chaperon
nom, masculin, /ʃapəʁɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Sorte de chape.
Les chaperons étaient autrefois des habits, comme ils le sont encore à présent, servant aux vieilles femmes en de certains pays — Adolphe Thiers (1797-1877)
Coiffure à bourrelet et à queue que portaient les hommes et les femmes ; s'est dit aussi d'une bande d'étoffe que les femmes attachaient sur leur tête.
Bien que d'un cabinet sortît un petit cœur Avec son chaperon.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Quand autour du roi quelqu'un avalait [abaissait] son chaperon, les plus près du roi lui faisaient place, c'était une marque qu'il voulait parler au roi — Saint-Simon (1675-1755)
Bourrelet circulaire à pendants d'étoffe garnis d'hermine que portent sur l'épaule gauche les gens de robe, docteurs, etc. L'ornement relevé en broderie, qui est au dos d'une chape. Terme de blason. Ancien habillement de tête en forme de capuchon.
Fig. Personne âgée ou grave qui accompagne une jeune femme par bienséance, et comme pour répondre de sa conduite ; locution prise de ce que cette personne couvre, protége comme un chaperon. Elle a pour chaperon une vieille tante qui la suit partout.
Monseigneur répondit que lui et une dame d'honneur serviraient bien de chaperons [aux dames] — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de fauconnerie. Cuir dont on coiffe les oiseaux de leurre. Terme de sellier. Pièce de cuir qui recouvre les fourreaux des pistolets pour les garantir de la pluie. Terme d'architecture. Disposition en toit d'un mur de clôture pour prévenir les dégradations causées par la pluie. Terme d'art militaire. Petit toit qu'on place sur la lumière d'un canon. Terme de charpentier. Flache au droit d'une mortaise.
Boîte de cartier.
Terme d'agriculture. Fragment qui échappe au fléau et se retrouve lors du vannage.
Terme d'imprimerie. Feuilles de tirage en surnombre pour remplacer les feuilles gâtées. On dit plutôt aujourd'hui, main de passe. Dans les imprimeries d'estampes, le dessus de la presse. Terme de papeterie. Égratignure au papier.
Terme de botanique. Chaperon de moine, aconit napel.
Les chaperons, nom des gens de Paris qui, au milieu du XIVe siècle, tenaient le parti de Marcel, prévôt des marchands, et s'opposaient à la rentrée du Dauphin.
Étymologie : Provenç. capairo ; bas-lat. caparo, capero, capiro ; dérivé de capa (voy. CHAPE).
Historique : XIIe s. Parlez à moi, sire au chaperon large XIIIe s. Moult li avez mal despecié Son chaperon delez la joe De quel ordre volez vos estre, Qui rouge chaperon avez ? Et par si grant devocion Faisoient leur confession, Que deux testes avoit ensemble En ung chaperon, ce me semble Osteiz vos chaperons, tendeiz les oreilles, regardez mes herbes Je voi si l'un vers l'autre tendre Qu'en un chaperon a deux testes Dont [donc] fu li chaperons fors de son chief levés, Si a tiré sa barbe, cent poils en a osté Et l'autre m'aporta un chaperon, que je mis en ma teste XIVe s. Se nous veons deux testes metre en…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Personne âgée ou grave qui accompagne, par convenance, une jeune fille ou une jeune femme dans le monde. Elle a pour chaperon une vieille tante, qui la suit partout. Servir de chaperon.
Il se disait d’une Coiffure de tête autrefois commune aux hommes et aux femmes, qui avait un bourrelet sur le haut et une queue pendante par derrière.
Il s’est dit aussi d’une Bande de velours, de satin, que les femmes et les filles attachaient sur leur tête. Chaperon en pointe.
Il se dit encore par analogie d’un Bourrelet particulier au costume des gens de robe, des docteurs, etc., qui a quelque ressemblance avec l’ancien chaperon et qui consiste en un bourrelet circulaire placé sur l’épaule gauche, d’où pend devant et derrière une bande d’étoffe garnie d’hermine à son extrémité. La couleur du chaperon diffère quelquefois de celle de la robe.
Il se dit encore par analogie, en termes de Fauconnerie, de l’Espèce de coiffe de cuir dont on couvre la tête et les yeux des oiseaux de leurre; en termes d’Architecture, il désigne le Haut d’une muraille de clôture, fait en forme de toit, en dos d’âne, pour l’écoulement des eaux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- chaperons — pluriel — /ʃapəʁɔ̃/
- chaperon — singulier — /ʃapəʁɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chaperon#14406.