caution

caution

nom, féminin, /kosjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Engagement que l'on prend pour un autre, et, par extension, la personne même qui prend cet engagement. Être caution de quelqu'un. Se rendre, se porter caution. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Mettre en liberté sous caution, moyennant caution. En matière civile, engagement de satisfaire à une obligation au défaut du contractant. En matière correctionnelle, garantie donnée qu'un prévenu se représentera quand il en sera requis. Élargir quelqu'un à la caution d'un autre. Caution bourgeoise, caution solvable et facile à discuter. Caution judicatum solvi (caution que ce qui sera jugé sera payé), garantie de frais et dommages qu'on peut exiger de l'étranger qui intente une action en France contre un Français.

    Il se constitue caution pour les insolvables — Bossuet (1627-1704)

    Il a trouvé une caution capable de payer pour lui — Bossuet (1627-1704)

  2. Sujet à caution, qui doit donner caution, et par conséquent suspect.

    Ces choses-là sont un peu sujettes à caution — Molière (1622-1673)

    Ce pays-ci est un peu sujet à caution — Molière (1622-1673)

  3. Fig. Témoin, témoignage de la réalité d'une chose.

    Je vous suis caution qu'il est très honnête homme — Molière (1622-1673)

    Les épreuves que tout le monde a vues de l'infaillibilité de mes prédictions sont les cautions suffisantes des promesses que je puis faire — Molière (1622-1673)

Étymologie : Provenç. cautio ; espagn. caucion ; portug. caução ; ital. cauzione ; du latin cautionem, de cautum, supin de cavere, prendre garde, qu'on regarde comme équivalent au sanscrit skav, gothique skavjan, l's étant tombée, ce qui arrive souvent.

Historique : XIIIe s. Car il convient que li procureur face caution Et se ceste caucion est obliée, li avoés a bone caucion contre l'avoeor XVIe s. Mais la caution et prevention dont les fourmis usent à ronger le grain de froment.... Les cautions judiciaires n'ont point de lieu entre les François À cettui-ci [l'ordre du Saint-Esprit] il apporta des cautions pour empescher d'y entrer ceux qui ne pouvoient prouver leur noblesse Il faut tirer du sang ; avec ceste caution que, s'il se monstre noirastre et espais, il le faut laisser couler

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ce qu’on donne ou dépose en garantie d’un engagement pris par soi- même ou par un autre. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Il a été mis en liberté provisoire sous caution, avec caution, moyennant caution.

  2. Caution bourgeoise se disait autrefois d’une Caution solvable et facile à discuter. La caution n’est pas bourgeoise, La garantie est insuffisante.

  3. Caution judicatum solvi, La caution qu’on peut obliger un étranger à fournir, lorsqu’il veut intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français. La caution judicatum solvi est exigée pour assurer le paiement des frais et dommages-intérêts auxquels le procès pourrait donner lieu.

  4. Prov. et fig., Il est sujet à caution, se dit de Quelqu’un à qui il ne faut pas trop se fier. On dit de même, Cette histoire, cette nouvelle est sujette à caution, Elle est douteuse.

  5. Caution juratoire. Voyez

  6. JURATOIRE.

  7. Il désigne aussi Celui qui donne ou dépose en garantie. Servir de caution. Se porter caution.

  8. Fig., être caution, Se rendre caution d’une chose, Assurer, garantir que telle nouvelle est vraie, que telle chose est arrivée ou arrivera.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cautions — pluriel — /kosjɔ̃/
  • caution — singulier — /kosjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée caution#13849.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.