charité

charité

nom, féminin, /ʃaʁite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Amour du prochain. Ironiquement. Une des trois vertus théologales, par laquelle nous aimons Dieu comme notre souverain bien. La fin de la religion, l'âme des vertus et l'abrégé de la foi, c'est la charité.

    Dans les nécessités extraordinaires sa charité faisait de nouveaux efforts — Bossuet (1627-1704)

    Ce n'était plus cet ardent vainqueur qui semblait vouloir tout emporter ; c'était une douceur, une patience, une charité qui songeait à gagner tous les cœurs et à guérir des esprits malades — Bossuet (1627-1704)

  2. Acte de bienfaisance, aumône. Absolument. Demander la charité, être à la charité, mendier. Par antiphrase. Charité de cour, perfidie de courtisan. Prêter des charités à quelqu'un, le calomnier. Nom, dans quelques ordres religieux, de la discipline qu'un religieux donne à un autre.

    Voilà des charités qu'il a faites pour le salut de ses frères — Fléchier (1632-1710)

    Il faisait une infinité de charités que personne ne savait — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Les frères, les sœurs de la Charité, congrégations qui se vouent au soulagement de la misère. Frères de la Charité, ordre religieux fondé vers 1550 par saint Jean-de-Dieu pour le soulagement des malades ; ces religieux suivent la règle de Saint-Augustin ; ils bâtirent à Paris, dans le faubourg St-Germain, le célèbre hôpital qui porte encore leur nom. Charité de Notre-Dame, religieuses de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu rendant aux femmes les mêmes services que les frères de Saint-Jean-de-Dieu rendent aux hommes. Charité de Saint-Hippolyte, congrégation de religieux hospitaliers dans les Indes occidentales et qui rendent aux malades les mêmes services que les religieux de la congrégation de Saint-Jean-de-Dieu. Religieuses de Notre-Dame-de-Charité, établies pour retirer du mal les pauvres filles ou femmes de mauvaises mœurs. Elles suivent la règle de Saint-Augustin et commencèrent en 1642. Charité de la Sainte-Vierge, ordre religieux sous la règle de Saint-Augustin. La maison où résident les frères, les sœurs de Charité. Charité, nom d'hôpitaux divers. La Charité de Lyon. La Charité de Paris. Anciennement, la charité pour les pauvres honteux, service de charité composé uniquement du curé de la paroisse et des marguilliers et destiné aux pauvres honteux. Anciennement, tous les pauvres malades d'une paroisse. Il est le médecin de la charité d'une telle paroisse.

    Il ne s'agit pas de faire de votre élève un frère de la charité — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Molière a terminé sa vie Entre deux sœurs de charité — Béranger (1780-1857)

  4. Aujourd'hui, dame de charité, bureau de charité dame, bureau qui distribuent des charités. Nom que, dans quelques localités, on donne à des confréries ou associations d'assistance.

  5. Votre Charité, titre d'honneur donné aux princes de l'Église. Charité bien ordonnée commence par soi-même, c'est-à-dire avant de songer à faire du bien aux autres, il faut songer à soi, à ses intérêts, à ses avantages.

Étymologie : Picard, carité ; provenç. caritat ; espagn. caridad ; ital. carità ; du latin caritatem, de carus (voy. CHER).

Historique : XIIe s. Ne tieng, fait sainz Thomas, de lui fius [fiefs], n'eritez, Ne rien en barunie : mais tut est charitez, E parmenable aumosne tut ço dont sui fieffez Deus, cum par est mainz huem pur le siecle avuglez ; N'i est amurs, ne fei, ne pais, ne charitez Puis le proia assez que un petit menjast, Preïst la charité, un petit se dinast, Mez li dus [duc] n'i vout prendre ne disner ne repas XIIIe s. Ha ! rois, ce dist la vieille, pour sainte charité.... Il oït parler de la grant carité del hospital d'Acre Ge t'ai veü carité prendre Deuz fois, sanz aller au mostier XIVe s. L'enfant fut nourri ches le…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. L’une des trois vertus théologales : Amour que nous ressentons pour Dieu comme notre souverain bien et pour le prochain en vue de Dieu. Si je n’ai point la charité, je ne suis rien. La charité est la perfection. La charité des premiers chrétiens. Charité fraternelle. Avoir de la charité pour le prochain. Mouvement de charité. Il a fait telle chose par charité, par pure charité.

  2. En termes de Théologie, il se dit aussi de l’Amour de Dieu même pour l’homme.

  3. Il signifie plus particulièrement Aumône qu’on donne aux pauvres; et, dans ce sens, il peut s’employer au pluriel. Faire des actes de charité. Faire la charité à quelqu’un, ou absolument Faire la charité. Ce pauvre homme vous demande la charité. Il se recommande aux charités des personnes généreuses. Dames de charité, Dames bienfaisantes qui concourent au soulagement des pauvres d’une paroisse.

  4. Prov., Charité bien ordonnée commence par soi-même, Il est juste, ou du moins il est naturel de songer à ses propres besoins avant de s’occuper de ceux des autres.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • charités — pluriel — /ʃaʁite/
  • charité — singulier — /ʃaʁite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée charité#14481.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.