s. m.
Succession de choses diverses ou d'états divers.
La faim se renouvelle au change des viandes — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ô que nos fortunes prospères Ont un change bien apparent — Malherbe (1555-1628)
Changement d'affections.
J'aime le change, à la bonne heure — La Fontaine (1621-1695)
En amour le change est assez doux — Molière (1622-1673)
Troc d'une chose contre une autre. Ce qu'on donne pour une autre chose, ce qui peut remplacer, équivaloir ; et figurément, la pareille. Rendre le change à quelqu'un, signifie aussi lui faire une réplique ingénieuse ou vive.
Vous auriez sans doute perdu au change — Guez de Balzac (1597-1654)
Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux — Pierre Corneille (1606-1684)
Toute négociation relative à la vente ou à l'échange des matières d'or ou d'argent, soit monnayées, soit en lingots, ainsi que de tous les papiers représentant une valeur métallique. Change de monnaie. Bureau de change. Combien vous a-t-on pris pour le change de votre billet ? Le prix que prend le changeur. Quel est le change des billets de banque ? Lieu où l'on change la monnaie, l'or pour de l'argent, etc. Aller au change. Le pont au Change à Paris, ainsi dit parce que les changeurs y logeaient. Payer comme au change, payer sur-le-champ. S'est dit autrefois de la bourse, du lieu destiné aux réunions des négociants.
Terme de banque, toute négociation par laquelle on cède, moyennant un prix convenu, à un tiers, des fonds qu'on possède dans un endroit autre que celui où se fait l'opération. Le change est une manière de remettre de l'argent d'un lieu à un autre, par une lettre qui en indique le payement, et qui se nomme lettre de change. La lettre de change est aussi une sorte de billet dont le non-payement entraîne la contrainte par corps, Agent de change, fonctionnaire ministériel nommé par le gouvernement pour attribuer à la négociation des rentes, des effets publics, des actions de banque, de tout papier commerçable enfin, le caractère de l'authenticité. Charge d'agent de change. Moitié, quart d'agent de change, personne qui est intéressée pour moitié, pour quart dans les affaires d'un agent de change à qui elle a fourni la moitié ou le quart de ses fonds. Le prix que prend le banquier pour l'argent qu'il fait remettre. Le change d'ici à Londres, sur Londres, est à tant pour cent, est haut, bas, au pair, désavantageux. Coter le change, en marquer le taux.
Une bonne lettre de change bien acceptée — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le profit, l'intérêt de l'argent qu'on prête selon le cours de la place. Prendre à change. Rare en ce sens.
Terme de vénerie. Substitution d'une nouvelle bête à celle qui a été lancée d'abord. La bête donne le change, en fait lever une autre à sa place. Les chiens prennent le change, tournent au change, quittent la bête lancée pour la nouvelle. Les chiens gardent le change, ne tournent pas au change. Fig.
Que de raisonnements pour conserver ses jours ! Le retour sur ses pas, les malices, les tours, Et le change et cent stratagèmes — La Fontaine (1621-1695)
En me donnant le change attirer mon courroux — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de fauconnerie. Empêcher le faucon d'aller au change, l'empêcher de quitter l'oiseau qu'il chasse pour en prendre un autre.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).