bouffée
nom, féminin, /bufe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Souffle qui sort de la bouche d'une personne. Il sort de la bouche de ces ivrognes des bouffées qui soulèvent le cœur.
Il m'envoyait des bouffées de tabac à m'étouffer — Antoine Hamilton (1646-1720)
Onde d'air ou de vapeur qui semble venir d'un souffle de bouche. Le vent soufflait par bouffées. Il sortait de la cheminée des bouffées de fumée. Des bouffées de chaleur.
L'autre jour que nous eûmes une bouffée d'été — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Accès subit et passager. Bouffée d'humeur, d'orgueil, de générosité. Familièrement. Ne faire une chose que par bouffées, ne s'en occuper que par boutades.
Ma tante a eu une bouffée de fièvre — Mme de Sévigné (1626-1696)
Elle est dans une bouffée de coliques — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de médecine. Bouffée de chaleur, sensation de chaleur à la face survenant rapidement et disparaissant de même ou peu à peu. Terme de vétérinaire. Sorte d'accès des maladies épizootiques pendant lesquels un plus grand nombre d'animaux sont frappés. La clavelée, par exemple, attaque les moutons par bouffées.
Terme d'hydraulique. Secousse.
Étymologie : Bouffer.
Historique : XIVe s. Quant les bouffées de vent viennent XVIe s. Ils cognoissoient ce n'est qu'une bouffée de vent, que les saincts ont à endurer tribulation, que les graces qu'ils doivent recevoir sont eternelles Il leur fait sentir sa misericorde presente comme par une bouffée Lors il se leva soudain une bouffée de vent impetueux qui enflamma incontinent tout le bucher Comme le bateau poussé par le vent et les avirons, qui bransle et marche inegalement, par secousses, boutées et bouffées
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Souffle de l’haleine. Envoyer des bouffées de vin. Il nous empoisonnait par des bouffées d’ail. Il fumait auprès de nous et nous envoyait des bouffées de tabac.
Il se dit aussi d’un Souffle de vent ou courant de vapeur qui arrive brusquement et qui dure peu. Une bouffée de vent. Une bouffée de fumée. Il vient de temps en temps des bouffées de chaleur.
Il se dit figurément d’un Accès subit et passager, en parlant de la fièvre, des passions, etc. Une bouffée de fièvre. Ce n’est qu’une bouffée d’humeur, de colère. Il a quelquefois des bouffées de dévotion, de générosité. Ses bouffées d’orgueil sont très ridicules.
Fig. et fam., Ne faire une chose, ne s’y adonner que par bouffées, Ne la faire, ne s’y adonner que par intervalles et par boutades. Il ne s’adonne au travail que par bouffées.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bouffées — pluriel — /bufe/
- bouffée — singulier — /bufe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bouffée#10427.