canton

canton

nom, masculin, /kɑ̃tɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Portion de pays comprise entre certaines bornes. En France, les départements sont divisés par arrondissements, les arrondissements par cantons, et les cantons par communes.

  2. Portion de pays considérée à part du reste. Par extension. Il y a longtemps qu'on ne vous avait vu dans nos cantons, c'est-à-dire il y a longtemps qu'on ne vous a vu chez nous, dans notre ville, dans notre village.

    Que l'homme étant revenu à soi considère ce qu'il est au prix de ce qui est ; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature — Pascal (1623-1662)

    C'était à la campagne, Dans un certain canton de la basse Bretagne, Appelé Quimper-Corentin — La Fontaine (1621-1695)

  3. Terme d'eaux et forêts. Canton de bois, portion déterminée dans une forêt en vue d'une certaine destination.

  4. Les Cantons suisses sont les divers États qui composent le corps helvétique. (allusion au dire qui accuse les Suisses d'aimer à boire).

    On connaît moins dans leur canton Le latin que le bas-breton ; Mais ils boivent, comme il me semble, Mieux que tous les cantons ensemble — BOISROBERT

  5. Terme de blason. Partie carrée de l'écu qui est un peu plus petite que les quartiers. Les espaces des croix et des sautoirs.

Étymologie : Provenc. et anc. catal. canton, coin, angle ; ital. cantone ; d'un radical cant qui se trouve dans l'ancien français cant, coin ; dans l'espagnol et le portugais canto, coin, pointe, caillou ; dans l'italien canto, coin, côté, partie ; dans l'anglais cant, pan coupé ; dans le kymri cant, rebord, cercle d'une roue ; dans le latin canthus, cercle d'une roue, qui, d'après Quintilien, est un mot africain ou espagnol ; dans le grec ϰανθὸς, coin de l'œil et cercle de roue ; dans l'allemand Kante, islandais kantz, anglo-saxon cant, rebord, bord aigu, coin. Tous ces mots paraissent tenir les uns aux a

Historique : XIIIe s. Et le ban doit estre crié en quatre cantons [coins] dou champ XIVe s. L'exposant bouta icelui Regnart contre le cornet ou canton [coin] de la porte XVIe s. Il n'y avoit place, canton, carrefour ny carroy, qui ne fust garny ou d'un theatre ou d'un arc Mesmes qu'on nous avoit asseuré qu'on le vouloit tuer par les rues, où nous pensions nous battre à chaque canton

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Certaine partie d’un pays considérée comme distincte du reste de ce pays. Il n’y a dans cette province qu’un canton où l’on fasse du vin. Je ne suis établi que depuis peu dans ce canton. Les cantons voisins des frontières.

  2. On dit dans un sens analogue, en termes d’Eaux et Forêts, Un canton de bois, Une certaine étendue de bois.

  3. Il se dit particulièrement de Certaines subdivisions administratives du territoire français. Les arrondissements sont divisés par cantons. Arrondissement de... canton de... Un chef-lieu de canton. Il y a un juge de paix par canton.

  4. Il se dit encore des états qui composent la Confédération helvétique. Le canton de Vaud. Le canton de Berne.

  5. En termes de Blason, il se dit d’un Quartier qui est moindre que le quartier ordinaire de l’écu. Il se dit encore des Parties dans lesquelles un écu est partagé par les pièces dont il est chargé. Il porte d’or au canton d’azur. Il porte une croix d’or et une étoile à chaque canton.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cantons — pluriel — /kɑ̃tɔ̃/
  • canton — singulier — /kɑ̃tɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée canton#12951.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.