bourreau

bourreau

nom, masculin, /buʁo/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) · 1877 (1 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au bourreau. Livre brûlé par le bourreau. Valet de bourreau, homme qui aide le bourreau dans les exécutions. Insolent comme un valet de bourreau, odieusement insolent.

    Faisant passer Photin par les mains d'un bourreau — Pierre Corneille (1606-1684)

    Va ! je suis ta partie et non pas ton bourreau — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Par extension, meurtrier. Fig. Le remords sera son bourreau.

    Et toi-même des tiens devenu le bourreau — Pierre Corneille (1606-1684)

    De deux princes ses fils elle fait ses bourreaux — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Familièrement. Être le bourreau de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure. Être le bourreau de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé.

    Un amiral était sa bête [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son bourreau — Saint-Simon (1675-1755)

  4. Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il maltraite son cheval ; c'est un vrai bourreau.

  5. Un bourreau d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense.

  6. Terme de reproche, expression d'humeur, d'impatience.

    Te tairas-tu, bourreau ! Donne-le donc, bourreau, lui dis-je — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Oh ! le double bourreau, qui me va tout gâter — Molière (1622-1673)

  7. Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant.

  8. Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

Étymologie : Bourguig. borea ; wallon, boie ; provenç. borel ; pays de Coire, bojer ; provenç. mod. boyou ; anc. espagn. borrero ; espagn. mod. boya, bourreau et boucher ; ital. boja. Ménage supposait que bourreau venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en bourreau ; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe er-ell (qui se trouve en effet : mât-er-eau, de mât), bourreau peut venir de boie, qui est le nom du bourreau en wallon, en espagnol et en italien (boie-er-el, d'où bourrel) ; du latin boia ou boja, carcan ; d'où l'ancien

Historique : XIVe s. Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz XVe s. Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste De la soif je nomme l'eau Le bourreau Qui la fait mourir martyre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré — Supplément (1877) — entrée 2

s. m.

  1. Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

Étymologie : Bourre ; bourreau a ici le sens de bourrelet. Effacez le n° 8 de BOURREAU.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui exécute les arrêts rendus par les Cours criminelles et qui condamnent à quelque peine corporelle. Mourir par la main du bourreau. Mettre quelqu’un entre les mains du bourreau, le livrer au bourreau. Il fut marqué par la main du bourreau. En France il désigne aujourd’hui Celui qui est chargé de décapiter les condamnés à mort. On dit plutôt dans ce sens l’Exécuteur des hautes oeuvres.

  2. Il se dit figurément d’un Homme cruel, inhumain. C’est un vrai bourreau.

  3. Fig. et fam., C’est un bourreau d’argent, un vrai bourreau d’argent, C’est un homme excessivement prodigue, un grand dissipateur.

  4. Fig., être le bourreau de soi-même, être son propre bourreau, Ne ménager ni sa santé ni ses forces et, par extension, Se tourmenter soi-même sans raison.

  5. Il est aussi un terme de reproche, une expression d’humeur et d’impatience. Eh bien, bourreau, l’expliqueras-tu?

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • bourreaux — pluriel — /buʁo/
  • bourreau — singulier — /buʁo/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bourreau#10675.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.