carabin
nom, masculin, /kaʁabɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Anciennement, carabin de Saint-Côme (Saint-Côme était l'école de chirurgie, à Paris), frater, garçon chirurgien. Aujourd'hui, familièrement et par dénigrement, étudiant en médecine.
Quand nous mourons, vieux ou bambin.... On vend le corps au carabin — Béranger (1780-1857)
Étymologie : Carabin 1, dont on avait depuis longtemps fait un terme de dénigrement comme on peut voir à l'historique.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Soldat de cavalerie légère au XVIe siècle. Fig. Tirer son coup en carabin, jeter un mot dans un débat, sans insister et sans le soutenir. Par injure .... Fat, animal.
Vous êtes obligée de n'exposer pas davantage à la funeste adresse d'un carabin tant de vertus naturelles et acquises, civiles et militaires — Guez de Balzac (1597-1654)
D'une charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre de camp général des dragons — Saint-Simon (1675-1755)
Fig, et familièrement, au jeu, carabin, celui qui hasarde volontiers un coup sans jamais s'engager réellement. Se dit au jeu de lansquenet du joueur qui ne joue pas seul.
Un des noms du blé sarrasin cité dans Ménage et usité encore aujourd'hui en Normandie.
Étymologie : Deux étymologies sont en présence : 1° D'après Diez, calabrin, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre, le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Calabrins, et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cette dernière opinion paraît la plus probable.
Historique : XVIe s. Les carabins de l'armée ennemie, le prenant pour un homme de commandement, l'engagerent dans une escarmouche assez vive De St-Menehoux Missar, qui commandoit les carabins de Metz, desquels le nom a depuis [1575] esté familier, estant allé à la guerre, chargea quelque 40 fourrageurs À son aile gauche il avoit 45 carrabins, qui sont arquebusiers à cheval, armez d'aultre façon que les nostres ; car ce sont presque tous hommes de commandement choisis Tous ceux qui estiment autrement sont pié-gris, rustiques et carrabins Petit rustre, petit carabin, enfant de vanité
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ancien nom d’un soldat de cavalerie qui portait une carabine et que l’on employait d’ordinaire dans les reconnaissances, les escarmouches, etc.
Il se dit, figurément et familièrement, de Celui qui se contente de hasarder quelque chose au jeu de Lansquenet et qui se retire ensuite, soit qu’il ait perdu, soit qu’il ait gagné. C’est un vrai carabin au jeu.
Il désignait aussi autrefois un Garçon chirurgien qui ne restait que quelque temps dans le même hôpital. Il désigne aujourd’hui par plaisanterie un étudiant en médecine.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- carabins — pluriel — /kaʁabɛ̃/
- carabin — singulier — /kaʁabɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée carabin#13155.