censeur

censeur

nom, féminin, /sɑ̃sœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Magistrat dans l'ancienne Rome. Les censeurs, qui étaient au nombre de deux, dénombraient les citoyens, estimaient les biens et veillaient au maintien des mœurs.

  2. Dans le langage général, celui qui censure la conduite, les actions d'autrui. Un censeur malveillant. Adj. Celui qui censure les écrits, y relève les fautes.

    Tout babillard, tout censeur, tout pédant Se peut connaître au discours que j'avance — La Fontaine (1621-1695)

    Tout ce que je désire Trouve en vous un censeur prêt à me contredire — Jean Racine (1639-1699)

  3. Agent préposé à l'examen des livres, journaux, pièces de théâtre, dessins, etc. Le censeur refusa son approbation. Censeur royal. Censeur dramatique.

  4. Officier de l'ancienne université qui examinait les récipiendaires. En Sorbonne, les censeurs donnaient leur suffrage par billets.

  5. Censeur des études, surveillant des études et de la discipline dans un lycée. Le censeur du lycée de Louis le Grand.

  6. Censeur de la banque, censeur d'une société commerciale, mandataire des intéressés pour le contrôle des actes des administrateurs.

Étymologie : Censor, censeur, proprement celui qui compte.

Historique : XIVe s. Li cenceur nombroient le peuple XVe s. Quelques censeurs de ce temps ont descouvert que nous n'en feuilletasmes pas un

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qu’un gouvernement prépose à l’examen des livres, des journaux, des pièces de théâtre, etc., avant d’en permettre la publication ou la représentation. Le censeur refusa son approbation. On lui donna un censeur très sévère. Censeur des pièces de théâtre ou Censeur dramatique. Censeur des journaux.

  2. Il désigne encore Celui qui est chargé de surveiller les études et de maintenir le bon ordre et la discipline dans un lycée. Censeur des études. Le censeur du Lycée Louis-le-Grand.

  3. Il désigne aussi Ceux qui sont chargés de contrôler la partie financière de certains établissements ou de certaines sociétés. Les censeurs de la Banque de France. Cette société vient d’élire de nouveaux censeurs.

  4. Il se disait, chez les Romains, du Magistrat qui tenait un registre du nombre des citoyens et de leurs biens et qui avait en outre le droit de contrôler leurs moeurs et leur conduite. Caton le censeur.

  5. Il signifie par analogie Celui qui reprend ou qui contrôle les actions d’autrui. Un censeur équitable. Un rude censeur. Un censeur sévère, chagrin, injuste, pointilleux. Sans épithète, il se prend d’ordinaire en mauvaise part. C’est un censeur, C’est un homme qui trouve à redire à tout.

  6. Il se dit aussi d’un Critique qui juge des ouvrages d’esprit. Consulter un censeur éclairé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • censeurs — pluriel — /sɑ̃sœʁ/
  • censeur — singulier — /sɑ̃sœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée censeur#13990.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.