boutique
nom, féminin · /butikə/
Usage : fréquent (38 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Local commercial où l'on vend des marchandises au détail.
Elle a ouvert une boutique de vêtements en centre-ville.
Synonyme : magasin.
« J. -C. passe trente ans de sa vie dans la boutique d'un artisan »Fénelon (1651-1715)
« Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] de filets invisibles où se vont prendre tous les acheteurs »Montesquieu (1689-1755)
Vieilli. Vieilli. Atelier où un artisan exerce son métier : le cordonnier était assis dans sa boutique.
Le forgeron travaillait dans sa boutique au fond de la cour.
Synonyme : atelier.
Péjoratif. Péjoratif : organisation ou entreprise dont on juge les pratiques douteuses.
Je ne veux plus travailler pour cette boutique.
« C'en était plus qu'il n'en fallait pour persuader M. de Paris que ce livre était sorti de leur boutique [des Jésuites] »Saint-Simon (1675-1755)
« Il [Tonnerre] était fort mal dans cette petite cour par ses bons mots ; il lui avait échappé de dire qu'il ne savait ce qu'il faisait dans cette boutique »Saint-Simon (1675-1755)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : causer boutique · fermer boutique · plier boutique
Grammaire et formes (2)
- boutiques : pluriel · /butikə/
- boutique : singulier · /butikə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. f.
Lieu où un marchand vend sa marchandise. Grande et belle boutique. Louer une boutique. Fille de boutique, garçon de boutique, courtaud de boutique. S'établir ou se mettre en boutique. Avoir ou tenir boutique. Fonds de boutique, les marchandises qui sont depuis longtemps dans une boutique. Ouvrir boutique, commencer un commerce en boutique. Fermer boutique, cesser son commerce ; et fig. quitter une profession. Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre des remèdes à tout propos, sans raison.
Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] de filets invisibles où se vont prendre tous les acheteursMontesquieu (1689-1755)
En vain contre ce flot d'aversion publique Vous tiendrez quelque temps ferme sur la boutique ; Vous irez à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et RégulusBoileau (1636-1711)
Lieu où un artisan travaille. Boutique de tailleur, de cordonnier, de menuisier.
J. -C. passe trente ans de sa vie dans la boutique d'un artisanFénelon (1651-1715)
Ensemble des marchandises qui sont dans une boutique, des outils d'un artisan, et, en général, d'ustensiles servant à quoi que ce soit.
Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à partSaint-Simon (1675-1755)
Tout endroit où quelque chose se fait. Fig. Ce pamphlet sort d'une boutique que l'on connaît. C'est un intrigant, il tient boutique de philanthropie.
J'en voudrais.... tenir boutique ouverteMathurin Régnier (1573-1613)
Moi qui ne lève point boutique de philosophieMme de Sévigné (1626-1696)
Bateau de pêcheur pour conserver le poisson.
Gaîne de bois ou de cuir qui contient les outils du boucher. Boîte des merciers ambulants.
Populairement, maison où les domestiques sont mal nourris ou mal payés. Par antiphrase, boutique d'honneur, maison de débauche.
Étymologie : Bourguig. bouticle ; provenç. botiga ; espagn. botica ; ital. bottega ; napolit. potega ; sicilien, putiga ; du latin apotheca ; du grec ἀποθήϰη, de ἀπὸ, latin ab, et τιθέναι, mettre (voy. THÈSE) : mot à mot mise en réserve. Ce mot est venu d'Italie, comme le porte à croire l'apocope de l'a.
Historique : XIVe s. Item que toutes filles de vie ou femmes communes diffamées voisent [aillent] tenir, tiennent et facent leurs bouticles ès lieux à ce ordonnés XVIe s. Tigres, lyons, ours, serpens, basilicques Sont plus humains en leurs creux et bouticques Que ces vilains quant entrent en leur rage Bourgeoys, marchans, et peuples mechaniques Sont tous perplex en leurs bancs et boutiques Ainsi est Rome la boutique fatale, où se sont forgez les glaives d'occision, qui ont jadis respandu tant de sang Davantage ce seroyent des boutiques [réserves] d'où se tireroyent les capitaines d'infanterie Les guerres c…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. f.
Partie de façade du rez- de-chaussée d’une maison consacrée à un commerce de détail ou, à la fois, à la fabrication et à la vente. Boutique de mercerie, de confiserie, de parfumerie, d’herboristerie. Boutique de cordonnier. Boutique d’horlogerie. Avoir, tenir boutique.
Il se dit aussi d’étalages en plein vent ou de Baraques de marchands forains. Les boutiques de la foire de Saint-Cloud. Les petites boutiques du Jour de l’An.
Se mettre en boutique, ouvrir boutique, Entreprendre quelque espèce de commerce ou d’industrie à boutique ouverte. Fermer boutique, Cesser de travailler ou de vendre en boutique, quitter le commerce.
Il se dit, par extension, de Toutes les marchandises dont une boutique est garnie. Il a vendu sa boutique, son fonds de boutique. Il a engagé toute sa boutique.
Il s’emploie familièrement comme terme de mépris pour désigner une Maison particulière, une administration, une compagnie que l’on veut discréditer. C’est une boutique : j’ai hâte d’en être sorti.
Il se dit aussi d’un Bateau de pêcheur dont le fond est percé de trous et dans lequel le poisson se conserve vivant. Aller prendre du poisson à la boutique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée boutique#10781.