brin

brin

nom, masculin, /bʁɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme de sylviculture. Jet de bois. Quand on coupe les taillis, on laisse les brins les plus hauts et les plus droits qui sont sur les souches pour venir en haute futaie. Arbre de brin, arbre qui n'a qu'une tige. En termes de chasse, le plus haut du buisson où se tient l'oiseau se nomme le brin. Terme de charpente. Bois de brin, arbre qui n'a pas été scié, et qui est seulement équarri. Terme de marine. Brins de bois, petites vergues qu'on ajoute par des anneaux de fer aux grandes vergues pour porter des bonnettes. Fig. et familièrement. C'est un beau brin d'homme, c'est-à-dire un homme grand et bien fait. Un beau brin de fille, de femme, c'est-à-dire fille, femme grande et bien faite.

    L'arbre étant coupé, la souche restée en terre donne naissance à un ou plusieurs brins, qui deviennent autant d'arbres nouveaux

    Enlever les brins surabondants au fur et à mesure de leur développement

  2. Tige menue, pousse grêle et allongée. Un brin d'herbe. Un brin de bouleau. Terme de marine. Cordage de premier brin, cordage fait avec du chanvre de première qualité.

    L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain — La Fontaine (1621-1695)

    [Il] Lui dit : Eh ! parmi nous que venez-vous donc faire ? - Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis — La Fontaine (1621-1695)

  3. Par extension, toute partie de certaines choses longues et ténues. Un brin de paille. Un brin de fil. Un brin de soie. Un brin de plume, une plume d'autruche. Vieux en cet emploi. Familièrement, la moindre parcelle, la moindre quantité. Fig. et familièrement.

    Il n'y a pas un brin de vent — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Et qui pour elle aura le moindre brin de flamme — Molière (1622-1673)

  4. Chevalet sur lequel on arrange les pièces d'artifice. Chacune des petites pièces qui soutiennent le papier d'un éventail.

Étymologie : Provenç. et espagn. brin ; portug. brim. Ce mot offre de grandes difficultés : jusqu'au XIVe siècle, il signifie force, orgueil, bruit, et, dans la locution à un brin, il signifie à la fois ; puis, au XVe siècle et au XVIe, il prend la signification qu'il a aujourd'hui. Pour Diez, ce sont deux mots distincts : il rattache le premier à l'ancien scandinave brim, anglais, brime, le flot de la mer, mais avec peu d'apparence, à cause du sens ; et le second, avec toute apparence au celtique : bas-breton, brienen, brin, d'où bran, son (voy. BRAN), d'un radical signifiant chose menue. Il est singulier

Historique : XIIe s. Dist Viviens, Bertran, sire cosin, Or vos en mainent li gloton de put lin, Guichart l'enfant et Girart le meschin. Las ! hui perdra Guillaumes tot son brin À voix s'escrient toz ensemble à un brin Puis passerons là outre tuit ensemble à un brin Silemers et Buevon qui demainent grant brin XIIIe s. De m'avangarde vos ai baillé le brin Auques avons abatu de leur brin XIVe s. Elle plouroit et demenoit grant brin XVe s. Mais quand les Angloys l'aviserent, Pour les François dedans navrer, Par tel party lors se tirerent, Que nul brin ne s'osoit monstrer XVIe s. S'escurant les dents avecq ung …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ce que le grain ou la graine pousse d’abord hors de terre. Brin d’herbe. La grêle n’a pas laissé dans ce pré un brin d’herbe. Le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins. ôter les mauvaises herbes brin à brin.

  2. Il se dit, par extension, de Toute petite partie de certaines choses longues et minces. Il n’a que quelques brins de cheveux sur la tête. Arracher le crin d’un cheval brin à brin. Un brin de paille. Un brin de fil. Un brin de soie.

  3. Fam., Un brin se dit quelquefois, surtout avec la négation, pour exprimer une Très petite quantité de certaines choses. Ces pauvres gens n’ont pas un brin de paille pour se coucher. Il n’a pas un brin de bois pour se chauffer. Il n’y avait pas un brin de fourrage pour nourrir les chevaux. On le dit quelquefois figurément. Il a pour elle un petit brin d’amour.

  4. Il se dit également des Pousses grêles et allongées des arbres, des arbustes, des plantes. Un brin de marjolaine. Des brins de romarin. Couper des brins de bouleau pour faire un balai. Ce myrte a poussé de beaux brins cette année.

  5. Il se dit aussi d’un Jet de bois sortant d’une souche restée en terre après que l’arbre a été coupé.

  6. En termes d’Agriculture, Arbre de brin, Arbre qui n’a qu’une tige et qui provient de semence. Les arbres de brin viennent plus droits et vivent plus longtemps que les autres.

  7. En termes de Charpenterie, Bois de brin, Bois qui n’a point été fendu par la scie. Tout ce comble est en bois de brin. Solives de bois de brin. Solives de brin. C’est un beau brin de bois, C’est une poutre longue et droite. Un beau brin de chêne, de hêtre, etc.

  8. Fig. et fam., C’est un beau brin d’homme, C’est un jeune homme grand et bien fait. On dit de même C’est un beau brin de fille, un beau brin de femme, C’est une jeune fille, une femme grande et bien faite.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • brins — pluriel — /bʁɛ̃/
  • brin — singulier — /bʁɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée brin#11197.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.