carillon
nom, masculin, /kaʁijɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Sonnerie de cloches accordées à différents tons. Air qu'on exécute sur ces cloches ainsi accordées. Spécialement, les airs joués dans des horloges publiques à l'aide d'un mécanisme qui produit toujours le même chant. Les carillons de la Samaritaine. Horloge, montre, boîte à carillon ou, simplement, carillon, horloge, montre, boîte qui sonne ou joue différents airs. Il a un carillon de Genève qui joue dix-huit airs.
Les carillons ont, dit-on, été inventés en Flandres où ils sont fort communs — NOËL et CARPENTIER
Comme on fait plutôt le carillon pour les cloches que les cloches pour le carillon, l'on n'y fait entrer qu'autant de sons divers qu'il y a de cloches — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Battement de cloches à coups précipités et cadencés. Sonner le carillon. Sonner à double carillon. Fig. et familièrement. À double, à triple carillon, très fort, excessivement. Il fut sifflé à double carillon. Terme de physique. Carillon électrique, petit carillon composé de trois timbres que l'électricité met en mouvement.
Les carillons des cloches semblaient augmenter l'allégresse publique — Chateaubriand (1768-1848)
Du pieux carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées — Lamartine (1790-1869)
Fig. et familièrement, tapage, crierie. Ces enfants font un carillon insupportable. Sa femme lui fera un beau carillon.
Terme de métier. Barre de fer de 18 à 20 millimètres carrés.
Anciennement, sorte d'ornement d'un bonnet de femme.
Habillée du bel air, avec de petits bonnets à double carillon — Mme de Sévigné (1626-1696)
Carillon de Dunkerque, air vif, à 2/4, composé de deux reprises, chacune de huit mesures, ainsi nommé sans doute parce qu'il y avait à Dunkerque une horloge qui jouait cet air-là. Danse très vive ou plutôt ronde qui se joue sur cet air et par laquelle on termine souvent les bals bourgeois. Elle commence par un grand rond ; après quoi, les danseurs en place frappent trois fois dans leurs mains, puis trois fois du pied à terre ; enfin chaque cavalier fait tourner la dame qu'il a à sa gauche, en ayant soin de la déposer à sa droite. On recommence ensuite le grand rond, puis les battements de mains et de pieds, et les tours de main qui à chaque fois donnent une nouvelle dame à chaque cavalier.
Étymologie : Ménage, qui écrit carrillon, indique la vraie étymologie : un mot bas-latin quadrilio signifiant un quaternaire, à cause que les carillons se faisaient autrefois avec quatre cloches ; l'ancien français carenon a le même sens, mais vient de quaternio.
Historique : XIIIe s. Et les cordes corut saisir, Les sains [cloches] sone de grant aïr à glaz, à treble, à carenon
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Réunion de cloches accordées à différents tons ou Air qu’on exécute sur ces cloches. Le carillon de Dunkerque.
Horloge, pendule, montre à carillon, Horloge, pendule, montre qui sonne des airs à de certains intervalles.
Il se dit aussi d’un Battement de cloches à coups précipités, avec une sorte de mesure et d’accord. Sonner le carillon. Sonner à double carillon.
Il signifie encore, figurément et familièrement, Crierie, grand bruit. Quand la maîtresse du logis verra ce désordre, elle fera un beau carillon.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- carillons — pluriel — /kaʁijɔ̃/
- carillon — singulier — /kaʁijɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée carillon#13359.