brodequin

brodequin

nom, masculin, /bʁodəkɛ̃/ ou /bʁɔdəkɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Chaussure antique qui couvre le pied et une partie de la jambe.

    Dès que la belle Aurore eut annoncé le jour, le fils d'Ulysse mit ses brodequins — Fénelon (1651-1715)

    Eudore attache à ses pieds des brodequins gaulois formés de la peau d'une chèvre sauvage — Chateaubriand (1768-1848)

  2. Chaussure à l'usage des acteurs qui jouaient la comédie. Fig. La comédie. Chausser le brodequin, composer une comédie, jouer la comédie.

    Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla leurs visages, Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé — Boileau (1636-1711)

    Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ; Reprenons au plus tôt le brodequin comique — Boileau (1636-1711)

  3. Bottines à l'usage des femmes et des enfants.

    Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bouquin [diable] — Béranger (1780-1857)

  4. Rougeur des pieds après un bain de pieds. Prenez le bain de pieds assez chaud pour qu'il se produise un brodequin.

  5. Au plur. Brodequins, nom d'une espèce de torture, où l'on serrait les jambes du criminel entre des pièces de bois, avec des coins, sur lesquels on frappait pour augmenter le serrement.

  6. Terme de manége. Sorte de petits bas à étrier à l'usage des jeunes académistes, et qui faisaient que la botte, bien remplie, ne grimaçait pas.

Étymologie : Espagn. borcegui ; ital. borzacchino ; du flamand broseken, anciennement brosekin, d'après Diez qui soupçonne que le mot flamand a été formé de byrsa, cuir, par interversion. Brodequin, dans l'ancien français, a signifié une sorte de cuir.

Historique : XVe s. Le roy Richard mort, il fut couché sur une litiere, dedans un char couvert de brodequin tout noir Sur iceux chevaux avoit deux pages houssez de petits brodequins jaunes et sans esperons XVIe s. Elle se leva toute seule et print des brodequins et son manteau Et, après qu'il eut fermé la porte et osté sa robe et ses brodequins fourrés, s'en alla se mettre au lit

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Chaussure de peau ou d’étoffe qui couvre le pied et le bas de la jambe et se lace sur le dessus du pied. Une paire de brodequins.

  2. Il s’oppose à Cothurne, pour désigner la Chaussure que portaient les acteurs de comédie chez les anciens. Fig. Chausser le brodequin, Composer une comédie ou Se faire acteur dans la comédie. Quitter le brodequin pour prendre le cothurne, etc.

  3. BRODEQUINS, au pluriel, s’est dit d’une Sorte de question qui se donnait avec des planches et des coins dont on serrait fortement les jambes de l’accusé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • brodequins — pluriel — /bʁɔdəkɛ̃/ ou /bʁodəkɛ̃/
  • brodequin — singulier — /bʁɔdəkɛ̃/ ou /bʁodəkɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée brodequin#11293.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.