charme
nom, masculin · /ʃaʁmə/
Usage : fréquent (38 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qualité qui rend une personne ou une chose séduisante, attirante.
Ce petit village a beaucoup de charme.
Synonymes : attrait, séduction.
« Il commençait à trouver des charmes dans sa personne »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Elle pleure en secret le mépris de ses charmes »Jean Racine (1639-1699)
Littéraire. Pouvoir surnaturel attribué à des pratiques magiques, sortilège.
Le sorcier rompit le charme d'un seul mot.
Synonymes : sortilège, enchantement, sort.
« Ces prières apostoliques qui, par un espèce de charme divin, suspendent les douleurs les plus violentes »Bossuet (1627-1704)
« On avait saigné l'enfant, sa mère lui avait mis des charmes »Chateaubriand (1768-1848)
Botanique. Arbre à bois dur, dont les feuilles servent souvent à former des haies taillées.
Une haie de charmes sépare le jardin du chemin.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : chanteur de charme · être sous le charme de · faire du charme · offensive de charme · rompre le charme · se porter comme un charme
Grammaire et formes (2)
- charmes : pluriel · /ʃaʁmə/
- charme : singulier · /ʃaʁmə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 4 sens
s. m.
Effet prétendu d'un art magique qui change l'ordre naturel.
Le charme se rompit ; le pilote vit le rivage tel qu'il étaitFénelon (1651-1715)
.... Un charme ordinaire a trop peu de pouvoir Sur les spectres parlants qu'il faut vous faire voirPierre Corneille (1606-1684)
Par extension. Fig. Le charme est rompu, l'illusion est détruite.
Ces prières apostoliques qui, par un espèce de charme divin, suspendent les douleurs les plus violentesBossuet (1627-1704)
Il se tait et ces mots semblent être des charmesPierre Corneille (1606-1684)
Ce qui plaît, ce qui touche, ce qui attire.
Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmesPierre Corneille (1606-1684)
Tous ces charmes de langage Dont on s'offre à la servir, Me l'assurent [ma dame] davantage, Au lieu de me la ravirMalherbe (1555-1628)
S. m. plur. En parlant d'une femme, attraits, appas.
Celle dont mes ennuis avaient leur guérison S'en va porter ailleurs ses appas et ses charmesMalherbe (1555-1628)
Elle pleure en secret le mépris de ses charmesJean Racine (1639-1699)
Étymologie : Carmen, chant, vers, formule d'enchantement, anciennement casmen, sanscrit çasman, de çañs, célébrer.
Historique : XIIe s. Il dit un charme que il avoit aprins E uns charmes truvad, par unt il soleit asuager les mals XIIIe s. Mès or sai bien que je feré ; Un bon charme vos aprendré XVe s. Les aucuns de ces arioles affirmoient que le roi estoit demené par sorts et par carmes À l'amour ne suys adonné, Et j'ame encore moins les armes, Mais le vin, dès que je fus né ; C'est pourquoi j'en fai tous mes carmes [vers] XVIe s. Conjurations, charmes, characteres...
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 1 sens
s. m.
Arbre de haute tige, de la famille des amentacées (carpinus betulus, L.). Bois de charme. Le charme est d'un grand usage dans le charronnage.
Étymologie : Wallon, chaune ; Berry, charne, charpe ; picard, carme ; rouchi, carne, carme ; Saintonge, charpre ; espagn. carpe ; ital. carpino ; du latin carpinus que l'on croit un mot celtique, et que l'on interprète par car, bois, et pin ou pen, tête. C'est charme de charmer qui, dans le français, a conduit, par assimilation, à nommer charme l'arbre que plusieurs patois nomment plus régulièrement charne ou charpe. Les dictionnaires latins varient, accentuant tantôt cárpinus, tantôt carpinus ; les langues romanes, qui ont l'accent sur car, prouvent que la première accentuation est la bonne.
Historique : XIIIe s. Le guichet qui estoit de charme Ormes i ot branchus et gros, Et avec ce charmes et fos [hêtres].... XVe s. Les supplians sioient de leur bois, c'est assavoir des charpes, autrement appelez charmes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. m.
Enchantement, ce qu’on suppose fait par art magique pour produire un effet extraordinaire. Opérer un charme, des charmes. Rompre, ôter, lever un charme. User de charmes.
Fig., Le charme est rompu, L’illusion est détruite. Les manières de cette femme m’avaient d’abord séduit, mais le charme est rompu.
Il signifie aussi figurément Ce qui plaît beaucoup, ce qui touche sensiblement. Un charme irrésistible. Un charme secret, indéfinissable. Cette personne a du charme, elle est pleine de charme. Il fait le charme de ma vie. être sous le charme. Cela a son charme.
Il s’emploie souvent au pluriel dans le sens d’Attraits, d’appas en parlant d’une femme. Les charmes d’une belle femme. On ne peut se défendre de ses charmes. Rien ne résiste au pouvoir de ses charmes. Par extension, Les charmes de la vertu, de l’étude. La musique, la poésie a de grands charmes. Ces lieux ont pour moi bien des charmes. La mélancolie a des charmes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée charme#14499.