chapon

chapon

nom, masculin, /ʃapɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Coq châtré que l'on engraisse pour la table. Familièrement. Il a les mains faites en chapon rôti, se dit d'un homme qui a les doigts crochus ; et fig. qui est un fripon. Se coucher en chapon, se coucher après avoir bien mangé. En droit coutumier, le vol du chapon, une certaine étendue de terre autour du manoir.

    Un coq y paraissait en pompeux équipage, Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom, Par tous les conviés fut appelé chapon — Boileau (1636-1711)

    Voici le fait : un chien vient dans une cuisine ; Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.... Et quand il serait vrai que Citron, ma partie, Aurait mangé, messieurs, le tout ou bien partie Du dit chapon.... — Jean Racine (1639-1699)

  2. Morceau de pain bouilli au pot et servi sur un potage maigre. Chapon de Gascogne, ou, simplement, chapon, croûte frottée d'ail qu'on met dans une salade. Une gousse d'ail. Chapon de Normandie, une croûte de pain dans la bouillie.

  3. Branche de vigne qu'on détache pour en faire une bouture. Nom donné à la vigne jusqu'à ce qu'elle produise, c'est-à-dire jusqu'à cinq ou six ans. Ces chapons ont deux ans. Des chapons de trois ans ou de trois feuilles.

  4. Terme de métallurgie. Support d'une tuyère.

  5. Terme de commerce. Grande peau d'élan ou de bouc, sans défaut.

  6. Terme de zoologie. Chapon de Pharaon, vautour d'Égypte.

Étymologie : Bourguig. chaipon ; picard, capon ; provenç. et espagn. capon ; catal. capó ; portug. capao ; ital. cappone ; du latin caponem, chapon ; comparez CHAPOTER.

Historique : XIIe s. Ne remist [resta] buef ne vache ne chapuns ne geline, Cheval, porc ne berbiz, ne de blé plaine mine XIIIe s. Il devra à chascune fois, qui le perdra, un chapon ou douze deniers por le chapon à celui qui la coustume lou roy guardera de par le roi Si prist une robe à un garchon, et se mit en la cuisine à tourner les capons Il vos covendroit gelinetes, Chapons, oisons, tendres pouletes Renart, qui tant aime gelines, D'un des chapons se r'est dinez Plenteïve estoit sa mesons De gelines et de chapons Capons de rentes ; cascuns capons est prisiés six deniers, et le [la] geline quatre deniers…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Coq châtré que l’on engraisse. Chapon gras. Chapon du Mans. Chapon bouilli. Chapon rôti. Aile, cuisse, blanc de chapon.

  2. Il se dit aussi d’un Gros morceau de pain qu’on met bouillir dans le pot et qu’on sert sur un potage maigre.

  3. Il se dit également d’une Croûte de pain frottée d’ail qu’on met dans une salade.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • chapons — pluriel — /ʃapɔ̃/
  • chapon — singulier — /ʃapɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chapon#14415.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.