cerveau
nom, masculin, /sɛʁvo/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Masse de substance nerveuse qui occupe la cavité du crâne chez l'homme et les animaux vertébrés, et est un des principaux organes de la vie. Le cerveau est le centre des sensations et le siége des penchants, de l'intelligence et de la volonté. La substance, les ventricules, les membranes du cerveau. Transport au cerveau. Ce vin porte, monte au cerveau. Rhume de cerveau, inflammation catarrhale de la membrane qui tapisse les fosses nasales, ainsi dit à cause d'une ancienne théorie qui supposait une communication entre les fosses nasales et le cerveau. Être pris du cerveau, avoir le cerveau pris, avoir un rhume de cerveau. En anatomie, plus particulièrement, et en distinguant le cerveau du cervelet, masse nerveuse qui s'étend du front aux fosses occipitales supérieures, et s'appuie en devant sur les voûtes orbitaires, en arrière sur les fosses moyennes de la base du crâne, et postérieurement sur la tente du cervelet.
Il faut que ce matin à force de trop boire Il se soit troublé le cerveau — Molière (1622-1673)
Fig. Tête, esprit, raison, intelligence. Cerveau étroit. Pauvre cerveau. Se creuser le cerveau, méditer profondément. Familièrement, s'alambiquer le cerveau, se fatiguer à des choses abstraites, trop subtiles. Cerveau timbré, fêlé, mal timbré, malade, troublé, c'est-à-dire personne d'un esprit peu sain, dérangé. Cerveau brûlé, personne emportée, extravagante. Cerveau creux, un rêveur, un visionnaire.
Ce critique, changeant d'humeurs et de cerveau — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau — Pierre Corneille (1606-1684)
Les fondeurs appellent cerveau la partie supérieure ou le timbre de la cloche.
Cerveau de mer ou de Neptune, sorte de polypier pierreux.
Étymologie : Bourguig. çarvéa ; provenç. cervel, servel ; catal. cervell ; ital. cervello ; bas-lat. cervellus ; du latin cerebellum, diminutif de cerebrum. L'ancien français est : au singulier, nominatif li cervels, li cerveax, régime le cervel ; au pluriel, nominatif li cervel, régime les cervels, les cerveax.
Historique : XIe s. De son cervel le temple [la tempe] en est rompant Du chef [il] lui a le cervel espandut XIIe s. Ne li sevrerent pas del chief tut le chapel, Mais al carnail del frunt retint e à la pel, Que tut à descuvert veïssiez le cervel XIIIe s. Tant burent à lor volenté Qu'à Primaut le cervel bolut [devint bouillant] XVIe s. Le cerveau se mettra en resverye, et ne baillera sentiment es nerfz, ne mouvement es muscles Les cerveaux s'eschaufferent davantage Le cerveau est double, anterieur et posterieur.... le posterieur est nomme cerebelle, à raison de sa petitesse, et l'anterieur à raison de sa gra…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Masse de substance nerveuse enfermée dans la capacité osseuse du crâne et qui est un des principaux organes de la vie. Anatomie du cerveau de l’homme, d’un oiseau, d’un poisson. La capacité du cerveau. Cette blessure lui a découvert le cerveau. La substance du cerveau. Les ventricules du cerveau. Les membranes du cerveau. Les circonvolutions du cerveau.
Il désigne aussi, figurément, l’Organe de la pensée et, par suite, l’intelligence, le jugement. Son cerveau travaille. Cerveau étroit. Cerveau vide. Cet homme n’a jamais pu rien tirer de son cerveau.
Fig. et fam., Avoir le cerveau timbré, fêlé. Voyez
TIMBRÉ , FÊLÉ.
Fig. et fam., Cerveau brûlé, Personne extravagante, téméraire, qui porte tout à l’excès.
Fig. et fam., Il a le cerveau creux. C’est un cerveau creux, C’est un visionnaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- cerveaux — pluriel — /sɛʁvo/
- cerveau — singulier — /sɛʁvo/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cerveau#14113.