bourreau
nom, masculin · /buʁo/
Usage : fréquent (11 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Histoire. Personne chargée d'exécuter les condamnations à mort ou les châtiments corporels.
Le bourreau a levé la hache devant la foule.
« On les bat de verges par la main de bourreaux »Bossuet (1627-1704)
Personne qui fait souffrir autrui avec cruauté.
Ce tyran était un bourreau pour son entourage.
Synonyme : tortionnaire.
« Te tairas-tu, bourreau ! Donne-le donc, bourreau, lui dis-je »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Il veut.... Qu'au lieu de votre époux je sois votre bourreau »Jean Racine (1639-1699)
Personne qui se traite elle-même avec une dureté excessive.
Il est son propre bourreau et ne se pardonne aucune erreur.
« Les envieux sont eux-mêmes leurs bourreaux »Vaugelas (1585-1650)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : bourreau de travail · bourreau des cœurs
Grammaire et formes (2)
- bourreaux : pluriel · /buʁo/
- bourreau : singulier · /buʁo/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 8 sens
s. m.
Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au bourreau. Livre brûlé par le bourreau. Valet de bourreau, homme qui aide le bourreau dans les exécutions. Insolent comme un valet de bourreau, odieusement insolent.
Faisant passer Photin par les mains d'un bourreauPierre Corneille (1606-1684)
Va ! je suis ta partie et non pas ton bourreauPierre Corneille (1606-1684)
Par extension, meurtrier. Fig. Le remords sera son bourreau.
Et toi-même des tiens devenu le bourreauPierre Corneille (1606-1684)
De deux princes ses fils elle fait ses bourreauxPierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. Être le bourreau de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure. Être le bourreau de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé.
Un amiral était sa bête [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son bourreauSaint-Simon (1675-1755)
Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il maltraite son cheval ; c'est un vrai bourreau.
Un bourreau d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense.
Terme de reproche, expression d'humeur, d'impatience.
Te tairas-tu, bourreau ! Donne-le donc, bourreau, lui dis-jeAntoine Hamilton (1646-1720)
Oh ! le double bourreau, qui me va tout gâterMolière (1622-1673)
Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant.
Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.
Étymologie : Bourguig. borea ; wallon, boie ; provenç. borel ; pays de Coire, bojer ; provenç. mod. boyou ; anc. espagn. borrero ; espagn. mod. boya, bourreau et boucher ; ital. boja. Ménage supposait que bourreau venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en bourreau ; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe er-ell (qui se trouve en effet : mât-er-eau, de mât), bourreau peut venir de boie, qui est le nom du bourreau en wallon, en espagnol et en italien (boie-er-el, d'où bourrel) ; du latin boia ou boja, carcan ; d'où l'ancien
Historique : XIVe s. Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz XVe s. Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste De la soif je nomme l'eau Le bourreau Qui la fait mourir martyre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré, Supplément (1877), entrée 2 · 1 sens
s. m.
Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.
Étymologie : Bourre ; bourreau a ici le sens de bourrelet. Effacez le n° 8 de BOURREAU.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
n. m.
Celui qui exécute les arrêts rendus par les Cours criminelles et qui condamnent à quelque peine corporelle. Mourir par la main du bourreau. Mettre quelqu’un entre les mains du bourreau, le livrer au bourreau. Il fut marqué par la main du bourreau. En France il désigne aujourd’hui Celui qui est chargé de décapiter les condamnés à mort. On dit plutôt dans ce sens l’Exécuteur des hautes oeuvres.
Il se dit figurément d’un Homme cruel, inhumain. C’est un vrai bourreau.
Fig. et fam., C’est un bourreau d’argent, un vrai bourreau d’argent, C’est un homme excessivement prodigue, un grand dissipateur.
Fig., être le bourreau de soi-même, être son propre bourreau, Ne ménager ni sa santé ni ses forces et, par extension, Se tourmenter soi-même sans raison.
Il est aussi un terme de reproche, une expression d’humeur et d’impatience. Eh bien, bourreau, l’expliqueras-tu?
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée bourreau#10675.