cervelle
nom, féminin, /sɛʁvɛlə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. f.
La substance du cerveau. La cervelle jaillit sur le pavé. Il s'est fait sauter, il s'est brûlé la cervelle d'un coup de pistolet. Le soleil lui a fait bouillir, lui a desséché la cervelle, se dit d'un homme qui est incommodé pour s'être exposé à la trop grande ardeur du soleil. Terme de cuisine. Cerveau de certains animaux de boucherie. Des cervelles frites. Par extension, cervelle de palmier, moelle bonne à manger que contiennent certains palmiers.
Belle tête [un buste], dit-il, mais de cervelle point ; Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point ! — La Fontaine (1621-1695)
Fig. Tête, esprit, fantaisie, raison. S'alambiquer la cervelle. Tête sans cervelle. C'est une bonne cervelle, c'est un homme de sens. Cervelle légère, évaporée, éventée. Familièrement. Cela lui trotte depuis longtemps dans la cervelle, il en est préoccupé depuis longtemps. Mettre, tenir en cervelle, en inquiétude, dans l'embarras. S'user la cervelle. Cervelle de lièvre qui se perd en courant, se dit d'un homme qui a mauvaise mémoire.
Mais pour dire le vrai, je n'en ai la cervelle — Mathurin Régnier (1573-1613)
Passer pour esprit faible ou pour cervelle usée — Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Bourg. sarvelle ; provenç. cervela, servela ; du neutre pluriel cerebella, de cerebellum (voy. CERVEAU), transformé en nom singulier féminin ; transformation qui n'est pas rare dans les langues romanes.
Historique : XIe s. Et la cervele lui chet as piez Par les oreilles fors se ist la cervele XIIe s. Sanc et cervelle [il] fait voler en l'herbage XIIIe s. Entre païens se fierent, moult en vont ociant, De sanc et de cervele va li ruissos courant XVIe s. Es ungs escarbouilloyt la cervelle, es aultres rumpoyt braz et jambes Il fault frotter et limer nostre cervelle contre celle d'aultruy M. le mareschal d'Anville m'a dit aussi avoir esté en armes et en cervelle bonne partie de la nuit Il y a de trop bonnes cervelles au conseil du Roy pour donner les gens de bien en proye à cette canaille Fonslebon d'un coup d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Nom vulgaire du cerveau, surtout chez l’homme. Le coup fit jaillir la cervelle.
Brûler la cervelle à quelqu’un. Voyez
BRÛLER.
Par exagération et fig., Rompre la cervelle à quelqu’un, Le fatiguer à force de bruit ou d’importunités.
Il se dit particulièrement, en termes de Cuisine, du Cerveau des animaux tués, destiné à servir de mets. Manger de la cervelle d’agneau, de veau, etc. Apprêter des cervelles. Des cervelles frites.
Figurément, il désigne l’Organe de la pensée et, par suite, l’intelligence, le jugement. Cela lui tourne, lui trouble la cervelle.
Fig. et fam., Cela lui trotte depuis longtemps dans la cervelle, Il y a longtemps qu’il a l’esprit occupé de cela.
Fig. et fam., C’est une bonne cervelle, C’est un homme de sens, de bon jugement. On dit, dans le sens contraire, C’est une tête sans cervelle, une petite cervelle, une cervelle légère, une cervelle évaporée, une cervelle éventée.
Par analogie, Cervelle de palmier, Moelle douce qui se trouve dans le tronc de certains palmiers.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cervelles — pluriel — /sɛʁvɛlə/
- cervelle — singulier — /sɛʁvɛlə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cervelle#14117.