cavalier
nom, masculin · /kavalje/
Usage : fréquent (23 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Personne qui monte à cheval ou pratique l'équitation.
Le cavalier a franchi tous les obstacles sans faute.
« Je vous laisse la gloire d'avoir paru à cheval avec des armes et un habit de cavalier au Pas-de-Suse »Fénelon (1651-1715)
« Borée et le soleil virent un voyageur.... Eh bien ! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyons »La Fontaine (1621-1695)
Armée. Militaire appartenant à une troupe combattant à cheval.
Un escadron de cavaliers a chargé l'ennemi au lever du jour.
Vieilli. Homme qui sert de partenaire à une femme dans un bal ou une danse.
Elle a dansé toute la soirée avec le même cavalier.
« Mon cavalier, répondrez-vous à mes questions ? »Beaumarchais (1732-1799)
« Il est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant, lorsque je les réclame »Charles de Bernard (1804-1850)
Jeux. Pièce du jeu d'échecs dont la marche combine deux directions perpendiculaires.
Il a déplacé son cavalier pour attaquer à la fois la reine et la tour adverses.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine cavalière
Expressions : cavalier servant · faire cavalier seul · les quatre cavaliers de l'Apocalypse
Grammaire et formes (2)
- cavaliers : pluriel · /kavalje/
- cavalier : singulier · /kavalje/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 11 sens
s. m. et f.
Homme, femme à cheval. Être bon, être mauvais cavalier, se tenir bien, se tenir mal à cheval. C'est un beau cavalier, il a bonne grâce à cheval. On dit de même, elle est bonne, elle est mauvaise cavalière.
Borée et le soleil virent un voyageur.... Eh bien ! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyonsLa Fontaine (1621-1695)
Les dames cavalières s'offensèrent, les autres prirent parti pour ellesSaint-Simon (1675-1755)
Soldat qui sert à cheval. Il était escorté par un piquet de cavaliers.
Homme d'épée.
Me trouves-tu bien fait en cavalier ?Pierre Corneille (1606-1684)
Choisir pour votre amant un simple cavalierPierre Corneille (1606-1684)
Homme, par opposition à dame ou demoiselle. Il n'y avait pas assez de cavaliers à ce bal. Chaque cavalier conduisait une dame. Cette dame n'a pas de cavalier, offrez-lui le bras. C'est un aimable cavalier.
Titre d'honneur donné par politesse à des passants, à des inconnus et même par ironie à des gens dont on a à se plaindre.
Que cherchez-vous, cavalier, dans cette maison ?Molière (1622-1673)
J'entre ici librement : mais entre cavaliers telle liberté est permiseMolière (1622-1673)
Cavalier servant, homme qui s'astreint à faire en tout les volontés d'une dame dont il se fait ainsi l'esclave par amour ou par reconnaissance.
Il est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant, lorsque je les réclameCharles de Bernard (1804-1850)
Aux échecs, pièce qui marche obliquement du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant une case. Le vrai mot serait chevalier, mais aujourd'hui on dit bien plus souvent cavalier. On ne couvre point l'échec du cavalier, c'est-à-dire que, quand le cavalier met le roi ou la dame en échec, on ne peut pas interposer une autre pièce ; il faut absolument ou retirer la pièce mise en échec ou prendre le cavalier.
Terme de fortification. Amas de terre, dont le sommet compose une plate-forme, sur laquelle on dresse des batteries de canon pour nettoyer la campagne ou pour détruire quelque ouvrage de l'ennemi.
Terme d'imprimerie. Papier d'un format entre le carré et le grand raisin. Tirer, imprimer sur cavalier. Adj. Papier cavalier.
Terme de ponts et chaussées. Dépôt de terre formé aux abords d'une route, d'un canal ou d'un ouvrage quelconque.
Dans l'histoire d'Angleterre, au XVIIe siècle, partisan des Stuarts.
Étymologie : Le même que chevalier (voy. ce mot) ; ital. cavaliere.
Historique : XVIe s. Ils erigeoyent cavaliers, ressapoyent contrescarpes, enduisoyent courtines Dressans cavalliers pour y accommoder grand' quantité d'artillerie Il y a trois sortes de gloire, la divine, celle du cavallier, et celle du barbier Ils l'avoient laissé aller sur foi de cavalier Vous mesme estes trop cavallier pour estre bigot jusques là Nostre cavalliere, se voiant l'entrée de sa maison impossible, s'en court à Turenne C'estoit afin d'eslever une grande tour pour commander en cavalier à la bresche De chevalerie nous avons faict cavallerie, de chevalier cavalier
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 17 sens
n.
Celui, celle qui est à cheval. Il trouva des cavaliers sur le chemin. Il y avait trois ou quatre cavaliers autour de la voiture.
être bon cavalier, être bien à cheval, savoir bien conduire un cheval; et, dans le sens contraire, être mauvais cavalier. Elle est bonne cavalière, elle est mauvaise cavalière.
C’est un beau cavalier, se dit d’un Homme qui a bonne grâce à cheval.
Il signifie aussi Soldat qui fait partie d’une formation de cavalerie. Il y a eu dans le combat tant de cavaliers tués, démontés. Ce peloton est de cinquante cavaliers.
Il signifie quelquefois simplement, dans le langage familier, Homme, par opposition à Dame ou Demoiselle. Nous étions cinq femmes et nous n’avions pas avec nous un seul cavalier. C’est un joli, un beau, un aimable cavalier. Donner la main à son cavalier.
Servir de cavalier à une dame, être son cavalier, Lui donner le bras dans une réunion, la faire danser dans un bal. On dit d’un Homme du monde, qui, par galanterie, s’astreint aux volontés d’une dame et lui rend des soins empressés, qu’il est son Cavalier servant.
Le cavalier seul se dit, en termes de Danse, d’une Figure du quadrille où l’homme danse seul, et aussi du Pas qu’il exécute ainsi. Faire un cavalier seul.
En termes du jeu d’échecs, il se dit de Pièces dont la marche est d’aller du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant d’abord en avant, puis de côté et en laissant une case entre deux. Les cavaliers blancs. Les cavaliers noirs. Le cavalier du roi. Le cavalier de la dame. Il faut que le roi se déplace quand le cavalier lui donne échec. On ne couvre point l’échec du cavalier.
En termes de Ponts et chaussées, il se dit d’un Amas de terre le long d’une route, d’un canal, etc.
En termes d’Imprimerie, il se dit du Papier d’impression dont le format est intermédiaire entre le carré et le raisin.
Il s’emploie aussi comme adjectif et signifie Qui est libre, aisé, dégagé. Il ne se dit que de l’Air, des manières, et se prend rarement en bonne part. Avoir l’air cavalier, la mine cavalière. Prendre des airs cavaliers.
Il signifie, par extension, Qui est brusque et hautain, ou Qui est inconvenant, trop leste. Faire une réponse cavalière. Traiter quelqu’un d’une façon cavalière. Ce procédé me paraît un peu cavalier. Il prit avec elle un ton fort cavalier. Il lui tint des propos assez cavaliers.
Il se dit encore en parlant d’Endroits spécialement affectés au passage des gens à cheval. Rue cavalière. Route cavalière.
En termes de Dessin, Perspective cavalière. Voyez — PERSPECTIVE.
à LA CAVALIÈRE
loc. adv.
En cavalier. être vêtu à la cavalière. Agir à la cavalière. Il a vieilli.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cavalier#13868.