charmé · charme

charmé

adjectif, /ʃaʁme/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Affecté d'un charme.

    Les forêts charmées par Armide.... Il faut que l'enfer d'un étrange nuage De ma raison charmée ait offusqué l'usage — Rotrou (1609-1650)

  2. Attiré, séduit.

    Nos yeux auraient été charmés de voir cette terre — Fénelon (1651-1715)

    Maître, n'en doutez point, d'un cœur déjà charmé, Commandez qu'on vous aime et vous serez aimé — Jean Racine (1639-1699)

  3. Adj. m. En termes forestiers, bois charmé, arbre qu'on a gâté par le pied pour le faire périr.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • charmées — pluriel féminin — /ʃaʁme/
  • charmés — pluriel masculin — /ʃaʁme/
  • charmée — singulier féminin — /ʃaʁme/
  • charmé — singulier masculin — /ʃaʁme/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée charmé#14508.

charme

nom, masculin, /ʃaʁmə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Effet prétendu d'un art magique qui change l'ordre naturel.

    Le charme se rompit ; le pilote vit le rivage tel qu'il était — Fénelon (1651-1715)

    .... Un charme ordinaire a trop peu de pouvoir Sur les spectres parlants qu'il faut vous faire voir — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Par extension. Fig. Le charme est rompu, l'illusion est détruite.

    Ces prières apostoliques qui, par un espèce de charme divin, suspendent les douleurs les plus violentes — Bossuet (1627-1704)

    Il se tait et ces mots semblent être des charmes — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Ce qui plaît, ce qui touche, ce qui attire.

    Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tous ces charmes de langage Dont on s'offre à la servir, Me l'assurent [ma dame] davantage, Au lieu de me la ravir — Malherbe (1555-1628)

  4. S. m. plur. En parlant d'une femme, attraits, appas.

    Celle dont mes ennuis avaient leur guérison S'en va porter ailleurs ses appas et ses charmes — Malherbe (1555-1628)

    Elle pleure en secret le mépris de ses charmes — Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Carmen, chant, vers, formule d'enchantement, anciennement casmen, sanscrit çasman, de çañs, célébrer.

Historique : XIIe s. Il dit un charme que il avoit aprins E uns charmes truvad, par unt il soleit asuager les mals XIIIe s. Mès or sai bien que je feré ; Un bon charme vos aprendré XVe s. Les aucuns de ces arioles affirmoient que le roi estoit demené par sorts et par carmes À l'amour ne suys adonné, Et j'ame encore moins les armes, Mais le vin, dès que je fus né ; C'est pourquoi j'en fai tous mes carmes [vers] XVIe s. Conjurations, charmes, characteres...

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Arbre de haute tige, de la famille des amentacées (carpinus betulus, L.). Bois de charme. Le charme est d'un grand usage dans le charronnage.

Étymologie : Wallon, chaune ; Berry, charne, charpe ; picard, carme ; rouchi, carne, carme ; Saintonge, charpre ; espagn. carpe ; ital. carpino ; du latin carpinus que l'on croit un mot celtique, et que l'on interprète par car, bois, et pin ou pen, tête. C'est charme de charmer qui, dans le français, a conduit, par assimilation, à nommer charme l'arbre que plusieurs patois nomment plus régulièrement charne ou charpe. Les dictionnaires latins varient, accentuant tantôt cárpinus, tantôt carpinus ; les langues romanes, qui ont l'accent sur car, prouvent que la première accentuation est la bonne.

Historique : XIIIe s. Le guichet qui estoit de charme Ormes i ot branchus et gros, Et avec ce charmes et fos [hêtres].... XVe s. Les supplians sioient de leur bois, c'est assavoir des charpes, autrement appelez charmes

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Enchantement, ce qu’on suppose fait par art magique pour produire un effet extraordinaire. Opérer un charme, des charmes. Rompre, ôter, lever un charme. User de charmes.

  2. Fig., Le charme est rompu, L’illusion est détruite. Les manières de cette femme m’avaient d’abord séduit, mais le charme est rompu.

  3. Il signifie aussi figurément Ce qui plaît beaucoup, ce qui touche sensiblement. Un charme irrésistible. Un charme secret, indéfinissable. Cette personne a du charme, elle est pleine de charme. Il fait le charme de ma vie. être sous le charme. Cela a son charme.

  4. Il s’emploie souvent au pluriel dans le sens d’Attraits, d’appas en parlant d’une femme. Les charmes d’une belle femme. On ne peut se défendre de ses charmes. Rien ne résiste au pouvoir de ses charmes. Par extension, Les charmes de la vertu, de l’étude. La musique, la poésie a de grands charmes. Ces lieux ont pour moi bien des charmes. La mélancolie a des charmes.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • charmes — pluriel — /ʃaʁmə/
  • charme — singulier — /ʃaʁmə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée charme#14499.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.