canaille

canaille

adjectif, /kanajə/

Grammaire et formes (2)
  • canailles — pluriel — /kanajə/
  • canaille — singulier — /kanajə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée canaille#12781.

canaille

nom, féminin, /kanajə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Vile populace.

    Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? — La Fontaine (1621-1695)

    Travailler est le fait de la canaille — La Fontaine (1621-1695)

  2. Par extension, gens, quelle que soit leur condition, dignes de mépris ; en ce sens le pluriel est usité. Ces canailles-là. Par antiphrase.

    Quoi ! vous continuez, canailles infidèles ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    La canaille littéraire est ce que je connais de plus abject au monde — Voltaire (1694-1778)

  3. Par badinerie, en parlant d'enfants importuns. Faites taire cette petite canaille.

    .... Ah ! le petit babouin ! Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise ! Et puis prenez de tels fripons le soin ! Que les parents sont malheureux, qu'il faille Toujours veiller à semblable canaille ! — La Fontaine (1621-1695)

  4. Populairement, il se prend comme adjectif indéclinable : des manières canaille, un propos canaille. Populairement aussi, on dit, en parlant d'un seul homme : c'est une canaille.

Étymologie : Wallon, chinêie ; Berry, chienaille ; ital. canaglia ; de cane, chien (voy. CHIEN). Canaille est italien ; chienaille était le mot français.

Historique : XIIIe s. Du mal que nos feisons à ceste chiennaille ne prendra jà garde cil qu'il apelent Seigneur XVIe s. La reigle et police de bien vivre n'a jamais si bien esté ordonnée aux monasteres, qu'il n'y eust tousjours quelques canailles meslez parmi les bons Les rois aux chiens flatteurs donnent le premier lieu, Et de cette canaille endormis au milieu.... Arriere mastins, hors de la quarrière ; hors de mon soleil, canaille au diable

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f. coll.

  1. Terme de mépris. Vile populace. Il n’y avait là que de la canaille. Il fut insulté par la canaille. Toute la canaille s’attroupa dans la place publique. C’est un bateleur qui amuse la canaille.

  2. Il se dit, par extension, des Gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner du mépris. Dans ce cas il peut s’appliquer à une seule personne. Il s’est conduit comme une canaille. Vile canaille. Vous n’êtes qu’une canaille. Ces canailles de domestiques me laissent toujours seul.

  3. Il s’emploie aussi adjectivement. Un air canaille, un ton canaille.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • canailles — pluriel — /kanajə/
  • canaille — singulier — /kanajə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée canaille#12780.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.