chantre
nom, masculin, /ʃɑ̃tʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui chante ou est supposé chanter. Ce mot, dans ce sens, est aujourd'hui réservé au style poétique et à la haute éloquence. Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain, Pindare. Le chantre d'Ionie, le chantre d'Ilion, Homère. Le chantre d'Énée, Virgile. Le chantre de Roland, l'Arioste. Le chantre des jardins, Delille. Par extension, nom donné aux oiseaux chanteurs. Le chantre du printemps, le rossignol. Espèce du genre roitelet.
Homère et le chantre latin — Mathurin Régnier (1573-1613)
Du plus habile chantre un bouc était le prix — Boileau (1636-1711)
Celui qui chante au lutrin dans l'église. Voix de chantre. Tous les grands chapitres ont des chantres et des chapelains pour soulager les chanoines et faire l'office en leur absence. Chez les protestants, celui qui entonne et soutient le chant des psaumes. S. f. Religieuse qui sait le chant et les rubriques de l'office, afin de redresser les manquements qui peuvent se faire au chœur.
Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines — Boileau (1636-1711)
Ces cercles, partant du dernier chantre de village, s'élèvent jusqu'au trône pontifical — Chateaubriand (1768-1848)
Nom d'un dignitaire qui est le maître du chœur présidant au chant dans une église cathédrale ou collégiale et dans les chapitres. Il porte la chape et le bâton dans les fêtes solennelles et donne le ton aux autres en commençant les psaumes et les antiennes. Le chantre porte dans ses armoiries un bâton de chœur derrière l'écu pour marque de sa dignité. Le grand chantre. Le chantre de Notre-Dame.
Celui qui vous rendra cette lettre est le chantre de mon église, nommé M. de Vitray — Bossuet (1627-1704)
C'est en vain que le chantre abusant d'un faux titre.... — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Provenç. cantre, cantor ; du latin cantor, qui vient de canere, chanter. Dans le provençal et le vieux français, cantre est le nominatif, cantor est le régime, répondant, selon l'accent, à cántor et cantórem. C'est suivant la même analogie que se sont formés pâtre et pasteur.
Historique : XVe s. Et là fut fait le divin office, aussi solennellement comme on feroit en la chapelle du pape ou du roi de France ; car à ce temps il avoit grand'foison de bons chantres
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui dont la fonction est de chanter dans les cérémonies religieuses.
Voix de chantre, Voix forte et sonore.
Grand chantre, Celui qui est le maître du choeur et qui préside au chant dans une église cathédrale et dans quelques monastères.
Il se dit figurément et poétiquement d’un Poète, principalement d’un poète épique ou lyrique. Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain, Pindare. Le chantre d’Ionie, le chantre d’Ilion, Homère.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- chantres — pluriel — /ʃɑ̃tʁə/
- chantre — singulier — /ʃɑ̃tʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chantre#14374.