Littré (1873)
s. f.
Brouillard, surtout en parlant des brouillards de mer. Les brumes épaisses qui règnent dans les mers des régions arctiques. Brume sèche, brouillard qui ne dépose aucune humidité. Fig. et poétiquement. Dans la brume tout le monde est pilote, c'est-à-dire, quand personne n'en sait plus que les autres, personne ne peut prendre la direction, et aussi dans le désordre tout le monde ordonne.
Toujours plane une brume Sur cette mer.... — Victor Hugo (1802-1885)
Si quelque brume obscurcit votre aurore, Leur disait-on, attendez le soleil — Béranger (1780-1857)
Étymologie : Provenç. bruma ; catal. broma ; espagn. et ital. bruma ; walaque, brumë, givre ; bas-bret. brumen, brouillard ; de bruma, solstice d'hiver, hiver (les étymologistes latins tirent bruma de brevissuma, brev-u-ma, le jour le plus court). On conçoit comment bruma, l'hiver, a donné son nom à la brume. Déjà dans les Gloses d'Isidore brumosus se trouve avec le sens de pluvieux.
Historique : XIVe s. Si que ces tempestes cesserent, Mais tels brumes i engendrerent, Telz ordures et telz fumées, Qui ne furent gueres amées XVIe s. Sept jours devant et sept jours après brume [le solstice d'hiver], jamais n'y ha sus mer tempeste Cela estoit au temps de la brume, environ le quatorzieme decembre, au solstice hyvernal, lorsque le soleil est au tropic du capricorne
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).