bréché · brèche

bréché

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1877 (1 sens)

Littré — Supplément (1877)

adj.

  1. Qui a des brèches ; se dit, dans les Jura, d'une défectuosité dans les fromages.

    Suivant les circonstances, les fromages peuvent être bréchés, éraillés, chailleux, mille-yeux, gercés — GAREAU

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Littré — Supplément, 1877, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée BRÉCHÉ, ÉE.

brèche

nom, féminin, /bʁɛʃə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ouverture faite à un mur, à une haie. Il faut réparer les brèches de cette clôture.

  2. Terme de guerre. Ouverture faite aux remparts d'une place assiégée. Battre en brèche, tirer avec de l'artillerie contre une muraille. Fig. Battre en brèche un argument, l'attaquer, le ruiner. Battre en brèche quelqu'un, attaquer sa réputation, sa position. Par extension. ... Fig.

    Les Normands firent brèche et donnèrent trois assauts — Voltaire (1694-1778)

    Essex monte à la brèche où combattait d'Aumale — Voltaire (1694-1778)

  3. Cassure au tranchant d'une lame. Faire une brèche, des brèches à un couteau. Familièrement. Faire une brèche à un pâté, l'entamer.

  4. Fig. Perte, dommage, tort. Il a fait une brèche à sa fortune. Cela ne fera pas brèche au capital.

    Mais aussi gardez-vous d'oublier votre faute ; Et comme elle fait brèche au pouvoir souverain.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si nous perdons Philisbourg, il sera difficile de réparer cette brèche — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Le sommet d'une montagne, lorsqu'il est ouvert et comme séparé en deux parties. Brèche de Roland, ouverture dans une muraille de montagnes, aux Pyrénées, qui ressemble à une brèche, et que la légende attribue à un coup d'épée de Roland.

  6. Terme de géologie. Marbre noir, mêlé de taches blanches et jaunes, qu'on tire des Pyrénées et d'autres lieux et qui prend un fort beau poli : ainsi dit parce que la brèche d'où on le tire a donné son nom au marbre qu'on en tire. Réunion de pierres agglutinées dans un ciment naturel ; quand ces fragments sont ronds, comme des cailloux roulés par les eaux, on en appelle la réunion des pouddings ; si, au contraire, ils sont les débris anguleux de pierres plus grandes, on les nomme brocatelles. Brèche osseuse, brèche où il y a des ossements.

    Les fentes des rochers de Gibraltar, de Cette, de Nice et d'autres lieux des bords de la Méditerranée, sont remplies d'un ciment rouge et dur qui enveloppe des fragments de rochers et des coquilles d'eau douce avec beaucoup d'os de quadrupèdes, la plupart fracturés : c'est ce qu'on a nommé des brèches osseuses — CUVIER

  7. Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer directement la balle dans le dedans, près des encoignures.

Étymologie : Picard, brèke ; provenç. bercar, ébrécher ; espagn. brecha ; ital. breccia ; angl. breach ; de l'anc. haut-allem. brecha, action de briser, patois breke, chose rompue ; suisse, breche, chute de pierrailles. Il y a aussi dans le kymri brêg, rupture. Le XVIe siècle avait brecher, faire brèche.

Historique : XIVe s. Ou regarde les bresches où les bestes puent [peuvent] mieulx passer XVe s. J'aime mieux n'estre point en taverne en defaut Que suivre un capitaine à la bresche, à l'assaut XVIe s. Le sort a de quoy ouvrir cent bresches à la pauvreté au travers de nos richesses Je ne faisois bresche à cet bourse La muraille estoit si mauvaise, que cela fit 120 pas de toutte breche La place, qui ne valloit rien, fut attaquée à demie breche et sur un commencement de parlement Avant bresche raisonnable ils donnerent en vain un premier assaut

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ouverture produite par force ou par accident à ce qui sert de clôture, comme un mur, une haie. Ils pénétrèrent dans le jardin par une brèche et volèrent tous les fruits. Il y a une brèche à ce mur, à cette haie. Fermer les brèches.

  2. En parlant d’une Place assiégée, Faire une brèche. Refaire, réparer une brèche. Entrer par la brèche dans une ville.

  3. Battre en brèche et figurément Battre en brèche une personne, un système, une doctrine. Voyez

  4. BATTRE.

  5. Fig., être toujours sur la brèche, être toujours prêt à attaquer ou à défendre.

  6. Par extension, Faire une brèche, des brèches à un couteau, à une serpe, Faire une ou plusieurs cassures au tranchant. Faire brèche à un pâté, L’entamer et en manger une partie. On a abattu cent arpents de bois dans cette forêt, c’est une grande brèche, C’est un grand vide qu’on y a fait.

  7. Il signifie figurément Tort, dommage que l’on fait à quelque chose, la diminution d’un bien qui devrait être conservé entier, intact. Il a fait une brèche à son honneur, à sa réputation. Cela fait brèche à sa fortune. Réparer les brèches de sa fortune.

  8. Par analogie, il désigne, en termes de Géologie, une Sorte de marbre veiné qui semble formé d’un amas de cailloux unis ensemble. De la brèche violette. Brèche d’Alep, de Dourlais, etc. Il désigne aussi une Réunion de pierres agglutinées par un ciment naturel, trouvée dans des fentes de rochers.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • brèches — pluriel — /bʁɛʃə/
  • brèche — singulier — /bʁɛʃə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée brèche#11504.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.