boulevard ou
nom, masculin
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Le terre-plein d'un rempart, le terrain occupé par un bastion, par une courtine. Ce terme n'est plus en usage dans le langage des ingénieurs militaires.
Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevards... — Boileau (1636-1711)
Boulevard hardi — Voltaire (1694-1778)
Par extension. Place forte qui met un pays à l'abri de l'invasion des ennemis. Malte fut longtemps le boulevard de la chrétienté contre les Turcs. Par analogie. Fig. L'union des citoyens est le plus sûr boulevard de l'État.
Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord — Montesquieu (1689-1755)
Promenade plantée d'arbres qui fait le tour d'une ville. Se promener sur le boulevard. Aujourd'hui, par extension et par abus, on donne le nom de boulevard à toute rue large, plantée d'arbres, qui traverse la ville, même dans son centre.
Que ma gloire s'étende Du Louvre aux boulevards — Béranger (1780-1857)
Étymologie : Espagn. baluarte ; ital. baluardo ; de l'allem. Bollwerk, défense, fortification ; de Werk, ouvrage (voy. ORGANE), et bollen, lancer, à cause des engins dont étaient armés les boulevards, ou, beaucoup plutôt, de Bohle, ais, planche. Ce terme de guerre paraît être entré en usage dans le XVe siècle, du moins Grimm n'en a trouvé aucun exemple dans le XIVe ; de l'Allemagne il a rapidement passé dans les autres pays. Voltaire le tire de boule et vert : place verte à jouer aux boules ; mais l'ensemble des formes contredit cette dérivation. Boulevard a pris le sens de promenade, parce que c'est sur l
Historique : XVe s. Es boulevers et lieux avantageux Au boulvech de la porte St Eloy Un boulevart construit de bois et de terre Le comte fit rompre plusieurs boulovars faicts par les Gantois Et avoit fait faire au fond des fossés d'icelui boulevert de petites maisonnettes de bois où ses gens se tenoient pour faire leur guet Ilz firent ung boulevert de boys et de terre.... Incontinent que le roy fut dedans [Arras], il feist faire des boullevers de terre contre la porte XVIe s. Lesquelz avoient ja tous les champs couvers De gens de guerre, et gros canons divers, Pour desmollir rampars et boulevers Boulevars …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée BOULEVARD ou, orthographe qu'admet aussi l'Académie, BOULEVART.