brebis
nom, féminin, /bʁəbi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. f.
Femelle du bélier. Fig. En langage ecclésiastique, un chrétien sous la conduite de son pasteur. Une impure brebis séparée d'Israël, un chrétien infidèle à sa foi. C'est la brebis du bon Dieu, c'est une personne tout à fait inoffensive. Faire un repas de brebis, manger sans boire. Une brebis galeuse, une personne qu'on évite, qu'on rebute, soit par de justes motifs, soit par prévention.
Ce matin une brebis frappée S'est de la main du prêtre et du temple échappée — Jean Mairet (1604-1686)
Pouvez-vous croire que j'abandonne mes chères brebis ? — Bossuet (1627-1704)
Sommier de bois d'un pressoir à cidre.
Étymologie : Berry, berbis, barbis ; picard, berbis ; provenç. berbitz ; ital. berbice ; bas-lat. berbix, dans les plus vieux textes ; de vervex, bélier. On cite, dans Pétrone, une forme berbex, mais douteuse. Chifflet remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle ; cela a changé.
Historique : XIe s. Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs u vaches u porcs u berbis XIIe s. Ne remist buef ne vache, ne chapuns ne geline, Cheval, porc ne berbiz ne de blé plaine mine XIIIe s. Si que j'en ai les brebis grasses, Et li pastour auront les maigres, Combien que ce mot lor soit aigres D'un leu [loup] raconte qui jadis Vit un corbel qui fu assis De sor le dos d'une brebis
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Femelle du bélier. Brebis blanche. Brebis noire. Lait de brebis. Toison de brebis.
Fam., Fuir, éviter une personne comme une brebis galeuse, Fuir, éviter une personne dont le commerce est dangereux ou désagréable. On dit de même figurément C’est une brebis galeuse qu’il faut séparer du troupeau.
Fig. et fam., Faire un repas de brebis, Manger sans boire.
Prov. et fig., Brebis qui bêle perd sa goulée, Voyez
BÊLER.
Prov. et fig., à brebis tondue Dieu mesure le vent, Dieu proportionne à notre faiblesse les maux qu’il nous envoie.
Fig. et fam., C’est bien la brebis du bon Dieu, C’est un être si inoffensif, si patient, qu’on peut l’attaquer sans qu’il cherche à se défendre ou qu’il songe à se plaindre.
Prov. et fig., Faites-vous brebis, le loup vous mangera, ou plus ordinairement, Qui se fait brebis, le loup le mange, Ceux qui ont trop de bonté, de douceur encouragent les méchants à leur nuire.
En termes d’écriture sainte, il se dit figurément d’un Chrétien, en tant qu’il est sous la conduite de son pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le bon pasteur va chercher la brebis égarée pour la ramener au troupeau.
En termes d’Arts, il se dit de la Pièce de bois qui supporte l’effort de la vis d’un pressoir.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- brebis — forme de base — /bʁəbi/
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