carte

carte

nom, féminin, /kaʁtə/

Définitions

  1. Représentation graphique d'un territoire ou d'une partie de la Terre.

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  2. Petit carton rectangulaire marqué de figures, utilisé dans divers jeux.

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  3. Document personnel attestant une identité, une appartenance ou donnant accès à un service.

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  4. Liste des plats et des boissons proposés dans un restaurant.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (27 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Proprement, papier, usité seulement en cette locution : carte blanche, carte sur laquelle il n'y a rien de tracé. Fig. Plein pouvoir. Anciennement, offrir la carte blanche, provoquer en duel.

    J'ai carte blanche là-dessus.... L'alla trouver, lui mit la carte blanche — La Fontaine (1621-1695)

    Charles donna carte blanche à son ministre — Voltaire (1694-1778)

  2. Feuille épaisse faite de plusieurs feuilles de papier collées ensemble. On fait des ornements de plafonds avec la carte dorée. Carton dont se servent les artificiers. Carte en deux, en trois, carton composé de deux, trois feuilles de gros papier gris. Gros carton pour former les cartouches les plus fortes. Terme de soierie. Mettre un dessin en carte, c'est faire sur un papier quadrillé le plan du tissu que l'on veut produire, en marquant minutieusement la place de chaque fil.

    Le côté gauche n'était paré que d'un chapeau dans un étui de carte — Scarron (1610-1660)

  3. Carte à jouer, ou simplement, carte, petit carton fin en carré long, marqué d'un côté d'une figure ou d'une couleur (Voyez TAROT). Jouer aux cartes. Battre ou mêler les cartes. Donner, faire les cartes. Carte haute, celle qui est marquée d'une figure ; carte basse, celle qui n'est marquée que d'une couleur. Fausse carte, carte marquée avec laquelle on pipe au jeu, et aussi, carte entrée seule dans un jeu et qui est désavantageuse. Avoir cartes blanches, n'avoir aucune figure dans son jeu. Faire la carte, perdre la carte, gagner, perdre l'avantage attribué au joueur qui fait le plus de levées. Fig. On ne sait jamais avec lui de quelle carte il retourne, c'est-à-dire l'on ne sait à quoi s'en tenir, ni ce qu'il veut. Le dessous des cartes, le côté coloré qui reste caché quand on donne ou qu'on coupe ; et figurément, ce qu'il y a de caché dans une affaire. À l'écarté et quelques autres jeux, demander cartes, demander des cartes, proposer d'écarter, de mettre de côté un certain nombre de cartes dont on n'est pas content pour en prendre de nouvelles. Prendre les cartes, se dit d'un joueur qui en remplace un autre. J'ai perdu ; à vous de prendre les cartes ; et fig. prendre les cartes, prendre la direction d'une affaire. Prendre des cartes, à certains jeux, changer les cartes que l'on a pour d'autres qui sont au talon ; et fig. prendre des cartes, se dit quand on ne se soucie pas du mécontentement de quelqu'un. Cela lui déplaît ? il en sera quitte pour prendre des cartes. Vous n'êtes pas content, eh bien ! prenez des cartes. Aller aux cartes, se dit, à l'écarté, pour prendre des cartes. Au piquet, avoir cinq cartes, six cartes, signifie avoir cinq, six cartes de la même couleur. À divers jeux, payer en cartes, avoir le même point que le banquier et, par conséquent, ne pas payer l'enjeu. Brouiller les cartes, les mêler confusément pour empêcher de jouer une partie qu'on craint de perdre ; et fig. chercher à embrouiller les affaires. Les cartes se brouillent, les affaires s'embarrassent. Jouer cartes sur table, jouer en laissant voir son jeu, les cartes que l'on porte, et fig. montrer ouvertement ce qu'on fait, comment on le fait, pourquoi on le fait. Tirer les cartes, prédire l'avenir à l'aide de l'arrangement fortuit des cartes ; et figurément, je n'aime pas à tirer les cartes, à faire des prédictions sur les événements. Filer la carte, tricher en faisant filer et en escamotant une carte. Château de cartes, échafaudage de cartes que s'amusent à faire les enfants. Et fig. Petite maison plus jolie que solide. Au plur. Les cartes, celles avec lesquelles on a joué et qu'on laisse aux domestiques qui les revendent ; et, par extension, l'argent que les joueurs laissent pour le payement des cartes. Mettre aux cartes. On dit plutôt mettre au flambeau. En termes de cartier, feuille de carton où il y a plusieurs cartes non coupées. Savonner les cartes.

    Pourquoi voit-on des imbéciles qui y excellent [au jeu d'hombre ou d'échecs], et de très beaux génies qui n'ont pu même atteindre la médiocrité, à qui une pièce ou une carte dans les mains trouble la vue et fait perdre la contenance ! — La Bruyère (1645-1696)

    Les cartes emploient le loisir de la prétendue bonne compagnie, d'un bout de l'Europe à l'autre — Voltaire (1694-1778)

  4. Billet d'admission en quelque lieu, papier qui constate la qualité d'une personne. Carte d'électeur. d'étudiant, d'agent de police. Carte de spectacle, d'entrée, de présence, de sûreté, etc.

  5. Carte de visite, petite carte sur laquelle on laisse son nom à la porte des personnes chez qui l'on va, soit qu'on ne les rencontre pas, soit qu'on veuille seulement se rappeler à leur souvenir. Envoyer sa carte à quelqu'un, lui faire porter sa carte par politesse, et aussi quelquefois le provoquer en duel. Cartes d'adresse, les cartes que fait distribuer un marchand pour faire connaître sa maison.

    Les ordres que j'ai reçus m'ont obligé de partir si précipitamment que j'eus à peine le temps de porter chez vous ma carte — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  6. Liste des mets qu'un restaurant offre à ses pratiques. La carte de ce restaurant est très variée. Restaurant à la carte, restaurant dans lequel une carte indique la nature et le prix de chaque mets. Dîner à la carte. La note des mets qu'on s'est fait servir dans un restaurant, dite aussi carte à payer, carte payante. Le menu d'un dîner. Par extension, un mémoire de dépenses quelconques.

    L'ogre a dîné ; peuples, payez la carte — Béranger (1780-1857)

    Gourmands, cessez de nous donner La carte de votre dîner, — Béranger (1780-1857)

  7. Terme de géographie. Feuille de papier sur laquelle est représentée quelque partie de la terre. Dresser, faire la carte d'un pays. Carte universelle, synonyme de mappemonde. Carte générale, la carte d'une contrée entière, par opposition aux cartes particulières qui n'en représentent que des portions. Carte topographique, celle qui donne la représentation d'une localité circonscrite. Absolument, la carte, l'ensemble des pays représentés par les cartes géographiques. Par extension, la connaissance géographique d'un pays. Étudier la carte d'Allemagne. Fig. La carte du pays, ou, simplement, la carte, la connaissance de ce qui meut, intéresse, agite une société, une famille. Fig. Perdre la carte, se troubler, perdre la tête, ne plus savoir ce qu'on dit, ce qu'on fait. Par extension, carte hydrographique, carte qui représente l'hydrographie d'un pays. Carte marine, carte qui représente les côtes et parages de la mer, pour connaître les routes et régler les estimes. Cartes pilotes, cartes indiquant la direction du vent en un point quelconque de l'Océan et pour chaque mois de l'année. Carte astronomique ou céleste, carte du ciel, carte qui représente les constellations dans la situation qu'elles ont les unes à l'égard des autres. Carte généalogique, carte qui représente la généalogie d'une maison, d'une famille.

    Loin de vous Je ne puis voir sur la carte D'asile pour moi plus doux — Béranger (1780-1857)

    Il sut dans peu la carte du pays, Connut les bons et les méchants maris — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Bourguig. catte ; provenç. espagn. et ital. carta ; du latin charta. Ajoutez : Malgré la certitude apparente que carte vient de charta, des doutes sont survenus. Ils ont été suggérés par ce texte-ci : XVIe s. Millier poisant de quartes de papier M. Mantellier remarque que quarte peut signifier quart de feuille, feuille de papier coupée ou pliée en quatre, et il renvoie à Du Cange, quarta. Du Cange a, en effet, quarta au sens de papier, charte, dans des textes latins dont l'un est de l'an 1078, et quartula, petit papier, petite charte, dans un texte de 1268. Une telle orthographe est donc ancie

Historique : XIVe s. Les autres jouans aux cartes et aux autres jeux d'esbatemens XVe s. Nos bourgeoises tiennent ces termes, De façonner leurs culs de cartes, Affin qu'ils en semblent plus fermes XVIe s. Mascher les chartes [à jouer], se gorger d'une balle de dez C'est une charte blanche preparée à prendre du doigt de Dieu telles formes qu'il luy plaira d'y graver Comme dict Plutarque de la teste des histoires, qu'à la mode des chartes, l'orée des terres cogneues est saisie de marests, deserts, etc. Il estoit du party contraire au nostre, mais je n'en sçavois rien, il se contrefaisoit aultre ; et le pis d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Petit carton fin, coupé en rectangle, qui est marqué, d’un côté, de quelque figure et de quelque couleur et dont on se sert pour jouer à divers jeux. Un jeu de cartes. Des cartes de piquet. Jouer aux cartes. Battre, mêler les cartes. Donner, faire les cartes. Couvrir la carte. Faire une carte. Amener une carte. Il lui est rentré une carte qui lui fait beau jeu. Faire des tours de cartes. Escamoter une carte. Carte biseautée.

  2. Cartes blanches, Cartes parmi lesquelles il n’y a pas de figures.

  3. Carte forcée, Carte qu’un prestidigitateur fait prendre à quelqu’un qui croit la choisir. Fig., C’est la carte forcée, se dit d’une Résolution à laquelle on est acculé, qu’on est obligé de prendre.

  4. Le dessous des cartes, La partie colorée des cartes qui reste cachée quand on donne ou qu’on coupe. Quand on donne les cartes, il ne faut pas en laisser voir le dessous. Fig. et fam., Voir, connaître le dessous des cartes, Apercevoir, connaître les ressorts secrets d’une affaire, d’une intrigue. Il en sait là-dessus plus qu’un autre, il a vu le dessous des cartes. On dit de même Il y a dans cette affaire un dessous de cartes, c’est-à-dire Quelque chose de secret, de caché, dont il faut se défier.

  5. Fig. et fam., Brouiller les cartes. Voyez

  6. BROUILLER.

  7. Fig. et fam., Jouer cartes sur table, Ne pas dissimuler le motif pour lequel on agit, ne pas cacher les moyens dont on fait usage dans une affaire. C’est un homme franc et qui joue toujours cartes sur table.

  8. Tirer les cartes, Chercher l’avenir dans la disposition fortuite des cartes. Tirer les cartes à quelqu’un.

  9. Fig. et fam., Château de cartes, Sorte de petit château que les enfants font avec des cartes.

  10. Au pluriel, il se dit, par extension, de Ce que les joueurs laissent pour le paiement des cartes. Les cartes rapportent beaucoup à ce cercle.

  11. Il se dit aussi du Jeu de cartes lui-même et des profits ou des pertes dont il est l’occasion. Il vit des cartes. Les cartes l’ont ruiné.

  12. Il se dit encore de l’Espèce de billet, ordinairement imprimé, qu’on délivre à une personne pour qu’elle soit admise en quelque lieu, ou pour qu’elle puisse, au besoin, faire reconnaître sa qualité, etc. Carte d’entrée. Carte d’étudiant. Carte d’électeur. Carte de présence. Carte de bal. Carte d’identité. Carte d’abonnement. Carte de circulation.

  13. Carte de visite, ou simplement Carte, Petite carte sur laquelle on a écrit ou fait graver son nom et qu’on laisse à la porte des personnes qui se trouvent absentes lorsqu’on va pour leur rendre visite. J’ai laissé ma carte chez son concierge. Envoyer sa carte à quelqu’un, Lui envoyer sa carte, comme marque de politesse. Remettre sa carte à quelqu’un, se dit quelquefois pour Provoquer en duel.

  14. Carte postale, Carte vendue par l’administration des Postes et dont l’un des côtés est réservé à l’adresse, l’autre à la correspondance. Carte postale illustrée. Carte-lettre, Carte postale fermée.

  15. Carte d’échantillons, Carte sur laquelle sont collés des échantillons de diverses étoffes.

  16. Fig., Donner, laisser carte blanche à quelqu’un, Donner plein pouvoir à quelqu’un, l’autoriser à faire tout ce qu’il lui plaira. Le gouvernement a donné carte blanche à ce général. On dit dans le même sens Avoir carte blanche. J’ai carte blanche là-dessus.

  17. Il se dit aussi de la Liste des mets qu’on peut demander dans un restaurant. Demander la carte. La carte de ce restaurateur est très variée. Tel mets n’est pas sur la carte. Déjeuner, dîner à la carte se dit par opposition à Déjeuner, dîner à prix fixe, et signifie qu’on déjeune ou qu’on dîne en choisissant sur la carte les plats que l’on préfère. On dit aussi Carte des vins. Il signifie aussi un Mémoire de dépenses dans l’expression suivante Carte à payer.

  18. En termes de Géographie, il se dit de la Représentation sur une surface plane de la figure du globe terrestre soit dans son ensemble, soit dans une de ses parties. Carte de géographie. Carte géographique. Carte routière. Carte en relief. Carte muette, Carte sur laquelle les noms géographiques ne sont pas inscrits. Dresser, faire la carte d’un pays. Cet atlas contient tant de cartes. Cartes du dépôt de la guerre. Carte d’état-Major.

  19. Il signifie quelquefois, par extension, la Connaissance géographique d’un pays. Apprendre, étudier, montrer la carte d’Allemagne.

  20. Carte générale, Carte de toute une contrée par opposition à Celles qui n’en représentent que certaines portions et qu’on nomme Cartes particulières.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cartes — pluriel — /kaʁtə/
  • carte — singulier — /kaʁtə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée carte#13496.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.