changé · change

changé

adjectif, /ʃɑ̃ʒe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Échangé. De l'or changé pour de l'argent.

  2. Remplacé par un autre. Ses vêtements qui étaient mouillés, ayant été changés.

  3. Métamorphosé. Les compagnons d'Ulysse changés en bêtes par Circé.

  4. Qui a éprouvé un changement, modifié, altéré. Tout est changé. Situation changée. Visage changé. Dont la physionomie a subi un changement en mal.

    À la fin des siècles on verra toute la nature changée faire paraître un monde nouveau pour les élus — Bossuet (1627-1704)

    Pompée à cet échec n'avant que trop senti Que les destins changés ont quitté son parti — Georges de Brébeuf (1617-1661)

  5. Dont les dispositions d'esprit sont changées. Tant il est changé ! Je ne suis nullement changé à son égard.

    Vous me voyez bien changé de ce que j'étais ce matin — Molière (1622-1673)

    Je serais bien changée et d'âme et de courage — Pierre Corneille (1606-1684)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • changées — pluriel féminin — /ʃɑ̃ʒe/
  • changés — pluriel masculin — /ʃɑ̃ʒe/
  • changée — singulier féminin — /ʃɑ̃ʒe/
  • changé — singulier masculin — /ʃɑ̃ʒe/

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change

nom, masculin, /ʃɑ̃ʒə/

Définitions

  1. Opération consistant à convertir une monnaie en une autre monnaie.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Taux appliqué lors de la conversion d'une monnaie en une autre.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Action d'échanger une chose contre une autre, remplacement.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (11 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Succession de choses diverses ou d'états divers.

    La faim se renouvelle au change des viandes — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Ô que nos fortunes prospères Ont un change bien apparent — Malherbe (1555-1628)

  2. Changement d'affections.

    J'aime le change, à la bonne heure — La Fontaine (1621-1695)

    En amour le change est assez doux — Molière (1622-1673)

  3. Troc d'une chose contre une autre. Ce qu'on donne pour une autre chose, ce qui peut remplacer, équivaloir ; et figurément, la pareille. Rendre le change à quelqu'un, signifie aussi lui faire une réplique ingénieuse ou vive.

    Vous auriez sans doute perdu au change — Guez de Balzac (1597-1654)

    Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Toute négociation relative à la vente ou à l'échange des matières d'or ou d'argent, soit monnayées, soit en lingots, ainsi que de tous les papiers représentant une valeur métallique. Change de monnaie. Bureau de change. Combien vous a-t-on pris pour le change de votre billet ? Le prix que prend le changeur. Quel est le change des billets de banque ? Lieu où l'on change la monnaie, l'or pour de l'argent, etc. Aller au change. Le pont au Change à Paris, ainsi dit parce que les changeurs y logeaient. Payer comme au change, payer sur-le-champ. S'est dit autrefois de la bourse, du lieu destiné aux réunions des négociants.

  5. Terme de banque, toute négociation par laquelle on cède, moyennant un prix convenu, à un tiers, des fonds qu'on possède dans un endroit autre que celui où se fait l'opération. Le change est une manière de remettre de l'argent d'un lieu à un autre, par une lettre qui en indique le payement, et qui se nomme lettre de change. La lettre de change est aussi une sorte de billet dont le non-payement entraîne la contrainte par corps, Agent de change, fonctionnaire ministériel nommé par le gouvernement pour attribuer à la négociation des rentes, des effets publics, des actions de banque, de tout papier commerçable enfin, le caractère de l'authenticité. Charge d'agent de change. Moitié, quart d'agent de change, personne qui est intéressée pour moitié, pour quart dans les affaires d'un agent de change à qui elle a fourni la moitié ou le quart de ses fonds. Le prix que prend le banquier pour l'argent qu'il fait remettre. Le change d'ici à Londres, sur Londres, est à tant pour cent, est haut, bas, au pair, désavantageux. Coter le change, en marquer le taux.

    Une bonne lettre de change bien acceptée — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Le profit, l'intérêt de l'argent qu'on prête selon le cours de la place. Prendre à change. Rare en ce sens.

  7. Terme de vénerie. Substitution d'une nouvelle bête à celle qui a été lancée d'abord. La bête donne le change, en fait lever une autre à sa place. Les chiens prennent le change, tournent au change, quittent la bête lancée pour la nouvelle. Les chiens gardent le change, ne tournent pas au change. Fig.

    Que de raisonnements pour conserver ses jours ! Le retour sur ses pas, les malices, les tours, Et le change et cent stratagèmes — La Fontaine (1621-1695)

    En me donnant le change attirer mon courroux — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Terme de fauconnerie. Empêcher le faucon d'aller au change, l'empêcher de quitter l'oiseau qu'il chasse pour en prendre un autre.

Étymologie : Provenç. camge, camje (voy. CHANGER).

Historique : XIIe s. Pour un des nostres cinq des paiens prenez ; Ci a bon change ; Dex en soit aorez XIIIe s. Se tu as le [la] fort monnoie, multeplie par canje tant saus [sous] com tu vels cangier Se marchant font change de chevaus li uns à l'autre bout à bout, riens ne doivent de tonlieu Car il en eust eu grant raençon ou change d'aucun gentilhomme Certes, moult ai fait mauvès change, Quant si vers moi vous truis [trouve] estrange, Que ge plus aim que riens qui vive Por ce que li monde se change Plus sovent que denier à change Se li drapiers ne t'en veut croire, Si t'en reva droit à la foire, Et va au c…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action de changer, troc d’une chose contre une autre. Il n’est guère usité, en ce sens, que dans ces locutions : Gagner au change, Perdre au change.

  2. Il signifie, en termes de Banque, Conversion d’une monnaie en une autre monnaie équivalente ou de billets de banque contre de la monnaie. Faire le change. Change de monnaie. Bureau de change.

  3. Il signifie encore Prix demandé pour convertir la monnaie en une autre monnaie ou pour remettre une somme d’une place sur une autre place. Le change sur Berlin, sur Londres est de tant pour cent. Le change a augmenté. Le change est au pair. Le change est haut. Le change est bas. Le change est désavantageux. Coter le change, Marquer le taux du change.

  4. Il se dit aussi de la Remise d’une somme d’une ville sur une autre ville. Cette remise peut être réalisée au moyen de numéraire ou d’effets de commerce qu’on appelle Lettre de change ou simplement Change. Je vends, j’achète du change, j’ai besoin de change.

  5. Il désigne aussi l’écart entre la valeur nominale d’une monnaie et la valeur pour laquelle cette monnaie est acceptée dans la circulation.

  6. Il désigne, par extension, le Lieu où se font ces opérations. Aller au change.

  7. Fig. et fam., Rendre le change à quelqu’un, Lui faire une réplique ingénieuse ou vive, lui rendre la pareille.

  8. Agent de change. Voyez

  9. AGENT.

  10. En termes de Chasse, il signifie Substitution que fait une bête poursuivie par les chiens d’une autre bête qu’elle met à sa place. La bête donne le change. Les chiens prennent le change, tournent au change, Ils quittent la bête qui a été lancée pour courir la nouvelle bête. Les chiens gardent le change, ne tournent pas au change, Ils ne se laissent pas emporter après la nouvelle bête et continuent à chasser la bête qui a été lancée.

  11. Fig., Donner le change à quelqu’un, Détourner adroitement quelqu’un du dessein, des vues qu’il peut avoir, en lui donnant lieu de croire une chose pour une autre. Prendre le change, Se laisser tromper de cette manière, par ignorance ou par simplicité ou Se tromper, se méprendre sur un objet, sur une affaire. Faire prendre le change à quelqu’un, Le tromper, l’induire en erreur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • changes — pluriel — /ʃɑ̃ʒə/
  • change — singulier — /ʃɑ̃ʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée change#14332.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.