bref

bref

adjectif, /bʁɛf/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. De peu de durée. Dans un bref délai.

    La vie s'écoule si vite, qu'il ne faut pas laisser passer, dans l'accablement, des jours si brefs — Bossuet (1627-1704)

  2. Qui s'exprime brièvement. Les circonstances présentes me rendent bref. Être bref. Cette lettre est brève. Je serai plus bref en parlant de.... L'accent bref de la colère. Exposition ou relation brève. Un parler bref, une parole brève, manière de parler rapide et ordinairement avec décision ou commandement. Pour le faire bref, pour faire bref, pour abréger.

  3. Qu'on prononce rapidement, en parlant d'une syllabe. Rendre brève une syllabe. Se prononcer bref. Les sons brefs. A est bref dans race et long dans grâce. Chez les Grecs et les Romains, la syllabe brève valait la moitié de la syllabe longue.

    Juré piqueur de diphthongue, Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point, La syllabe brève et longue — Alexis Piron (1689-1773)

  4. S. f. Une brève, une syllabe brève. L'ïambe est composé d'une brève et d'une longue. Fig. et familièrement. Observer les longues et les brèves, être circonspect, exact, cérémonieux. Il en sait les brèves et les longues, il y est habile, il connaît l'affaire. Terme de musique. Note dont la durée est moindre que celle de la note qui précède. Autrefois, figure de note qui avait la valeur de deux rondes.

  5. Bref, adv. En quelques mots. Parler bref, avoir une prononciation rapide et précipitée. En bref, loc. adv. En peu de mots. Expliquer les choses en bref.

    Bref, en vos actions en tout si glorieuses.... — Jean Mairet (1604-1686)

    Bref, il en fut à grand'peine au douzième — La Fontaine (1621-1695)

  6. Pépin le Bref, Pépin de petite taille. Le langage historique a conservé cette signification, qui ne peut être déplacée ; bref ne se dit que là dans ce sens.

Étymologie : Provenç. et catal. breu ; espagn. et ital. breve ; de brevis, qui tient au grec βραχύς. Bref se déclinait ainsi : briés au nominatif singulier pour les deux genres, bref au régime singulier.

Historique : XIIe s. Cuidant que brefs seit mult lor vie Li briés jors nos destrent [oblige] ke nos abrevions nostre sermon XIIIe s. Il pourquiert ainsi son atour [il fait ses préparatifs] Que il puist mouvoir [partir] à brief jour Les demandes des douaires sont assez briés, car la feme doit dire.... XIVe s. Doncques affin que en brief concluons, se nous faisons les choses dessus dittes, nous pourrons bien le moien de vertu acquerir XVe s. Il [le comte de Foix] estoit bref en ses conseils et en ses reponses .... Et fit tant en bref terme que.... Et en bref temps grandement les endommagerent [les palis avec…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est de peu de durée ou d’étendue. Le temps que vous me donnez est bien bref. Assigner quelqu’un à bref délai. Une réponse brève. Par extension, Cet homme est bref dans ses décisions.

  2. Dans Pépin le Bref, il signifie Qui est de petite taille.

  3. Il se dit particulièrement, en termes de Grammaire, des Syllabes, des voyelles qu’on prononce rapidement. A est long dans Grâce et bref dans Race.

  4. BRÈVE s’emploie comme nom féminin dans le même sens. En grec et en latin, les brèves et les longues sont très marquées. L’ïambe est composé d’une brève et d’une longue.

  5. Avoir le parler bref, la parole brève, S’exprimer en peu de mots ou Parler d’une manière tranchante. On dit aussi dans le même sens Parler, répondre d’un ton bref.

  6. Il s’emploie aussi comme adverbe et signifie Enfin, pour le dire en peu de mots. Je vous ai déjà dit que cela ne se peut, que cela ne doit pas être; bref, je ne le veux pas.

  7. Fam., Parler bref, Avoir une prononciation prompte, tranchante.

  8. Il s’emploie comme nom masculin pour désigner un Rescrit émané du Pape ou du grand pénitencier sur des affaires brèves et succinctes. Il reçut un bref du Pape. Solliciter, obtenir un bref. Le secrétaire des brefs. Bref apostolique.

  9. Il se dit aussi d’un Livret écrit en abréviations qui indique les rubriques du bréviaire pour chaque jour. Un bref à l’usage de Paris, à l’usage de Rome.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • brèves — pluriel féminin — /bʁɛvə/
  • brefs — pluriel masculin — /bʁɛf/
  • brève — singulier féminin — /bʁɛvə/
  • bref — singulier masculin — /bʁɛf/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bref#11070.

bref

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • bref — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bref#125067.

bref

nom, masculin, /bʁɛf/

Voir aussi : forme féminine brève

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Nom qu'on donne aux lettres closes du pape, du moins à celles qui traitent de quelque affaire ; les officiers qui les font, se nomment secrétaires des brefs ; elles sont scellées en cire rouge, de l'anneau du Pêcheur, c'est-à-dire du cachet où saint Pierre est représenté en pêcheur, et qui doit être apposé en présence du pape.

    Le pape a confirmé cette constitution par un bref — Pascal (1623-1662)

    Clément XI croyait exceller à écrire en latin et à composer des homélies et des brefs — Saint-Simon (1675-1755)

  2. Petit livre à l'usage des ecclésiastiques, et indiquant l'office de chaque jour. Bref à l'usage de Paris.

  3. Terme de marine. Congé ou permission de naviguer.

  4. Terme d'ancienne législation. Lettre de bref, lettres de chancellerie qu'on obtenait pour intenter une action.

Étymologie : Provenç. breu, brieu ; espagn. et ital. breve ; bas-lat. breve, lettre (ce qui est le sens habituel de bref dans l'ancienne langue) ; du latin breve, liste, agenda, sommaire ; de brevis, bref. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li briés ou brés, au régime le brief ou bref ; au nominatif pluriel li brief ou bref, au régime les briés ou brés.

Historique : XIe s. Puis [il] lui livrat le baston et le bref [lettre] Nostre emperere vous enveie cest bref XIIe s. Le jour meisme [il] a maint brief seelé Le matin, li reis fist faire un brief, e mandad à Joab qu'il meist Urie là ù li esturs fust plus forz en la bataille Faites faire erramant Vos chartres et vos briés à clerz bien escrivanz Demain iront par tout no brief qui sont escrit Il fist ses briés escrire, si lur aveit livrez XIIIe s. Le brief [il] lui fait escrire, tantost fu seellés Si se pensa li rois que or estoit il poins [blessé] ; si fist escrire ses briés et envoiier à tous ses feaus Je vo…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • brefs — pluriel — /bʁɛf/
  • bref — singulier — /bʁɛf/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bref#11069.

bref

conjonction de subordination

Grammaire et formes (1)
  • bref — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bref#170840.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.