bras

bras

nom, masculin, /bʁa/

Définitions

  1. Membre supérieur de l'être humain, attaché à l'épaule et terminé par la main.

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  2. Division d'un cours d'eau ou étendue de mer resserrée entre deux terres.

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  3. Partie allongée, souvent articulée, d'un siège, d'un appareil ou d'un mécanisme.

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  4. Personne envisagée comme force de travail dans une activité collective.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (42 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras. Qui a de bons bras. Être emporté dans les bras. Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie. Donner le bras, mettre son bras au bras de quelqu'un. Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre. Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne. Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras pour passer d'une pièce dans une autre, pour faire une promenade, une course, etc. Avoir les bras retroussés jusqu'au coude, avoir la manche du vêtement retroussée. Familièrement. Gros comme le bras, se dit pour exprimer une flatterie qui consiste à donner à quelqu'un avec affectation, en lui parlant, un titre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros comme le bras. Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce. Familièrement. Les bras m'en tombent, ma surprise est extrême. Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage. Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire. Faire les beaux bras, se donner de grands airs. Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas. Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection ; l'inviter à approcher. Tendre les bras, implorer du secours. Arrêter, retenir le bras de quelqu'un, à quelqu'un, l'empêcher de frapper ; et, figurément, arrêter sa colère, sa vengeance. S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras ; et, figurément, avoir son appui. S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage mystique, mettre son espoir aux choses temporelles. Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié. Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé. Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé. Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié.

    Il le prend entre ses bras — Fénelon (1651-1715)

    Mentor tenait Télémaque serré entre ses bras — Fénelon (1651-1715)

  2. Embrassement, sein, giron. Il le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras. Fig. Il se jeta dans les bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. Il s'arrachait des bras du sommeil.

    Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... — Jean Racine (1639-1699)

    Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil — Malherbe (1555-1628)

  3. Fig. et poétiquement, amour, mariage, union.

    Vous veniez de mon front observer la pâleur Pour aller dans ses bras rire de ma douleur — Jean Racine (1639-1699)

    Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre ! — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Personne qui travaille. Campagnes qui manquent de bras. Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail.

  5. Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. Il n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit, travaille pour lui.

    .... L'un est votre cœur si l'autre est votre bras — Rotrou (1609-1650)

    Il serait désormais le bras droit de notre monarque — Bossuet (1627-1704)

  6. Fig. Force, courage guerrier. Un bras victorieux.

    .... Je n'ai point de bras Quand il faut conserver ce qui ne vous plaît pas — Pierre Corneille (1606-1684)

    Trois sceptres à son trône attachés par mon bras — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines sont sous le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer. Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique. Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'influence.

    Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur — Massillon (1663-1742)

    Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui — Jean Racine (1639-1699)

  8. Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras. Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer.

  9. Sorte de chandelier à une ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré. Deux bras d'argent.

  10. Dans le langage anatomique, région du membre antérieur ayant pour base l'humérus. Membre thoracique des animaux invertébrés, ou seulement son premier article. Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou. Les bras d'une baleine, ses nageoires. Bras du polype, ses tentacules. Bras de l'écrevisse, ses pinces. Les bras du Scorpion, constellation.

  11. Ce qui est configuré en forme de bras. Les bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siége à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balance, les deux parties qui sont de chaque côté du point. Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point d'appui et le point d'application des forces. Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil.

  12. Terme de géognosie. Rameau de montagne qui, dépassant le pied général de la chaîne, s'avance dans la plaine.

  13. À bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine. À force de bras, même sens. Ils montèrent le canon à force de bras. À tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras. À bras raccourci, sans quartier. Frapper à bras raccourci.

    Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras — Voltaire (1694-1778)

    On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre — Voltaire (1694-1778)

  14. À bras-le-corps, loc. adv. Par le milieu du corps. Il le prit à bras-le-corps.

  15. Bras dessus, bras dessous, loc. adv. En se donnant le bras. Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité. S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d'intimité. Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, c'est-à-dire il n'a point de discrétion, il abuse.

    Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi ; monseigneur lui embrassa les genoux ; le roi lui dit : ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser ; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Bras dessus et bras dessous, S'en vont Colin et Colette — Béranger (1780-1857)

Étymologie : Bourguig. brai ; picard, bros ; wallon, bres' ; provenç. bratz ; catal. bras ; espagn. brazo ; portug. braço ; ital. braccio ; du latin brachium, grc βραχίων. Dans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel ; de là vient l's que nous y mettons.

Historique : XIe s. Donc perdreit Charles le destre braz du cors À bras se prenent ambedeus pour luter XIIe s. S'il aveient talent [désir] de guerre, Dès or en unt toz pleins les braz Entre ses bras nulle fois ne gisrez Sur la jointe du bras où il l'a assené Et ses beaus bras et son cors bel et gent Mais [ils] n'i voient riens qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton Ses deus fils [il] vit ocire as bras de sa moillier Quant il furent caeit [tombés] andui el brac XIIIe s. Et pristrent port devant le palais l'empereour Alexis, qui ert apelés Calcidoines, et fu encontre Constantino…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Membre du corps humain qui tient à l’épaule. Bras droit. Bras gauche. Bras nerveux. Bras long. La force du bras. Lever, hausser, étendre, plier le bras. être blessé au bras. Elle portait un enfant sur ses bras, entre ses bras, dans ses bras. Lever un fardeau à bras tendu. Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu’un. Jeter les bras, ses bras au cou de quelqu’un. Un enfant qui tend les bras à sa nourrice. Saisir quelqu’un par le bras.

  2. On le dit proprement, en termes d’Anatomie, de la Portion du bras qui s’étend depuis l’épaule jusqu’au coude; celle qui va du coude au poignet se nomme Avant-bras.

  3. Donner le bras à une femme, L’accompagner et lui présenter le bras pour qu’elle s’y appuie en marchant. Il se dit également de la Personne qui s’appuie sur le bras de l’autre. Elle donnait le bras à son mari. On dit dans le même sens Elle était au bras de son mari.

  4. Donner, offrir, tendre le bras à quelqu’un, Lui prêter le bras de façon qu’il s’en aide et s’appuie dessus, soit pour se relever, s’il est tombé, soit pour marcher plus facilement. On dit dans un sens analogue Prendre le bras de quelqu’un et S’appuyer sur le bras de quelqu’un en marchant. On dit aussi dans le sens réciproque Se donner le bras, en parlant de Deux personnes dont l’une a le bras passé dans celui de l’autre. Ils marchaient en se donnant le bras.

  5. Fam., Avoir le bras retroussé jusqu’au coude, Avoir ses manches retroussées de manière que le bras soit nu jusqu’au coude.

  6. être en bras de chemise, se dit d’un Homme qui, pour être plus à l’aise, n’a pas mis ou a retiré habit, veste ou blouse.

  7. Fig. et fam., Avoir les bras rompus, Avoir les bras fatigués par l’excès du travail.

  8. Fig., Ne vivre que de ses bras, Ne vivre que du travail de ses bras.

  9. Fig. et fam., Demeurer les bras croisés, Demeurer sans rien faire.

  10. Fig. et fam., Couper bras et jambes à quelqu’un, Lui retrancher beaucoup de ses prétentions, de ce qu’il garde comme ses droits. Cet arrêt nous a coupé bras et jambes. Il signifie plus ordinairement ôter à quelqu’un le moyen d’agir, d’arriver à ses fins, de réussir. La perte de son protecteur lui a coupé bras et jambes. Cette disgrâce, ce malheur lui a coupé bras et jambes. Il signifie encore Frapper d’étonnement, de stupeur. Cette nouvelle me coupa bras et jambes. On dit, dans une acception analogue à ce dernier sens, Les bras m’en tombent.

  11. Fig. et fam., Traiter quelqu’un de monsieur, de monseigneur, gros comme le bras, Lui donner ces titres fréquemment et avec emphase.

  12. Fig., Tendre les bras à quelqu’un, L’aider, lui offrir ses secours, son appui; s’il a des torts, être prêt à les lui pardonner. Je lui ai tendu les bras dans sa disgrâce. On dit quelquefois dans ce sens Ouvrir ses bras à quelqu’un.

  13. Tendre les bras à quelqu’un peut signifier aussi figurément Implorer son secours. On dit également Tendre les bras vers quelqu’un.

  14. Fig., Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu’un, Se mettre sous sa protection, recourir à lui pour en avoir du secours. Se voyant ainsi persécuté, il se jeta entre les bras d’un tel. Se jeter entre les bras de Dieu, dans les bras de sa miséricorde.

  15. Fig., Recevoir quelqu’un à bras ouverts, Le recevoir avec grande joie.

  16. Fig. et fam., Avoir quelqu’un sur les bras, En être chargé ou importuné. Cette pauvre veuve a cinq enfants sur les bras. Que cet homme-là est importun! je l’ai toujours sur les bras. Fig., Avoir l’ennemi, avoir une armée entière sur les bras, Avoir à se défendre contre l’ennemi, contre une armée entière. Avoir beaucoup d’affaires sur les bras, En être accablé, surchargé.

  17. Fig., Tirer quelqu’un d’entre les bras de la mort, des bras de la mort, Le guérir d’une maladie qui semblait mortelle. Ce médecin m’a tiré des bras de la mort.

  18. Fig. et poétiq., être dans les bras du sommeil, de Morphée, Dormir.

  19. Fig., Arrêter, retenir le bras à quelqu’un, L’empêcher de punir, de se venger.

  20. Fig. et fam., Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, Il abuse de la liberté, il étend la permission qu’on lui accorde.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • bras — forme de base — /bʁa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bras#10999.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.