chaire
nom, féminin, /ʃɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Siége élevé d'où l'on parle, enseigne ou commande, et, particulièrement, espèce de tribune à dais d'où le prêtre adresse la parole aux assistants. Chaire de bois, de marbre, sculptée, etc. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les églises. La chaire évangélique ou la chaire de vérité, la chaire où l'on prêche l'Évangile. Être assis dans la chaire de mensonge, de pestilence, etc. professer l'hérésie. L'éloquence de la chaire, nom générique qui comprend toutes les sortes de discours qui sont ou peuvent être prononcés dans les églises, savoir : les panégyriques, les oraisons funèbres, les sermons, les prônes, les conférences, etc. Fig. La prédication. Les orateurs de la chaire.
Ce qui obligea le curé de monter en chaire — Pascal (1623-1662)
Ils ne montent pas dans les chaires pour y faire de vains discours — Bossuet (1627-1704)
Tribune où siége un professeur dans les écoles publiques. Le professeur est en chaire. Fig. L'enseignement même ou la place du professeur. Une chaire de littérature française. Ce professeur a obtenu la chaire qu'il désirait.
Le peuple ne donne ni chaires, ni pensions, ni places d'académie — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Le rhéteur Eumènes tenait à Rome une chaire d'éloquence — Chateaubriand (1768-1848)
Siége qu'a l'évêque au haut du chœur. L'évêque, étant dans la chaire, donna la bénédiction au peuple. Fig. La chaire apostolique, la chaire de saint Pierre, la chaire d'unité, termes qui désignent le siége apostolique, la papauté.
Les évêques à qui ils avaient laissé une chaire — Bossuet (1627-1704)
Chaire curule, ou, absolument, chaire, chaise curule.
Des chaires, des licteurs, des faisceaux — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Terme de marine. Grand bateau plat pour charger et décharger les vaisseaux.
Étymologie : Saintonge, Berry et norm. chaire, chaise ; bourguig. cheire, chaise ; picard, cahière, cahielle, kielle, chaise ; wallon, chèïre, chaise ; namurois, chèière, chaise ; rouchi, caière, kèière, chaise ; provenç. cadera, cadeira ; catal. cadira ; anc. espagn. cadera ; portug. cadeira ; ital. cattedra ; du latin cathedra, siége, du grec ϰαθέδρα, de ϰαθ, ϰατὰ, sur, et ἕδρα, siége, dont le radical est le même que le radical latin sed dans sed-ere (voy. SEOIR). Plusieurs patois ont conservé des formes analogues à la forme ancienne chaere, c'est-à-dire non contractée ; chaere, dans les anciens textes,
Historique : XIIe s. Le povre [il] sache [tire] del femier, od les princes le fait sedeir ; chaere de glorie li fait aveir XIIIe s. Cil qui ci est en une chaiere entre nous Un riche chevalier estoit mort, et li avoit l'en fet une grant fosse large en terre, et l'avoit l'en assis moult noblement et paré en une chaere XVe s. Respondit tanstost messire Guillaume de Fermiton et dit : Dites à Jean de Chastel-Morant qu'il s'en voise reposer un petit en sa chaiere Le duc de Berry, frere du roy, presidoit assis en chaire Ladicte demoiselle estoit en sa chaire et le duc de Cleves à costé d'elle XVIe s. S'eslançant …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Sorte de tribune élevée et ordinairement surmontée d’un dais ou baldaquin dans laquelle se place le prêtre pour prêcher, pour faire quelque lecture aux assistants, etc. Chaire de bois, de marbre, de pierre, etc. La chaire de Saint-Sulpice, de Saint-Roch, etc. Dès que le prédicateur fut en chaire. Monter en chaire. Descendre de chaire. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les églises. Il fit cette déclaration en pleine chaire.
La chaire de vérité, la chaire évangélique, La chaire où l’on prêche l’évangile. Souiller la chaire de vérité par des propositions impies. Tonner du haut de la chaire évangélique.
Il signifie aussi, figurément, Prédication. L’éloquence de la chaire. Les orateurs de la chaire. On a interdit la chaire à ce prédicateur. La chaire chrétienne n’admet point d’ornements profanes.
Il signifie par extension Tribune plus ou moins élevée où un professeur se place pour faire une leçon. La chaire du professeur. Le professeur est en chaire.
Il se dit aussi, figurément, d’une Place de professeur dans une grande école publique. Chaire de droit, de philosophie, de mathématiques. Chaire d’hébreu. Occuper une chaire au Collège de France. être nommé à une chaire. Mettre une chaire au concours. Créer, établir une chaire. être titulaire d’une chaire.
Il se dit figurément, en ce sens, du Siège apostolique. La chaire apostolique. Le Pape est assis dans la chaire de saint Pierre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- chaires — pluriel — /ʃɛʁə/
- chaire — singulier — /ʃɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée chaire#14175.