bourde
nom, féminin, /buʁdə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Terme de métier. Mélange de sel et de soude pour fabriquer du savon et du verre.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terme de marine. Mât pour soutenir un bâtiment échoué.
Étymologie : Contraction de behourt, behort, behourde, sorte de lance dont on se servait pour jouter dans les tournois (voy. BÉHOURDIS) ; provenç. beort ; anc. espagn. bohordo, bofordo ; ital. bagordo, bihordo ; de l'allem. Hürde, claie ; anc. haut-allem. hurt (qui se trouve dans hourder, voy. ce mot), et d'un préfixe qu'on ne peut déterminer ; Diez propose d'y voir bot (radical qui est dans bottare, bouter), de sorte que bohorder, behourder, signifierait bouter, heurter contre le hourd, l'échafaud, la construction.
Historique : XIVe s. Le lundi après les bordes [brandons] Li dit habitant auront es diz bois usage de prendre et coper des diz bois, pour faire les bordes le jour des brandons XVIe s. Si vous ouvrez encor les yeux, Si vos oreilles ne sont sourdes, Tant de bourdes [béquilles] de ces boiteux, Qu'en dittes vous ? ce sont des bourdes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Mensonge, mauvaise excuse, défaite.
Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes — Pierre Corneille (1606-1684)
Qui baillent pour raisons des chansons et des bourdes — Mathurin Régnier (1573-1613)
Étymologie : Bourguig. bode ; provenç. borda. Diez, le prenant au sens de divertissement, y voit une contraction de behort, joute à la lance, behorder, jouter à la lance ; d'où, par extension de sens, jeu, puis raillerie, mensonge. La difficulté est cette contraction même. Toutefois il est vrai qu'on la trouve réellement effectuée dans le provençal, où le behort est dit beor, biort, et enfin bort, et dans le français, où l'on trouve aussi bourder pour behourder, bourde pour bâton (voy. BOURDE 2). En prenant en considération les différentes formes et les différents sens de behort et behorder, dans l'ancien
Historique : XIIIe s. Saciez vraiement que bourde ne puet iestre celée en la fin Face li les oreilles sordes ; Ne croie riens, que ce sunt bordes XVe s. Bourdeurs et langayeurs et vendeurs de bourdes Pour les belles bourdes polies et paroles mensongeres que vous m'avez dictes et par plusieurs fois mandées Lui, assuré autant en bourdes qu'un autre à dire verité, s'en excusa très hautement Ha dea ! dit l'autre, ses bourdes [caquet] sont rapaisées
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Mensonge, défaite. Il vous dit qu’il vient de son travail, c’est une bourde : il sort du cabaret. C’est un donneur, un conteur de bourdes.
Il se dit aussi pour signifier une Faute, une bévue grossière.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bourdes — pluriel — /buʁdə/
- bourde — singulier — /buʁdə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bourde#10619.