cas

cas

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui sonne le cassé. Mot vieilli.

    D'une voix rauque et casse ainsi me répondit — Mathurin Régnier (1573-1613)

    As-tu pris garde ? il parlait d'un ton cas — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Provenç. cass ; du latin cassus, vide, inutile, ou de quassus, endommagé, affaibli, les deux mots s'étant probablement confondus pour former le mot roman.

Historique : XIIe s. À ses clers [il] prist conseil qui nel deçurent pas : Li quels direit sa cause ; il s'en firent tout quas [ils s'y refusèrent] Brisié et cas XIIIe s. Et tous les autres estrumens Qui sunt piliers et argumens à soutenir nature humaine, Qui sans eus fust et casse et vaine Il fut semons ; li prestres vient : Venuz est, respondre convient à son evesque de cest quas Dont li prestres doit estre quas XVe s. Cloez l'œil de, je hay telz fais ; Les paupieres de je m'en tais ; L'oreille de, tout sonne cas XVIe s. Autres manieres de chansons, Leans on chante à voix contraintes, Ayans casses et mes…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée CAS, CASSE.

cas

nom, masculin, /ka/

Définitions

  1. Situation ou fait qui se présente, circonstance particulière.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Situation individuelle examinée par une autorité, un praticien ou un service.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Atteinte d'une maladie observée chez un individu donné.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Forme que prend un mot variable selon sa fonction dans les langues à déclinaison.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (16 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Ce qui est advenu ou peut advenir, circonstance, fait, histoire, hypothèse. Personne n'est responsable des cas fortuits. En cas de guerre. Au cas de mort. Le cas advenant qu'on soit dépossédé. Agir selon le cas. L'exigence du cas. Il pleut : en ce cas je prends un manteau. C'est le cas ou jamais. Cela change bien le cas. Dans le cas contraire. Le cas échéant. Cas fortuit, événement accidentel. En cas de, quant à. En cas de fruits, je n'en mange pas de crus. Cette tournure vieillit. Cas métaphysique, hypothèse par impossible. Vieilli.

    Juge si sa colère implacable en ce cas.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous auriez aperçu Jeannette sous vos pas, Dont l'oreille subtile a découvert le cas — Molière (1622-1673)

  2. Terme de jurisprudence. L'espèce d'une loi, cause, délit, crime. Ce n'est pas là le cas de la loi que vous citez. Les cas que la loi n'a pas prévus. On lui soumet le cas suivant. Quand les deux parties eurent exposé leurs cas. Les cas royaux et prévôtaux étaient certains crimes dont connaissaient les juges royaux et prévôtaux à l'exclusion des subalternes. Cas privilégiés, royaux, crimes dont les juges royaux pouvaient seuls connaître, sans exception de condition. La fausse monnaie, le duel, étaient cas privilégiés. À l'égard des ecclésiastiques, le cas privilégié, cas où il s'agissait de prononcer une peine afflictive contre un ecclésiastique, malgré le privilége clérical. L'official jugeait le prêtre, mais le juge royal assistait pour le cas privilégié, attendu que l'église ne condamne pas à peine afflictive. On dit des affaires qui se font extraordinairement en considération du mérite de quelque personne ou de quelque circonstance importante, que c'est un cas privilégié, qu'il ne tire point à conséquence. Il a été condamné pour les cas résultant du procès, c'est-à-dire il a été condamné non pas pour le fait même du procès, mais pour plusieurs choses dont il y avait preuve au procès. Son cas va mal, n'est pas net, est véreux, sale, se dit d'un homme en danger pour un crime, une mauvaise affaire. Il sent son cas véreux, il a la conscience de son méfait, du danger qu'il court. Il est dans un vilain cas, il est dans une affaire vilaine, désagréable, honteuse. En général, espèce particulière de fait. Mon cas est embarrassant.

    La polygamie est un cas pendable — Molière (1622-1673)

    Et si, par un malheur, j'en avais fait autant, Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant. - Je ne vois pas pour moi que le cas soit pendable — Molière (1622-1673)

  3. Cas de conscience, difficulté ou question sur un point de morale religieuse. Cas, absolument, pour cas de conscience. Par extension, scrupule. Je me ferais un cas de conscience de rien faire qui pût augmenter sa peine. C'est un cas de conscience de déranger un homme aussi occupé. Cas réservés, péchés dont on ne peut être absous que par l'évêque ou même le pape. Cas s'est dit autrefois familièrement pour confession, péché. Ce confesseur entend ordinairement mon cas.

    Or, toi qui te connais au cas de conscience — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Mais, censeurs, ne vous tourmentez pas autour de ces cas de conscience — Diderot (1713-1784)

  4. Chose qui convient, qui fait l'affaire. N'allez point chercher plus loin, c'est là votre cas. Familièrement. Dans le cas de, en état de, capable de. Ils ne seraient pas dans le cas de te secourir. Il n'était pas dans le cas de se tenir debout. Vous vous mettrez dans le cas de partir avec moi. C'est un grand cas, c'est chose importante, considérable, difficile. Cette tournure vieillit.

    On dit qu'on vous marie ; Je sais bien votre cas, un homme grand, adroit.... — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Bertaut, c'est un grand cas [c'est malaisé], quoique l'on puisse faire.... — Mathurin Régnier (1573-1613)

  5. Faire cas de.... Estimer, tenir compte de.

    Comment faites-vous cas de chose si petite ? — Malherbe (1555-1628)

    Je ne peux pas faire cas de cette règle — Pascal (1623-1662)

  6. Terme de grammaire. Désinence variable des mots qui se déclinent. La déclinaison latine a six cas.

    Nous n'avons point de cas en français ; nous nommons l'objet de notre pensée ; et les rapports sont marqués par des prépositions ou par la place du mot — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  7. En langage de médecine, maladie considérée dans le sujet particulier qui en est affecté. Il y a eu dans la ville des cas nombreux de choléra. Le cas est grave. Un cas très digne d'être observé attentivement. Cas rare, en anatomie, physiologie et pathologie, ce qui présente quelque chose d'extraordinaire.

  8. Terme d'algèbre. Cas irréductible, celui où les racines d'une équation du 3e degré sont réelles et inégales.

  9. Familièrement, excrément, ordure, obscénité. Il a fait son cas au pied d'un mur. Fig. Il montre son cas, il se découvre d'une manière déshonnête.

  10. En tout cas, loc. adverb. Quoi qu'il arrive, à tout événement. Vous n'avez plus rien à craindre ; cependant en tout cas soyez prudent. En tout cas comptez sur moi.

  11. Au cas que, loc. conj. qui veut le subjonctif. Supposé que. En cas que, loc. conjonct. qui veut le subjonctif. Même sens. En cas qu'il vienne.

    Je ne donnerai ici que les règles de la première méthode, et encore au cas qu'on ait accordé les principes — Pascal (1623-1662)

    Il n'est hérétique qu'au cas qu'il soit conforme à ces erreurs condamnées — Pascal (1623-1662)

  12. En cas, pris substantivement, chose préparée en cas de besoin chez les princes. Une volaille froide pour l'en cas de nuit. Dans une promenade, un en cas, une voiture en cas de pluie. Dans le langage familier, un en cas est tout ce qui peut servir en un cas imprévu. S'il nous vient du monde, nous avons un en cas. Un en-cas, un parapluie ; un en-tout-cas, un petit parapluie, qui peut servir aussi d'ombrelle, ou plutôt une grande ombrelle qui au besoin sert de parapluie.

    De ce lourd carrosse on fait un en cas — Béranger (1780-1857)

Étymologie : Provenç. cas ; espagn. et ital. caso ; de casus, chute, cas, événement, désinence, dont le radical se trouve dans cadere, tomber (voy. CHOIR).

Historique : XIIe s. Si l'a contre son pis [poitrine] levé, à un desruban [précipice] l'a porté Entre ses bras trestout pasmé, Ouvri ses mains, lascha ses bras ; Cil fu pesans, si prist tel cas [chute] Aval la faloise el rochier, N'i remest [reste] os à despechier [dépecer] XIIIe s. Car de toz cas d'armes sunt femes excusées en lor persones Quant enfes qui est sous aagiés fet aucun cas de crieme, on doit regarder le [la] maniere du fet XIVe s. Car en yver à cas d'aventure peut l'en veoir une aronde ... et toutevoies il ferist aucun à cas d'aventure En cas où combattre [ils] ne se voulissent En cas que nous…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. T. de Grammaire — Chacune des différentes désinences que prennent les noms, les adjectifs, les pronoms et les participes, dans les langues où ils se déclinent. Il n’y a point de cas proprement dits dans la langue française, mais seulement des formes différentes dans les pronoms. Ce mot latin, ce mot grec est à tel cas.

  2. Il signifie aussi Accident, aventure, conjoncture, occasion; fait arrivé, ou qui peut arriver. Cas fortuit. Par cas imprévu. Un cas extraordinaire. Un cas grave, étrange, rare. Ce qui est bon dans un cas ne l’est pas dans un autre. Selon l’exigence du cas. En tel cas. En pareil cas. En certains cas. En ce cas, il faudrait. Le cas est différent. C’est un tout autre cas. Ce n’est pas là le cas dont il s’agit. Dans le cas contraire. Dans de certains cas. Dans ce cas-là. Cas particulier. Nous ne sommes pas dans le cas de l’article cité. Ce cas n’a point été prévu par la loi, par le code. Cas rédhibitoire. Auquel cas. Le cas échéant. En cas de mort. En cas de rupture. En cas de guerre. En cas de besoin. Il y a eu dans cette localité des cas de choléra et plusieurs cas de diphtérie. C’est le cas de dire..., c’est le cas, ou jamais, d’agir de telle façon, de dire telle chose. Mon cas n’est pas douteux. Le cas est clair.

  3. Un cas de guerre, Un événement qui peu donner lieu à la guerre. Un cas de divorce, Un fait qui peut donner lieu au divorce.

  4. Fam., être dans le cas de faire une chose, Avoir occasion ou pouvoir de la faire. Je voudrais être dans le cas de vous obliger. Il signifie aussi être homme à faire telle ou telle chose... Si vous le brusquez, il est dans le cas de tout abandonner.

  5. EN-CAS s’emploie comme nom masculin et signifie Repas léger préparé pour servir en cas de besoin. Préparer un en-cas, l’en-cas de nuit.

  6. Employé comme nom masculin, EN-CAS ou EN-TOUT-CAS désigne aussi une Ombrelle plus grande que les ombrelles ordinaires et qui peut servir dans les cas de pluie.

  7. EN CAS QUE... AU CAS QUE... AU CAS Où... loc. conj.

  8. Supposé que... En cas qu’il vienne. Au cas que nous soyons d’accord sur ce point. Au cas où une complication se produirait, faites-moi venir. On dit dans le même sens Dans le cas où.

  9. EN TOUT CAS

  10. loc. adv.

  11. Quoi qu’il arrive, à tout événement. Je vous paierai dans un mois, je l’espère : en tout cas, je vous donnerai des sûretés suffisantes.

  12. En termes de Jurisprudence, il signifie Fait, action, crime. Un cas pendable. Fam. et ironiquement, Un cas pendable, Un acte indigne de pardon.

  13. Fam., Son cas est mauvais, son cas n’est pas net, se dit en parlant de Quelqu’un qui est en danger pour quelque crime, pour quelque mauvaise affaire. On dit dans le même sens Se mettre dans un mauvais cas.

  14. Prov., Tout vilain cas, tout mauvais cas est niable, se dit lorsqu’une personne a commis une faute grave et que la honte ou la crainte du châtiment la porte à la nier.

  15. Cas de conscience, Difficulté ou question sur ce que la religion permet ou défend en certains cas. Ce docteur est fort versé dans les cas de conscience. Un cas de conscience fort difficile à résoudre. Il signifie aussi, d’une façon plus générale, Difficulté sur une question de devoir ou de morale. Je m’en fais un cas de conscience, Je m’en fais scrupule.

  16. CAS signifie encore Estime. Faire cas de quelqu’un ou de quelque chose, L’estimer, en avoir bonne opinion. Faire grand cas d’un homme. C’est un ministre qui sait faire cas des hommes de mérite. Ne faire cas que de l’argent. On ne fait pas grand cas de ce qu’il dit. On n’en fait nul cas. Voilà le cas, le peu de cas que je fais de vos objections.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • cas — forme de base — /ka/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cas#13542.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.