cabrer (se)
verbe
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
v. réfl.
En parlant du cheval, se dresser sur les pieds de derrière. En sous-entendant se : ne tirez pas la bride à ce cheval, vous le ferez cabrer.
Ne faites point des coups d'une bride rebelle Cabrer la liberté.... — Victor Hugo (1802-1885)
Fig. S'emporter. Il se cabre au moindre mot.
V. a. Choquer quelqu'un par quelque proposition ou quelque terme qui le révolte.
Je payai [pour lui], en tremblant de le cabrer — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Espagn. cabra, chèvre : se dresser comme une chèvre. Paré a confondu cabrer et cambrer.
Historique : XVIe s. L'animal se sentant blessé, la douleur le fit cabrer Et si d'autres [qu'Alexandre] s'efforçoient y monter, il leur couroit sus, en ronflant et hennissant, et se cambroit sous eux, et les fouloit aux pieds
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. pron.
Se dresser sur les pieds de derrière, en parlant d’un cheval effarouché.
Il signifie au figuré S’emporter, se révolter contre une proposition, un conseil, une remontrance, etc. On ne saurait dire un mot qu’il ne se cabre. Ne lui dites pas cela, vous le ferez cabrer.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée CABRER (SE).