caprice
nom, masculin · /kapʁisə/
Usage : fréquent (14 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Envie soudaine et passagère, non commandée par la raison.
Elle a acheté ce sac sur un caprice.
« C'est ma mère et je veux ignorer ses caprices »Jean Racine (1639-1699)
« Le chef de cette république Par caprice ou par politique, La changea bientôt de logis »La Fontaine (1621-1695)
Variation imprévisible et irrégulière de quelque chose.
Les caprices du temps ont gâché notre week-end.
« Hélas ! que le sort des humains Est plein d'un étrange caprice ! »Chaulieu (1639-1720)
« Et, croyant qu'il n'y a pas de loi là où il ne voit point de juges, il fait révérer, comme des arrêts du ciel, les caprices du hasard et de la fortune »Montesquieu (1689-1755)
Vieilli. Inclination amoureuse ou sexuelle passagère et superficielle, sans engagement ni suite.
Ce n'était qu'un caprice d'été, sans lendemain.
Synonyme : passade.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : caprice de la nature · caprices de diva
Grammaire et formes (2)
- caprices : pluriel · /kapʁisə/
- caprice : singulier · /kapʁisə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 4 sens
s. m.
Volonté subite qui vient sans aucune raison. Familièrement. Il a un caprice pour cette femme, il s'en est épris. C'est un séducteur, il a fait bien des caprices, il a attiré sur lui l'attention de bien des femmes. Il faut que je m'en passe le caprice, que je satisfasse ma fantaisie d'avoir cette chose-là.
L'esprit Qui dans ses caprices s'égaie Et souvent se donne la baieMathurin Régnier (1573-1613)
Le chef de cette république Par caprice ou par politique, La changea bientôt de logisLa Fontaine (1621-1695)
Saillie d'esprit et d'imagination, en bonne ou en mauvaise part. Ce poëte ne compose guère que de caprice. C'est un auteur plein de caprice. Terme de musique et, plus particulièrement, de musique instrumentale. Composition où l'artiste écrit au gré de son inspiration, c'est-à-dire sans s'assujettir aux formes qui caractérisent les pièces de musique réglées, telles que les rondeaux, les variations, les menuets, etc. Ce pianiste a joué un fort beau caprice.
Puis dessus le papier mes caprices je rimeMathurin Régnier (1573-1613)
L'élégie en orna ses douloureux capricesBoileau (1636-1711)
Inconstance, irrégularité, mobilité. Les caprices de la fortune. Les caprices de la mode. Absolument.
Quoi ! la nécessité des vertus et des vices D'un astre impérieux doit suivre les capricesPierre Corneille (1606-1684)
Et, croyant qu'il n'y a pas de loi là où il ne voit point de juges, il fait révérer, comme des arrêts du ciel, les caprices du hasard et de la fortuneMontesquieu (1689-1755)
Caprice de houille, veines de houille qui ne suivent pas leur direction ordinaire.
Étymologie : Ital. capriccio ; de capra, chèvre, c'est-à-dire saut de chèvre, chose inattendue ; espagn. capricho.
Historique : XVIe s. Nos nouveaux François italianisez disent : quel caprice ! Et tout ce caprice [l'idée de parler de cela] m'est tombé presentement en main, sur le conte que me faisoit.... Elle n'estoit point femme sans caprice [passion] Le caprice est une volonté qui vient subitement à quelqu'un sans aucune raison
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
n. m.
Volonté irréfléchie, soudaine et passagère. Il se gouverne plus par caprice que par raison. Avoir des caprices. Contenter les caprices d’une personne. être sujet aux caprices d’autrui. Dépendre des caprices d’autrui. Suivre son caprice. Je m’en passerai le caprice. Ce cheval a souvent des caprices.
Il signifie aussi Fantaisie. Un caprice bizarre. Un étrange caprice.
Il signifie aussi Inclination pour quelqu’un ou pour quelque chose, qui naît brusquement et qui ne dure pas. Elle lui a inspiré un caprice plutôt que de l’amour.
Il se dit encore figurément des Irrégularités, des changements auxquels certaines choses sont sujettes. Les caprices de la mode, de l’usage. Les caprices du sort, de la fortune. Les caprices de la langue, du langage.
Il se dit particulièrement de Certaines compositions musicales, où l’auteur semble s’abandonner à sa fantaisie. Aujourd’hui on dit plutôt FANTAISIE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée caprice#13077.