Il exprime, d'une façon indéterminée, l'idée que celui qui parle a dans l'esprit. C'est beau. C'est agréable. C'était le bon temps. Ce sera un jour de fête. Ce qui est vrai doit être dit. Ce qui est inspiré par le désintéressement est digne de louange.
Ce, placé devant le verbe être, ou les verbes devoir, pouvoir, et précédant, ainsi placé, un pronom, un substantif, un verbe, appelle particulièrement l'attention sur ces mots. C'est vous que je demande. C'est le roi qui vient de passer. Ce ne peut encore être les gens que nous attendons. Ce doit être mes tantes et mon oncle. Ce avec le verbe être et le pronom le, la. Est-ce là votre voiture ? oui, ce l'est. Sont-ce là vos souliers ? ce les sont. Il est clair que, grammaticalement, ce est sujet, et que par conséquent le verbe être doit être mis au singulier, mais il n'y aura pas d'irrégularité non plus à considérer, par inversion, le nom qui suit comme le sujet, de sorte qu'on pourra à volonté faire accorder le verbe avec ce ou avec le nom. C'est ce que faisait l'ancienne langue qui disait aussi bien c'estes vous que c'est vous. Mais l'usage moderne a mis des exceptions qu'il faut connaître. a. Avec les pronoms moi, toi, nous, vous, le verbe être se rapporte toujours à ce : c'est moi qui le dis ; c'est toi qui le fais ; c'est nous qui le disons ; c'est vous qui le faites. b. Si le nom est au pluriel, le verbe être s'accorde non avec ce, mais avec le nom : ce sont eux qui le veulent. c. Néanmoins d'excellents auteurs ont conservé l'ancienne liberté de l'accord et ont mis le singulier même en ce cas. Bien qu'en ces cas l'usage moderne soit pour le pluriel, cependant on pourrait encore user de l'ancienne liberté de l'accord et imiter ces auteurs, en des occasions où soit l'oreille, soit le caractère de l'expression y porteraient. d. Si ce et être sont suivis de deux ou plusieurs noms, le verbe être s'accorde avec ce, c'est-à-dire se met au singulier. Cependant il n'y aurait pas de faute à mettre le pluriel ; car c'est ici l'affaire non de la grammaire, mais de l'oreille à laquelle il déplairait de trouver, après un verbe au pluriel, un nom au singulier, et qui tout d'abord ne tient pas compte de ce qui suit. e. Si, de ces noms, un était au pluriel, on n'en mettrait pas moins le verbe être au singulier, à moins que le nom au pluriel ne fût le premier : c'est la gloire et les plaisirs qu'il a en vue ; mais : ce sont les plaisirs et la gloire qu'il a en vue. f. Le verbe être se met toujours au singulier, quand une préposition intervient ; ce restant alors l'unique sujet du verbe. C'est pour eux que je travaille. C'est de ces hommes que j'attends du secours. g. C'est du singulier qu'on se sert avec les nombres exprimant les heures. C'est onze heures qui sonnent.
Si jamais homme a été capable de soutenir un si vaste empire, ç'a été sans doute Alexandre — Bossuet (1627-1704)
Ç'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir, dans le même temps et dans les mêmes campagnes, ces deux hommes [Condé et Turenne] que la voix commune de toute l'Europe égalait aux plus grands capitaines des siècles passés.... — Bossuet (1627-1704)
Ce dans une phrase interrogative. Les règles sont les mêmes pour l'accord du verbe être que dans le cas précédent ; l'usage moderne veut le pluriel quand le nom est au pluriel. Mais, ici aussi, de bons auteurs ont gardé la faculté de faire accorder le verbe avec ce.
Est-ce vous ? Étaient-ce nos amis ? Sa haine ou son amour, sont-ce les premiers droits Qui font monter au trône ou descendre les rois ? — Jean Racine (1639-1699)
Est-ce toi, chère Élise ? — Jean Racine (1639-1699)
Ce dans une phrase interrogative avec qui ou que. Ce redoublé. Ce que c'est que, dans un membre de phrase non plus interrogatif, mais subordonné. Je sais ce que c'est que cet air. Je vous demande ce que c'est que les paroles que vous dites là. Ce s'emploie dans le même sens en retranchant que. L'analyse grammaticale se fait ainsi : Qu'est-ce que l'orgueil ? se décompose en : ce que (est) l'orgueil, est quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette logique ? se décompose en : ce que est ce que (est) cette logique, est quoi ? il y a là un pléonasme, un peu masqué par l'ellipse de est dans le second membre. Le que est ici l'équivalent du quod latin, pronom relatif neutre.
On frappe ; qui est-ce ? On appelle là-bas ; qu'est-ce ? Qu'est-ce qu'elle dit, cette morale ? — Molière (1622-1673)
Il faut que dans l'obscurité je tâche à découvrir quelles gens ce peuvent être — Molière (1622-1673)
C'est.... que, avec un verbe à un mode quelconque, sauf l'infinitif. C'est.... que, suivi d'un infinitif. C'est.... que de, suivi d'un infinitif. L'analyse grammaticale est ainsi : C'est à vous que je parle, se décompose en : ce que est : je parle à vous, est. C'est une peine que de garder, se décompose en : ce que est : de garder, est une peine. Que représente encore le pronom relatif neutre quod du latin. C'est.... de, suivi d'un infinitif, sans que. L'explication grammaticale est ainsi : C'était lui faire injure de l'implorer, se décompose en : ce, de l'implorer, était lui faire injure. Dans le XVIIe siècle il était très habituel de mettre de devant un infinitif qui était sujet d'une phrase ; par exemple : De dire du mal de son prochain est très répréhensible ; c'est cette tournure qui explique le de dans la locution avec ce.
C'est à Rome, mes fils, que je prétends marcher — Jean Racine (1639-1699)
Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui — La Fontaine (1621-1695)
Ce n'est pas que avec le subjonctif, locution par laquelle on se défend de.... on écarte l'opinion que.... Ce n'est pas que je veuille médire.
Ce n'est pas que le pécheur mourant ne trouve dans sa vie passée.... — Massillon (1663-1742)
C'est que, c'est de, donnant l'explication de ce qui est, de ce qui se fait. Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ? C'est que je suis malade. L'explication grammaticale est ainsi : C'est que je suis parti, se décompose en : que je suis parti est ce. Ici que répond à la conjonction latine quod. C'est de m'y voir, se décompose en : de m'y voir est ce [cela, cette cause].
Le marquis de Seignelay ayant demandé au doge de Gênes ce qu'il trouvait de plus singulier à Versailles, il répondit : c'est de m'y voir — Voltaire (1694-1778)
C'est à.... de, il appartient à. C'est à vous de parler. Avec à en place de la préposition de.
C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, à brûler constamment pour des beautés sévères — Molière (1622-1673)
Ce explétif. Ce que je crains, c'est d'être surpris. Le véritable éloge d'un poëte, c'est qu'on retienne ses vers. Ce qui me touche, c'est de voir.... Ce qui est vrai, c'est qu'il est malade. Taire un service qu'on a rendu, c'est ajouter au bienfait. Lire, peindre et faire de la musique, c'est l'occupation de sa vie. L'enfer dans cette vie c'est un mauvais ménage. Le ce explétif peut être supprimé. Ce que je crains est d'être surpris. Ce qui me touche est de voir. Taire un service est ajouter au bienfait. La répétition de ce est indispensable dans le cas où le verbe être est suivi d'un substantif au pluriel ou d'un pronom personnel. Ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants. Ce qui me console, c'est vous.
Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est de leur en faire — Voltaire (1694-1778)
Ce qu'il y avait de commode dans cet empire était que.... — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Ce qui.... ce sont.... ce que.... sont....
Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous — Molière (1622-1673)
Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons — Molière (1622-1673)
Ce que, désignant une personne qu'on ne nomme pas.
Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui.... — La Bruyère (1645-1696)
Ne pouvant être à moi, soyez à ce que j'aime — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout ce qui, tout ce que, toutes les choses qui ou que.
Tout ce que je voyais me semblait Curiace ; Tout ce qu'on me disait me parlait de ses feux ; Tout ce que je disais l'assurait de mes vœux — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout ce que ce palais renferme de mystères — Jean Racine (1639-1699)
Ce que, signifiant tout autant que. Vieux.
Ce que Dieu est bon c'est de son propre fonds — Bossuet (1627-1704)
Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici — Pierre Corneille (1606-1684)
Ce qui est de, suivi d'un adjectif. Cette tournure, aujourd'hui moins usitée, vaut pourtant mieux que celle que nous y substituons : ce qu'il y a de réel.
Ce qui est de réel, est que vous seriez céans libre comme chez vous — Fénelon (1651-1715)
Le mari ne se doute point de la manigance, voilà ce qui est de bon — Molière (1622-1673)
Ce dit-il, tournure archaïque et poétique.
Ta faute, ce dis-tu, vient de m'avoir cachée.... — Jean Mairet (1604-1686)
C'est là, ce m'a-t-il dit, le seul but où je tends — La Fontaine (1621-1695)
Quand ce vient.... quand ce vint.... quand ce viendra.... quand le moment est, fut, sera.
Quand ce vint à payer.... — La Fontaine (1621-1695)
Naïf encor, quand d'amour ce vint l'âge, Je rencontrai deux jumeaux sous l'ombrage — Millevoye (1782-1816)
Ce semble, il paraît, on peut le croire. Tout, ce semble, conspire contre lui. Tout, ce semblait, allait bien. Tout, ce m'a semblé, est bien allé. Ce vous est, ce lui est, c'est pour vous, pour lui. Ce m'est avis, je suis d'avis. Ce leur est avis, ils sont d'avis.
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent — La Fontaine (1621-1695)
Ce lui était une contrainte mortelle de se conduire avec elle comme Mme la duchesse de Berry l'exigeait — Saint-Simon (1675-1755)
En style de pratique et de chancellerie, ce s'emploie absolument pour résumer ce qui a été dit. Et ce, conformément à.... Nonobstant lettres à ce contraires. Et en vertu de ce que dessus. Ce s'emploie aussi de cette façon dans le langage ordinaire. À ce que, loc. conj. usitée en style de pratique et de chancellerie, et signifiant afin que. À ce qu'il n'en prétendit cause d'ignorance. Sur ce, locution par laquelle les souverains terminent leurs lettres. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Pour ce faire, il prit.... Ce faisant, il crut.... Et, de ce non content Aurait avec le pied réitéré.... — Jean Racine (1639-1699)
Le grand prieur dit à Roquelaure des choses aussi fâcheuses que celles qu'il venait d'essuyer de son frère, ce sans altérer un flegme fort à contre temps — Saint-Simon (1675-1755)
Ce, pour il.
C'est plutôt fait de céder à la nature que de.... — La Bruyère (1645-1696)
C'est pour, avec un infinitif, cela mérite que. C'est pour en crever de rire. On dit dans le même sens c'est à. C'est à mourir de rire. C'est à n'y pas croire.
Certes, c'est pour en rire, et tu peux me le rendre — Molière (1622-1673)
Et c'est pour essuyer de très fâcheux moments, Que les soudains retours de son âme inégale.... — Molière (1622-1673)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).