier

nom, masculin, /ʃaʁnje/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) · 1873 (2 sens) · 1877 (1 sens, 🟢 1 nouveau) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Endroit où l'on garde les viandes salées et, en général, toute espèce de viandes.

    Mille autres moutons comme moi, Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire, Seront servis au peuple-roi — André Chénier (1762-1794)

  2. Dans le langage des chasseurs, gibecière. On dit beaucoup plus souvent carnier.

  3. Cimetière, lieu où les corps morts sont déposés : sens aujourd'hui tombé en désuétude. Galerie autour des églises à Paris, où l'on donnait la communion aux grandes fêtes.

    On me jettera dans les charniers Saint-Innocent et on ne mettra sur ma fosse qu'une croix de bois — Voltaire (1694-1778)

  4. Dépôt des os exhumés des charniers ou cimetières. La pile même des ossements.

Étymologie : Bourguig. chanier ; provenç. carnier ; espagn. carnero ; portug. carneiro ; ital. carnajo ; de carnarium, du latin caro, carnis, chair (voy. CHAIR).

Historique : XIe s. En un carnel comandez qu'on les port [porte] Ad un carner sempres [ils] les ont portet XIIe s. À pieux agus [ils] font les charners [fosse mortuaire] ouvrir XIIIe s. Et no franc crestien (que Jhesus puist sauver) Ont fait tous Antioche des mors Turs delivrer ; Ens es carniers defors les alerent jeter Bacons [jambon] mal salés En charnier empire, A dist li vilains XIVe s. Le charnier des esperviers est fait sur un arbre qui a regart à leur aire, et est aussi comme au trait d'un arc de leur dit aire XVe s. Loys de Luxembourg fist faire en la place où la bataille avoit esté, pluseurs carni…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Terme de marine. Jarre où se met l'eau pour la consommation journalière de l'équipage.

  2. Terme de pêche. Cuve où l'on met l'huile tirée des foies de morue. On dit aussi foassier.

Étymologie : Charnier 1 ; ainsi nommé à cause qu'autrefois un garde-manger y était joint où les matelots serraient ce qu'ils gardaient d'un repas pour l'autre sur leurs rations de viande.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré — Supplément (1877) — entrée 3

s. m.

  1. 🟢 Nom, dans quelques provinces, de l'échalas.

    L'accusé nie ce fait, et prétend que c'est au contraire M.... [un vigneron qui voulait empêcher l'accusé de chasser dans sa vigne] qui l'a frappé d'un coup de charnier

Étymologie : Le bas-lat. a carratium, d'où vient échalas (voy. ce mot). Mais charnier en vient-il aussi ? Carratium n'explique pas l'n. Peut-être faut-il recourir au bas-lat. quarnellus, objet taillé en carré (voy. CRENEAU).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Cimetière ou aussi Lieu couvert où l’on déposait les ossements des morts. Le charnier des Innocents.

  2. Il signifie par analogie Endroit où gisent de nombreux cadavres. Le champ de bataille était un vrai charnier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • charniers — pluriel — /ʃaʁnje/
  • charnier — singulier — /ʃaʁnje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée charnier#14514.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.